Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

des Banû Zurayq.

Cette attribution peut être fondée sur le principe de la localisation : c’est comme si cette mosquée se trouvait dans leur direction de prière ; elle peut aussi résulter de la mise en waqf qu’ils en ont faite. Il n’existe aucun désaccord, au sein de la communauté, quant au caractère licite du waqf des mosquées, des ponts et des cimetières, même si les savants divergent à propos d’autres biens.

Quatrième point : Bien que les mosquées appartiennent à Allâh et que l’on n’y mentionne que Lui, il est toutefois permis d’y procéder au partage des biens. Il est également autorisé d’y déposer les aumônes afin qu’elles soient mises en commun entre les nécessiteux, de sorte que quiconque entre puisse en profiter. Il est permis d’y retenir un débiteur, d’y attacher un prisonnier, d’y dormir, d’y héberger un malade, d’y ouvrir une porte pour un voisin (1), ainsi que d’y déclamer de la poésie, pourvu qu’elle soit exempte de fausseté. Tout cela a déjà été exposé en détail dans les sourates « Barâʾah » (2), « An-Nûr » (3) et ailleurs.

Cinquième point : La parole du Très-Haut : « Ne prenez donc, avec Allâh, personne pour divinité » constitue un blâme adressé aux polythéistes qui, dans la Mosquée sacrée, invoquaient d’autres qu’Allâh. Mujâhid a dit : lorsque les Juifs et les Chrétiens entraient dans leurs églises et leurs oratoires, ils associaient des partenaires à Allâh ; Allâh ordonna donc à Son Prophète et aux croyants de Lui vouer exclusivement leur adoration lorsqu’ils pénètrent dans toutes les mosquées. Autrement dit : n’y associez ni idole ni quoi que ce soit d’autre qui soit adoré (4). On a également dit que le sens est : consacrez les mosquées à la mention d’Allâh ; ne les prenez pas pour des lieux de plaisanterie, de commerce, de réunion ou de passage, et n’y accordez aucune part à qui que ce soit en dehors d’Allâh. Dans le Ṣaḥîḥ, on lit : « Quiconque recherche un animal perdu dans la mosquée, dites-lui : “Qu’Allâh ne te le rende pas !”, car les mosquées n’ont pas été bâties pour cela. » Les dispositions relatives aux mosquées ont déjà été explicitées de manière suffisante dans la sourate « An-Nûr » ; louange à Allâh.

Sixième point : Ad-Ḍaḥḥâk rapporte d’Ibn ʿAbbâs, d’après le Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — que, lorsqu’il entrait dans la mosquée, il avançait le pied droit en premier et disait : « Et certes, les mosquées appartiennent à Allâh ; ne prenez donc, avec Allâh, personne pour divinité. Ô Allâh, je suis Ton serviteur et Ton visiteur ; tout visité a un droit, et Tu es le meilleur des visités. Je Te demande, par Ta miséricorde, de libérer mon cou du Feu. » Lorsqu’il sortait de la mosquée, il avançait le pied gauche et disait : « Ô Allâh, répands sur moi le bien en abondance, ne retire jamais de moi le bienfait vertueux que Tu m’as accordé, ne rends pas ma subsistance pénible, et accorde-moi sur terre une part généreuse (5) », c’est-à-dire la richesse.

