La parole du Très-Haut :
« Dis : Certes, nul ne saurait me protéger d’Allah. »
C’est-à-dire : personne ne peut écarter de moi Son châtiment si je le prends pour gardien. Cette réponse fut donnée parce qu’on Lui avait dit : « Abandonne donc ce que tu prêches et nous t’assurerons protection. »
Abû al-Jawzâ’ rapporte d’après Ibn Mas‘ûd :
« Je partis avec le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – la nuit où il rencontra les djinns, jusqu’à ce que nous arrivâmes au Ḥajûn. Il traça alors autour de moi un cercle, puis s’avança vers eux et ils se pressèrent autour de lui. L’un de leurs chefs, nommé Wardân, déclara : « Je vais les repousser (1) loin de toi. » Le Prophète répondit :
« Certes, nul ne me protège d’Allah. »
Ce récit est rapporté par al-Mâwardî, qui ajoute : cette parole peut recevoir deux sens :
- Nul ne saurait me mettre à l’abri, alors même qu’Allah m’accorde Sa protection.
- Nul ne saurait me préserver de ce qu’Allah – Très-Haut – a décrété pour moi.
« Et je ne trouverai, en dehors de Lui, aucun refuge » :
c’est-à-dire aucun asile où me réfugier, selon Qatâdah.
D’après lui encore : nul secoureur ni protecteur.
As-Suddi : un rempart.
Al-Kalbî : un passage souterrain, comme une galerie.
D’autres ont dit : ni allié ni maître.
D’autres encore : nulle voie ni issue, rapporté par Ibn Shajarah ; tous ces propos convergent vers un même sens.
D’où le vers suivant :
Ô regret de mon âme, regret sans effet, (A)
Nul détour n’existe aux décrets du Seigneur, jamais. (A)
« – sauf la transmission venant d’Allah et Ses messages » :
car c’est en elle que résident la sécurité et le salut, dit al-Ḥasan.
Qatâdah dit : « Rien, si ce n’est transmettre de la part d’Allah ; voilà ce que je possède par la grâce d’Allah. Quant à la foi et à la mécréance, je ne les possède pas. »
Ainsi la phrase se rattache à la parole du Très-Haut : « Dis : Je ne détiens pour vous ni malheur ni bonne direction », c’est-à-dire : je ne possède pour vous rien d’autre que de vous transmettre.
On a aussi dit : c’est une exception disjointe se rapportant à « je ne détiens pour vous ni malheur ni bonne direction », autrement dit : sauf que je vous transmettrai ce pour quoi j’ai été envoyé – avis d’al-Farrâ’.
Az-Zajjâj dit : l’expression est à l’accusatif, en apposition à « refuge » ; le sens est : « Je ne trouverai, en dehors de Lui, aucun refuge, si ce n’est de transmettre ce qui me parvient d’Allah et Ses messages », c’est-à-dire les missives qu’Il m’a ordonné de communiquer. Ou encore : si ce n’est que je transmette de la part d’Allah et me conforme à Son message, m’imposant à moi-même ce que j’ordonne aux autres. D’autres ont dit qu’il s’agit d’un masdar, que « lâ » a valeur de « lam » et que « in » est conditionnel.
Le sens en est donc : « Je ne trouverai, en dehors de Lui, aucun refuge, si je ne transmets pas comme il se doit les messages de mon Seigneur. »
La parole du Très-Haut :
« Et quiconque désobéit à Allah et à Son Messager en matière d’unicité et d’adoration, aura le Feu de la Géhenne. » – Le verbe « inna » y est lu au cas brisé, car ce qui suit la fâ’ du jawab occupe la position d’un début de phrase, comme il a été expliqué. Quant à l’expression « khalidîna fîhâ », elle est à l’accusatif…
(1) C’est-à-dire : « Je les disperserai loin de toi. »