Ainsi, quand tu l’as fortement compacté, tu l’as bel et bien « lubbadtahu ». Le pluriel de « libdah » est « libad », tout comme « qirbah » (outre) donne « qirab ». On nomme également « libdah » le poil qui recouvre le dos du lion, et son pluriel est « libad ».
Zuhayr a dit :
Près d’un lion cuirassé, prompt à bondir, (A)
Dont la crinière est drue, ses griffes sans finir. (A)
On appelle encore « libad » une grande nuée de sauterelles.
Ce terme connaît quatre formes dialectales et quatre lectures coraniques :
- l’ouverture du bāʾ et la cassation de la lām – lecture de la majorité ;
- le ḍamma de la lām et l’ouverture du bāʾ – lecture de Mujāhid, Ibn Muḥayṣin et Hishām selon les gens du Šām ; le singulier est alors « lubdah » ;
- le ḍamma de la lām et du bāʾ tous deux – lecture d’Abū Ḥaywah, Muḥammad b. as-Samayqaʿ, Abū l-Ashhab al-ʿUqaylī et al-Jaḥdarī ; le singulier est « labd », sur le modèle de « saqf/suquf » ou « rahn/ruhun » ;
- enfin, le ḍamma de la lām, avec redoublement et ouverture du bāʾ – lecture d’al-Ḥasan, Abū l-ʿĀliyah, al-Aʿraj et également al-Jaḥdarī ; le singulier est « lābud », comme « rākiʿ/rukkaʿ » ou « sājid/sujjad ».
Il a aussi été dit que « lubad », avec ḍamma sur la lām et fatha sur le bāʾ, désigne ce qui est durable ; de là l’aigle de Luqmān fut appelé « Lubad » en raison de sa longévité.
Al-Nabigha a dit :
Celle qu’a ruinée Celui qui ruina Lubad. (A)
Al-Qushayrī indique qu’on peut également lire « lubu-dan », avec ḍamma sur la lām et la bāʾ ; c’est alors le pluriel de « labīd », qui désigne une petite besace (jawlaq).
Dans le Ṣiḥāḥ, on lit au sujet de la Parole du Très-Haut : « J’ai anéanti une fortune lubadā », c’est-à-dire considérable.
On dit encore : « an-nās lubad » – les gens sont rassemblés en foule ; et « al-lubad » peut également désigner l’homme qui ne voyage pas et ne quitte pas sa demeure.
Le poète a dit :
D’un homme généreux brille une ferme volonté, (A)
Devant elle s’épuisent les lourdes foules massées. (A)
D’autres récitent « al-labid » ; Abū ʿUbayd juge cette forme plus correcte.
« Bazlāʾ » signifie : opinion sagace. On dit : « Untel est nahhādun bi-bazlāʾ » lorsque l’on veut souligner qu’il se charge des grandes affaires. Le poète a dit :
Si les passions d’autrui les tiennent accaparés, (A)
J’avance, vaste de voie, portant haut mon projet. (A)