Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Al-Jahdarī et Ibn Abī Isḥāq ont, pour leur part, lu : « an lan taqūla » (1).

On a dit : c’est ici que s’interrompt le discours des djinns ; alors Allah – exalté soit-Il – a dit : « wa-annahu kāna rijālun mina l-insi… ». Celui qui lit « annahu » avec la fatḥa et considère que ces mots relèvent de la parole des djinns la rattache à Sa parole : « annahu stamaʿa… » (72 : 1) ; tandis que celui qui la lit avec la kasra en fait un début de phrase appartenant à la parole d’Allah – Très-Haut.

Il est visé par là la pratique de l’époque : lorsqu’un homme faisait halte dans une vallée, il disait : « Je cherche protection auprès du seigneur de cette vallée contre la méchanceté des écervelés de son peuple », puis il passait la nuit sous sa sauvegarde jusqu’au matin. C’est ce qu’ont rapporté al-Ḥasan, Ibn Zayd et d’autres.

Muqātil a dit : les premiers à rechercher refuge auprès des djinns furent des gens du Yémen ; vinrent ensuite des membres de Banū Ḥanīfa, puis cette habitude se répandit chez les Arabes. Lorsque vint l’Islam, ils se réfugièrent auprès d’Allah et les abandonnèrent.

Kardam ibn Abī as-Sāʾib raconte : « Je partis avec mon père vers Médine, quand on commença à parler du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui. La nuit nous força à nous arrêter chez un berger. À la moitié de la nuit, un loup vint et emporta un agneau. Le berger s’écria : “Ô ʿĀmir de la vallée, [je suis (2)] ton protégé !” Alors une voix lança : “Ô Sarḥān, lâche-le !” et l’agneau revint en courant (3). »

Allah – Très-Haut – fit alors descendre à Son Messager, à La Mecque : « Et certes, des hommes parmi les humains cherchaient protection auprès de certains hommes parmi les djinns, et ceux-ci ne firent que les accabler davantage ». Autrement dit : les djinns accrurent pour les hommes le rahq, c’est-à-dire la faute et le péché, selon Ibn ʿAbbās, Mujāhid et Qatādah.

Dans la langue des Arabes, rahq désigne le péché et la transgression des interdits ; on qualifie d’homme rahq celui qui se comporte ainsi. De là la parole du Très-Haut : « et l’avilissement les couvrira » (Yūnus, 27). Le poète al-Aʿshā a dit :
Rien ne m’est utile, hormis sa vue ;
Un amoureux transi peut-il guérir (4)
S’il n’a pas goûté quelque rahq ?
Il entend par là : un péché.

L’augmentation est attribuée aux djinns parce qu’ils en furent la cause. Mujāhid a également dit : « Ils les accrurent », c’est-à-dire que les hommes accrurent la rébellion des djinns par cette demande de protection, au point que les djinns déclarèrent : « Nous dominons les hommes et les djinns ». Qatādah, Abū l-ʿĀliyah, ar-Rabīʿ et Ibn Zayd ont dit, eux : les hommes n’en tirèrent qu’une crainte et une frayeur accrues vis-à-vis des djinns. Saʿīd ibn Jubayr déclara : cela augmenta leur mécréance. Il est évident que chercher refuge auprès des djinns, au lieu de le faire auprès d’Allah, constitue mécréance et association.

On a également avancé qu’on ne peut appliquer le terme « rijāl » (hommes) aux djinns ; le sens serait alors : « Des hommes parmi les humains cherchaient protection contre le mal des djinns ».

