Au sujet de Sa parole :
« … et ils sont criblés de tous côtés,
comme repoussé ; et pour eux est un châtiment incessant. »
[as-Ṣâffât, 8-9]
Al-Ḥâfiẓ a dit : « Si quelqu’un venait à demander : “Comment les djinns osent-ils encore s’exposer à se consumer eux-mêmes pour surprendre une information, alors qu’ils savent désormais ce qui les attend ?”
La réponse est la suivante : Allah – Très-Haut – leur fait oublier cela, de sorte que l’épreuve soit plus grande, tout comme Iblîs, à chaque instant, oublie qu’il ne se soumettra jamais et que le Très-Haut lui a dit :
« Et, en vérité, la malédiction reposera sur toi jusqu’au Jour du Jugement. »
[al-Ḥijr, 35]
Sans cet oubli, la responsabilité morale (taklîf) ne serait pas effective.
Quant au terme « raṣad » :
– il est dit qu’il s’agit ici des Anges ; c’est-à-dire : « et [un] guet-apens de la part des Anges ».
– « raṣad » désigne celui qui garde une chose ; son pluriel est « arṣâd ». Ailleurs, il peut également être employé comme un pluriel, à la manière de « ḥaras » (sentinelles), et le singulier en est « râṣid ».
– Il a aussi été dit que « raṣad » vise le « shihâb » (météore) : c’est-à-dire un « shihâb préparé à leur intention pour les lapider » ; le mot a alors le sens de « mafʿûl » (objet de l’action) comme dans « khabat » et « nafaḍ ».
Sa parole – Exalté soit-Il :
« Et nous ne savons pas si un mal a été voulu pour ceux qui sont sur la terre, ou si leur Seigneur a voulu pour eux une juste direction. »
Ibn Zayd a dit : cela signifie : « S’agit-il de cette garde par laquelle le ciel a été protégé, ou [Allah] a-t-Il voulu un bien pour eux ? »
Iblîs dit : « Nous ne savons pas si Allah, par cette interdiction, veut faire descendre sur les habitants de la terre un châtiment, ou leur envoyer un Messager. »
Il a également été affirmé qu’il s’agit d’une parole des djinns entre eux, avant d’entendre la récitation du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui –, c’est-à-dire : « Nous ne savons pas si un mal est voulu, par l’envoi de Muḥammad vers eux : ils le traiteront alors de menteur et périront pour cela, comme ont péri les communautés qui ont démenti [leurs envoyés] ; ou bien [Allah] veut qu’ils croient, et ils seront guidés. »
Ainsi, « le mal » et « la juste direction » renvoient ici à la mécréance et à la foi. De cette façon, ils avaient déjà connaissance de la prochaine mission du Prophète – paix et bénédictions sur lui. Lorsqu’ils entendirent sa récitation, ils comprirent qu’on leur avait interdit l’accès au ciel pour préserver la Révélation.
D’autres ont dit : non, ceci est une parole qu’ils adressèrent à leur peuple après être revenus vers eux en tant qu’avertisseurs ; c’est-à-dire : lorsqu’ils eurent cru, ils craignirent que beaucoup d’habitants de la terre ne croient pas, et ils dirent :
« Nous ne savons pas si les gens de la terre renieront ce en quoi nous avons cru, ou s’ils y croiront. »
[Coran 72 – al-Jinn, v. 11-12]
« Et certes, parmi nous, il y a les vertueux, et parmi nous, il y a moins que cela ; nous étions de multiples voies distinctes.
Et certes, nous avons pensé que nous ne saurions réduire Allah à l’impuissance sur terre, ni Le réduire à l’impuissance en fuyant. »