بَنِي زُرَيْقٍ. وَتَكُونُ هَذِهِ الْإِضَافَةُ بِحُكْمِ الْمَحَلِّيَّةِ كَأَنَّهَا فِي قِبْلَتِهِمْ، وَقَدْ تَكُونُ بِتَحْبِيسِهِمْ، وَلَا خِلَافَ بَيْنَ الْأُمَّةِ فِي تَحْبِيسِ الْمَسَاجِدِ وَالْقَنَاطِرِ وَالْمَقَابِرِ وَإِنِ اخْتَلَفُوا فِي تَحْبِيسِ غَيْرِ ذَلِكَ. الرَّابِعَةُ- مَعَ أَنَّ الْمَسَاجِدَ لِلَّهِ لَا يُذْكَرُ فِيهَا إِلَّا اللَّهُ فَإِنَّهُ تَجُوزُ الْقِسْمَةُ فِيهَا لِلْأَمْوَالِ. وَيَجُوزُ وَضْعُ الصَّدَقَاتِ فِيهَا عَلَى رَسْمِ الِاشْتِرَاكِ بَيْنَ الْمَسَاكِينِ وَكُلُّ مَنْ جَاءَ أَكَلَ. وَيَجُوزُ حَبْسُ الْغَرِيمِ فِيهَا، وَرَبْطُ الْأَسِيرِ وَالنَّوْمُ فِيهَا، وَسُكْنَى الْمَرِيضِ فِيهَا، وَفَتْحُ الْبَابِ لِلْجَارِ «١» إِلَيْهَا، وَإِنْشَادُ الشِّعْرِ فِيهَا إِذَا عَرِيَ عَنِ الْبَاطِلِ. وَقَدْ مَضَى هَذَا كُلُّهُ مُبَيَّنًا فِي سُورَةِ " بَرَاءَةَ" «٢» . وَ " النُّورِ" «٣» وَغَيْرِهِمَا. الْخَامِسَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَلا تَدْعُوا مَعَ اللَّهِ أَحَداً) هَذَا تَوْبِيخٌ لِلْمُشْرِكِينَ فِي دُعَائِهِمْ مَعَ اللَّهِ غَيْرَهُ فِي الْمَسْجِدِ الْحَرَامِ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: كَانَتِ الْيَهُودُ وَالنَّصَارَى إِذَا دَخَلُوا كَنَائِسَهُمْ وَبِيَعَهُمْ أَشْرَكُوا بِاللَّهِ، فَأَمَرَ اللَّهُ نَبِيَّهُ وَالْمُؤْمِنِينَ أَنْ يُخْلِصُوا لِلَّهِ الدَّعْوَةَ إِذَا دَخَلُوا الْمَسَاجِدَ كُلَّهَا. يَقُولُ: فَلَا تُشْرِكُوا فِيهَا صَنَمًا وَغَيْرَهُ «٤» مِمَّا يُعْبَدُ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى أَفْرِدُوا الْمَسَاجِدَ لِذِكْرِ اللَّهِ، وَلَا تَتَّخِذُوهَا هُزُوًا وَمَتْجَرًا وَمَجْلِسًا، وَلَا طُرُقًا، وَلَا تَجْعَلُوا لِغَيْرِ اللَّهِ فِيهَا نَصِيبًا. وَفِي الصَّحِيحِ: [مَنْ نَشَدَ ضَالَّةً فِي الْمَسْجِدِ فَقُولُوا لَا رَدَّهَا اللَّهُ عَلَيْكَ فَإِنَّ الْمَسَاجِدَ لَمْ تُبْنَ لِهَذَا [وَقَدْ مَضَى فِي سُورَةِ " النُّورِ" مَا فِيهِ كِفَايَةٌ مِنْ أَحْكَامِ الْمَسَاجِدِ وَالْحَمْدُ لِلَّهِ. السَّادِسَةُ- رَوَى الضَّحَّاكُ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: كَانَ إِذَا دَخَلَ الْمَسْجِدَ قَدَّمَ رِجْلَهُ الْيُمْنَى. وَقَالَ: [وَأَنَّ الْمَساجِدَ لِلَّهِ فَلا تَدْعُوا مَعَ اللَّهِ أَحَداً اللَّهُمَّ أَنَا عَبْدُكَ وَزَائِرُكَ وَعَلَى كُلِّ مَزُورٍ حَقٌّ وَأَنْتَ خَيْرُ مَزُورٍ فَأَسْأَلُكَ بِرَحْمَتِكَ أَنْ تَفُكَّ رَقَبَتِي مِنَ النَّارِ [فَإِذَا خَرَجَ مِنَ الْمَسْجِدِ قَدَّمَ رِجْلَهُ الْيُسْرَى، وَقَالَ: [اللَّهُمَّ صُبَّ عَلَيَّ الْخَيْرَ صَبًّا وَلَا تَنْزِعْ عَنِّي صَالِحَ مَا أَعْطَيْتَنِي أَبَدًا وَلَا تَجْعَلْ مَعِيشَتِي كَدًّا، وَاجْعَلْ لي في الأرض جدا «٥» ] أي غنى.
(١). كذا في ابن العربي. وفي ط: للمار إليها. (٢). راجع ج ٨ ص (١٠٤) (٣). راجع ١٢ ص (٢٦٥) (٤). كذا في الأصول كلها يريد: ولا غيره. (٥). الجد بالفتح: الحظ والغنى كما في اللسان.

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