وَالْجَحْدَرِيُّ وَابْنُ أَبِي إِسْحَاقَ أَنْ لَنْ تَقُولَ «١» . وقيل: انقطع الاخبار عن الجن ها هنا فَقَالَ اللَّهُ تَعَالَى: وَأَنَّهُ كانَ رِجالٌ مِنَ الْإِنْسِ فَمَنْ فَتَحَ وَجَعَلَهُ مِنْ قَوْلِ الْجِنِّ ردها إلى قوله: أَنَّهُ اسْتَمَعَ [الجن: ١] ، وَمَنْ كَسَرَ جَعَلَهَا مُبْتَدَأً مِنْ قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى. وَالْمُرَادُ بِهِ مَا كَانُوا يَفْعَلُونَهُ مِنْ قَوْلِ الرَّجُلِ إِذَا نَزَلَ بِوَادٍ: أَعُوذُ بِسَيِّدِ هَذَا الْوَادِي مِنْ شَرِّ سُفَهَاءِ قَوْمِهِ، فَيَبِيتُ فِي جِوَارِهِ حَتَّى يُصْبِحَ، قَالَهُ الْحَسَنُ وَابْنُ زَيْدٍ وَغَيْرُهُمَا. قَالَ مُقَاتِلٌ: كَانَ أَوَّلُ مَنْ تَعَوَّذَ بِالْجِنِّ قَوْمٌ مِنْ أَهْلِ الْيَمَنِ، ثُمَّ مِنْ بَنِي حَنِيفَةَ، ثُمَّ فَشَا ذَلِكَ فِي الْعَرَبِ، فَلَمَّا جَاءَ الْإِسْلَامُ عَاذُوا بِاللَّهِ وَتَرَكُوهُمْ. وَقَالَ كَرْدَمُ بْنُ أَبِي السَّائِبِ: خَرَجْتُ مَعَ أَبِي إِلَى الْمَدِينَةِ أَوَّلَ مَا ذُكِرَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَآوَانَا الْمَبِيتُ إِلَى رَاعِي غَنَمٍ، فَلَمَّا انْتَصَفَ اللَّيْلُ جَاءَ الذِّئْبُ فَحَمَلَ حَمَلًا مِنَ الْغَنَمِ، فَقَالَ الرَّاعِي: يَا عَامِرَ الْوَادِي، [أَنَا «٢» ] جَارُكَ. فَنَادَى مُنَادٍ يَا سَرْحَانُ أَرْسِلْهُ، فَأَتَى الْحَمَلُ يَشْتَدُّ «٣» . وَأَنْزَلَ اللَّهُ تَعَالَى عَلَى رَسُولِهِ بِمَكَّةَ: وَأَنَّهُ كانَ رِجالٌ مِنَ الْإِنْسِ يَعُوذُونَ بِرِجالٍ مِنَ الْجِنِّ فَزادُوهُمْ رَهَقاً أَيْ زَادَ الْجِنُّ الْإِنْسَ رَهَقاً أَيْ خَطِيئَةً وَإِثْمًا، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ وَمُجَاهِدٌ وَقَتَادَةُ. وَالرَّهَقُ: الْإِثْمُ فِي كَلَامِ الْعَرَبِ وَغِشْيَانُ الْمَحَارِمِ، وَرَجُلٌ رَهِقٌ إِذَا كَانَ كَذَلِكَ، وَمِنْهُ قَوْلُهُ تعالى: وَتَرْهَقُهُمْ ذِلَّةٌ [يونس: ٢٧] وقال الأعشى: لا شي يَنْفَعُنِي مِنْ دُونِ رُؤْيَتِهَا ... هَلْ يَشْتَفِي وَامِقٌ «٤» مَا لَمْ يُصِبْ رَهَقَا يَعْنِي إِثْمًا. وَأُضِيفَتِ الزِّيَادَةُ إِلَى الْجِنِّ إِذْ كَانُوا سَبَبًا لَهَا. وَقَالَ مُجَاهِدٌ أَيْضًا: فَزادُوهُمْ أَيْ إِنَّ الْإِنْسَ زَادُوا الْجِنَّ طُغْيَانًا بِهَذَا التَّعَوُّذِ، حَتَّى قَالَتِ الْجِنُّ: سُدْنَا الْإِنْسَ وَالْجِنَّ. وَقَالَ قَتَادَةُ أَيْضًا وَأَبُو الْعَالِيَةِ وَالرَّبِيعُ وَابْنُ زَيْدٍ: ازْدَادَ الْإِنْسُ بِهَذَا فَرَقًا وَخَوْفًا مِنَ الْجِنِّ. وَقَالَ سَعِيدُ ابن جُبَيْرٍ: كُفْرًا. وَلَا خَفَاءَ أَنَّ الِاسْتِعَاذَةَ بِالْجِنِّ دُونَ الِاسْتِعَاذَةِ بِاللَّهِ كُفْرٌ وَشِرْكٌ. وَقِيلَ: لَا يُطْلَقُ لَفْظُ الرِّجَالِ عَلَى الْجِنِّ، فَالْمَعْنَى: وَأَنَّهُ كَانَ رِجَالٌ مِنَ الْإِنْسِ يَعُوذُونَ مِنْ شَرِّ الجن
(١). قال الآلوسي: (تقول): أصله تتقول بتاءين فحذفت إحداهما فكذبا مصدر مؤكد لان الكذب هو التقول (٢). الزيادة من الدر المنثور للسيوطي. (٣). يشتد: يعدو. (٤). في ا، ح وفتح القدير للشوكاني: (عاشق).

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