Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Sa parole – Exalté soit-Il :
« … et certes, parmi nous, il y a les vertueux, et parmi nous, d’autres qui le sont moins. »

Il s’agit là d’une parole des djinns : certains d’entre eux dirent à d’autres, lorsqu’ils invitèrent leurs compagnons à croire en Muḥammad – paix et bénédictions d’Allah sur lui – : « Avant même d’écouter le Coran, nous comptions déjà, parmi nous, des vertueux et des mécréants. »

On a toutefois dit que l’expression « … et parmi nous, d’autres qui le sont moins » signifie : « inférieurs aux vertueux quant à la droiture », et cette explication paraît plus plausible que de la rapporter à la distinction entre foi et mécréance.

« Nous étions des voies multiples, disjointes » :
– As-Suddi dit : « des groupes fort divers ».
– Ad-Ḍaḥḥāk : « des religions différentes ».
– Qatâdah : « des penchants contradictoires ».

À ce propos, le poète a chanté :
Il saisit puis prodigue, Il guide par Son obéissance ; (A)
Il mène Ses serviteurs, prodiguant bienveillance. (A)
Au cœur de la sédition, où germe toute erreur, (B)
Leurs passions éclatées s’affrontent avec fureur. (B)

Le sens est donc que l’ensemble des djinns n’était pas constitué uniquement de mécréants ; ils divergeaient : certains étaient mécréants, d’autres croyants et vertueux, d’autres encore croyants sans pour autant être vertueux.

Al-Musayyab affirma : « Nous étions musulmans, juifs, chrétiens et zoroastriens. »

As-Suddi, à propos de la parole divine « des voies multiples et disjointes », déclara : « Il existe parmi les djinns, tout comme chez vous, des Qadarites, des Murji’ites, des Khârijites, des Râfiḍites, des Chiites et des Sunnites. »

D’autres ont soutenu : « Après avoir écouté le Coran, nous demeurons, nous aussi, divergents : parmi nous se trouvent des croyants et des mécréants, c’est-à-dire des vertueux et d’autres croyants n’ayant pas atteint la perfection de la vertu. » Néanmoins, la première opinion reste préférable, car il existait déjà, parmi les djinns, ceux qui croyaient en Moïse et en Jésus ; Allah a même rapporté leurs propos :
« Nous avons entendu un Livre révélé après Moïse, confirmant ce qui le précède. » (al-Aḥqâf, 30)

Cela montre que certains d’entre eux croyaient à la Torah ; ils employèrent donc cette tournure emphatique pour exhorter ceux qu’ils appelaient à la foi. De plus, il n’y aurait guère d’intérêt à dire : « Nous sommes maintenant divisés entre croyants et mécréants. »

Le terme « ṭarâʾiq » est le pluriel de « ṭarîqah », la voie ou la doctrine d’un homme ; autrement dit : « Nous étions des factions divergentes. » On dit également : « Les gens sont ṭarâʾiq », c’est-à-dire de positions diverses.

Quant au mot « qidad », il relève du même sens que « ṭarâʾiq » et vient en renfort de celui-ci ; son singulier est « qiddah ». On dit : « À chaque voie correspond une qiddah. » Son origine est le verbe « qadda as-suyûr » : couper les courroies. Le poète Labîd, pleurant son frère Arbad, a dit :
Jamais l’œil n’obtint tout le fruit de son ardeur, (A)
Lorsqu’advint cette nuit, galopante de frayeur. (A)
Les coursiers se fendirent, lambeaux disloqués, (B)
Pareils à du cuir coupé, en pièces écartelés. (B)

