Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

auprès d’hommes parmi les humains. Ainsi, il arrivait qu’un homme, par exemple, dise : « Je cherche protection auprès de Ḥudhayfa b. Badr contre les djinns de cette vallée. »

Al-Qushayrī dit : « Cette opinion est arbitraire, car rien n’empêche d’employer le terme “hommes” (rijâl) pour désigner les djinns. »

Parole du Très-Haut :
« Et ils ont pensé, comme vous avez pensé, qu’Allah ne ressusciterait jamais personne. »
Ceci est une parole d’Allah — exalté soit-Il — adressée aux humains ; c’est-à-dire : les djinns ont cru qu’Allah ne ressusciterait pas les créatures, tout comme vous l’avez cru.

Al-Kalbî a dit : « Le sens est que les djinns, tout comme les humains, se sont imaginé qu’Allah n’enverrait pas de Messager à Ses créatures pour établir contre elles la preuve [1]. »

Tout cela vient confirmer l’argument opposé à Quraych : si ces djinns ont cru en Muḥammad, vous êtes plus dignes encore de croire en lui.

[Sourate al-Jinn (72), versets 8 à 10]
« Et certes, nous avons sondé le ciel et l’avons trouvé rempli d’une garde vigilante et de flammes ardentes ; (8)
Et certes, nous nous y asseyions auparavant à des postes d’écoute ; mais quiconque veut écouter maintenant trouve contre lui un météore aux aguets ; (9)
Et certes, nous ne savons pas si un mal est voulu pour ceux qui sont sur la terre ou si leur Seigneur veut pour eux la droiture. » (10)

Parole du Très-Haut : « Et certes, nous avons touché le ciel… » — ceci appartient encore au discours des djinns : nous avons cherché à en connaître les nouvelles, selon notre habitude, et nous l’avons trouvé rempli d’une garde rigoureuse, c’est-à-dire de gardiens : les anges.

Le mot ḥaras est le pluriel de ḥâris (garde), tandis que shuhub est le pluriel de shihâb, à savoir les étoiles filantes brûlantes qui les repoussent lorsqu’ils tentent de dérober l’écoute. Nous avons déjà traité de ce sujet dans les sourates al-Ḥijr et aṣ-Ṣâffât.

Quant au verbe wajada (« trouver »), il peut gouverner deux compléments : le premier est le pronom affixe, et « muliʾat » sert de second ; il est également permis de le faire régir un seul complément, « muliʾat » se trouvant alors à la place d’un état (ḥâl) avec la particule qad sous-entendue.

Le mot ḥarasan est à l’accusatif en tant que second complément de « muliʾat », et shadîdan en est l’épithète : autrement dit, le ciel a été rempli d’anges redoutables.

بِرِجَالٍ مِنَ الْإِنْسِ، وَكَانَ الرَّجُلُ مِنَ الْإِنْسِ يَقُولُ مَثَلًا: أَعُوذُ بِحُذَيْفَةَ بْنِ بَدْرٍ مِنْ جِنِّ هَذَا الْوَادِي. قَالَ الْقُشَيْرِيُّ: وَفِي هَذَا تَحَكُّمٌ إِذْ لَا يَبْعُدُ إِطْلَاقُ لَفْظِ الرِّجَالِ عَلَى الْجِنِّ. قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَأَنَّهُمْ ظَنُّوا كَما ظَنَنْتُمْ أَنْ لَنْ يَبْعَثَ اللَّهُ أَحَداً) هَذَا مِنْ قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى لِلْإِنْسِ أَيْ وَأَنَّ الْجِنَّ ظَنُّوا أَنْ لَنْ يَبْعَثَ اللَّهُ الْخَلْقَ كَمَا ظَنَنْتُمْ. الْكَلْبِيُّ: الْمَعْنَى: ظَنَّتِ الْجِنُّ كَمَا ظَنَّتِ الْإِنْسُ أَنْ لَنْ يَبْعَثَ اللَّهُ رَسُولًا إِلَى خَلْقِهِ «١» يُقِيمُ بِهِ الْحُجَّةَ عَلَيْهِمْ. وَكُلُّ هَذَا تَوْكِيدٌ لِلْحُجَّةِ عَلَى قُرَيْشٍ، أَيْ إِذَا آمَنَ هَؤُلَاءِ الْجِنُّ بِمُحَمَّدٍ، فَأَنْتُمْ أَحَقُّ بِذَلِكَ. [سورة الجن (٧٢) : الآيات ٨ الى ١٠] وَأَنَّا لَمَسْنَا السَّماءَ فَوَجَدْناها مُلِئَتْ حَرَساً شَدِيداً وَشُهُباً (٨) وَأَنَّا كُنَّا نَقْعُدُ مِنْها مَقاعِدَ لِلسَّمْعِ فَمَنْ يَسْتَمِعِ الْآنَ يَجِدْ لَهُ شِهاباً رَصَداً (٩) وَأَنَّا لَا نَدْرِي أَشَرٌّ أُرِيدَ بِمَنْ فِي الْأَرْضِ أَمْ أَرادَ بِهِمْ رَبُّهُمْ رَشَداً (١٠) قَوْلُهُ تَعَالَى: وَأَنَّا لَمَسْنَا السَّماءَ هَذَا مِنْ قَوْلِ الْجِنِّ، أَيْ طَلَبْنَا خَبَرَهَا كَمَا جَرَتْ عَادَتُنَا فَوَجَدْناها قَدْ مُلِئَتْ حَرَساً شَدِيداً أَيْ حَفَظَةً، يَعْنِي الْمَلَائِكَةَ. وَالْحَرَسُ: جَمْعُ حَارِسٍ وَشُهُباً جَمْعُ شِهَابٍ، وَهُوَ انْقِضَاضُ الْكَوَاكِبِ الْمُحْرِقَةِ لَهُمْ عَنِ اسْتِرَاقِ السَّمْعِ. وَقَدْ مَضَى الْقَوْلُ فِيهِ فِي سُورَةِ " الْحِجْرِ" «٢» " وَالصَّافَّاتِ" «٣» . وَ " وَجَدَ" يَجُوزُ أَنْ يُقَدَّرَ مُتَعَدِّيًا إِلَى مَفْعُولَيْنِ، فَالْأَوَّلُ الْهَاءُ وَالْأَلِفُ، ومُلِئَتْ فِي مَوْضِعِ الْمَفْعُولِ الثَّانِي. وَيَجُوزُ أَنْ يَتَعَدَّى إِلَى مَفْعُولٍ وَاحِدٍ وَيَكُونُ مُلِئَتْ فِي مَوْضِعِ الحال على إضمار قد. وحَرَساً نُصِبَ عَلَى الْمَفْعُولِ الثَّانِي بِ- مُلِئَتْ. وشَدِيداً مِنْ نَعْتِ الْحَرَسِ، أَيْ مُلِئَتْ مَلَائِكَةً شِدَادًا.
(١). جملة: (إلى خلقه) ساقطة من ح، و. (٢). راجع ج ١٠ ص ١٠ (٣). راجع ج ١٥ ص ٦٦.

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