قَوْلُهُ تَعَالَى: وَأَنَّا مِنَّا الصَّالِحُونَ وَمِنَّا دُونَ ذلِكَ هَذَا مِنْ قَوْلِ الْجِنِّ، أَيْ قَالَ بَعْضُهُمْ لِبَعْضٍ لَمَّا دَعَوْا أَصْحَابَهُمْ إِلَى الْإِيمَانِ بِمُحَمَّدٍ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، وَإِنَّا كُنَّا قَبْلَ اسْتِمَاعِ الْقُرْآنِ مِنَّا الصَّالِحُونَ وَمِنَّا الْكَافِرُونَ. وَقِيلَ: وَمِنَّا دُونَ ذلِكَ أَيْ وَمِنْ دُونِ الصَّالِحِينَ فِي الصَّلَاحِ، وَهُوَ أَشْبَهُ مِنْ حَمْلِهِ عَلَى الْإِيمَانِ وَالشِّرْكِ. (كُنَّا طَرائِقَ قِدَداً) أَيْ فِرَقًا شَتَّى، قَالَهُ السُّدِّيُّ. الضَّحَّاكُ: أَدْيَانًا مُخْتَلِفَةً. قَتَادَةُ: أَهْوَاءً مُتَبَايِنَةً، وَمِنْهُ قَوْلُ الشَّاعِرِ: الْقَابِضُ الْبَاسِطُ الْهَادِي بِطَاعَتِهِ ... فِي فِتْنَةِ النَّاسِ إِذْ أَهْوَاؤُهُمْ قِدَدُ وَالْمَعْنَى: أَيْ لَمْ يَكُنْ كُلُّ الْجِنِّ كُفَّارًا بَلْ كَانُوا مُخْتَلِفِينَ: مِنْهُمْ كُفَّارٌ، وَمِنْهُمْ مُؤْمِنُونَ صُلَحَاءُ، وَمِنْهُمْ مُؤْمِنُونَ غَيْرُ صُلَحَاءَ. وَقَالَ الْمُسَيَّبُ: كُنَّا مُسْلِمِينَ وَيَهُودَ وَنَصَارَى وَمَجُوسَ. وَقَالَ السُّدِّيُّ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: طَرائِقَ قِدَداً قَالَ: فِي الْجِنِّ مِثْلُكُمْ قَدَرِيَّةٌ، وَمُرْجِئَةٌ، وَخَوَارِجُ، وَرَافِضَةٌ، وَشِيعَةٌ، وَسُنِّيَّةٌ. وَقَالَ قَوْمٌ: أَيْ وَإِنَّا بَعْدَ اسْتِمَاعِ الْقُرْآنِ مُخْتَلِفُونَ: مِنَّا الْمُؤْمِنُونَ وَمِنَّا الْكَافِرُونَ. أَيْ وَمِنَّا الصَّالِحُونَ وَمِنَّا مُؤْمِنُونَ لَمْ يَتَنَاهَوْا فِي الصَّلَاحِ. وَالْأَوَّلُ أَحْسَنُ، لِأَنَّهُ كَانَ فِي الْجِنِّ مَنْ آمَنَ بِمُوسَى وَعِيسَى، وَقَدْ أَخْبَرَ اللَّهُ عَنْهُمْ أَنَّهُمْ قَالُوا: إِنَّا سَمِعْنا كِتاباً أُنْزِلَ مِنْ بَعْدِ مُوسى مُصَدِّقاً لِما بَيْنَ يَدَيْهِ [الأحقاف: ٣٠] وَهَذَا يَدُلُّ عَلَى إِيمَانِ قَوْمٍ مِنْهُمْ بِالتَّوْرَاةِ، وَكَانَ هَذَا مُبَالَغَةً مِنْهُمْ فِي دُعَاءِ مَنْ دَعَوْهُمْ إِلَى الْإِيمَانِ. وَأَيْضًا لَا فَائِدَةَ فِي قَوْلِهِمْ: نَحْنُ الْآنَ مُنْقَسِمُونَ إِلَى مُؤْمِنٍ وَإِلَى كَافِرٍ. وَالطَّرَائِقُ: جَمْعُ الطَّرِيقَةِ وَهِيَ مَذْهَبُ الرَّجُلِ، أَيْ كُنَّا فِرَقًا مُخْتَلِفَةً. وَيُقَالُ: الْقَوْمُ طَرَائِقُ أَيْ عَلَى مَذَاهِبَ شَتَّى. وَالْقِدَدُ: نَحْوٌ مِنَ الطَّرَائِقِ وَهُوَ تَوْكِيدٌ لَهَا، وَاحِدُهَا: قِدَّةٌ. يُقَالُ: لِكُلِّ طَرِيقِ قِدَّةٌ، وَأَصْلُهَا مِنْ قَدِّ السُّيُورِ، وَهُوَ قَطْعُهَا، قَالَ لَبِيدٌ يَرْثِي أَخَاهُ أَرْبَدَ «١» : لَمْ تَبْلُغِ الْعَيْنُ كُلَّ نَهْمَتِهَا ... لَيْلَةَ تُمْسِي الجياد كالقدد «٢»
(١). في ز: (مربد). وفي سائر الأصول: (زيدا) وهو تحريف. والتصويب عن شرح القاموس. (٢). يقول لبيد: لم تبلغ العين من البكاء على أربد كل ما تريد في هذه الليلة التي فيها الخيل كالقدد من شدة السير والاتعاب.

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