Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Abū Ḥaywah et Muḥammad ibn as-Samayqaʿ l’ont également récitée. Il est en outre rapporté d’Ibn as-Samayqaʿ et d’Abū al-Ashhab la lecture : « jadā rabbinā », c’est-à-dire la libéralité et l’utilité.

ʿIkrima, de son côté, a lu « jadd(un) » avec tanwīn, tandis que « rabbunā » est au nominatif – parce qu’il dépend de « taʿālā » – et « jaddan » est à l’accusatif à titre de tamyīz (spécification).

Il est aussi rapporté de ʿIkrima la lecture « jaddun » – toujours avec tanwīn et au nominatif – et « rabbunā » au nominatif, sur l’estimation implicite : « taʿālā jaddu jaddi rabbinā » ; le second « jadd » y est alors un badal (substitut) du premier ; celui-ci est omis et son complément est mis à sa place.

Sens de l’ayah : la Majesté de notre Seigneur est si exaltée qu’Il ne prend ni compagne ni enfant pour se familiariser avec eux ou par besoin d’eux ; le Seigneur est trop élevé pour avoir des pairs ou des semblables.

Sourate al-Jinn (72), versets 4 à 7 :
« Et certes, notre insensé proférait contre Allah des paroles outrancières. » (4)
« Et nous pensions que ni les hommes ni les djinns ne mentiraient au sujet d’Allah. » (5)
« Or, des hommes parmi les humains cherchaient protection auprès de certains hommes parmi les djinns, et ceux-ci ne firent qu’accroître leur oppression. » (6)
« Ils avaient cru, tout comme vous, qu’Allah ne ressusciterait jamais personne. » (7)

Sa parole – Exalté soit-Il : « Et certes, notre insensé proférait contre Allah des paroles outrancières. »
Le pronom « hu » dans « annahu » renvoie à l’affaire ou au propos ; dans « kāna », il tient lieu de sujet, et ce qui suit en est l’attribut. Il est permis de considérer « kāna » comme redondante.

D’après Mujāhid, Ibn Jurayj et Qatādah, « l’insensé » désigne Iblîs ; cela a également été rapporté par Abū Burda ibn Abī Mūsā, d’après son père, d’après le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui. D’autres disent qu’il s’agit des polythéistes parmi les djinns ; Qatādah dit : « Le sot des djinns L’a désobéi comme le sot des humains L’a désobéi. »

Les termes shataṭ et ishtitāṭ expriment l’excès dans la mécréance. Abū Mālik dit : c’est l’injustice. Al-Kalbī dit : c’est le mensonge. Leur sens originel est l’éloignement ; on les emploie donc pour désigner l’injustice, parce qu’elle est éloignée de l’équité, et pour désigner le mensonge, parce qu’il est éloigné de la vérité.

Le poète a dit :
Quel que fût le cas, ils te jugèrent, dépassant la mesure,
Et ce ne fut que lorsqu’envers toi la flèche se tourna, qu’advint la démesure.

Sa parole – Exalté soit-Il : « Et nous avions pensé »
c’est-à-dire : nous pensions que ni les hommes ni les djinns ne mentiraient au sujet d’Allah ; c’est donc ainsi que nous les avons crus lorsqu’ils prétendaient qu’Allah avait une compagne et un enfant, jusqu’à ce que nous entendions le Coran et que la vérité s’y manifeste pour nous. Yaʿqūb a récité

قَرَأَ أَبُو حَيْوَةَ وَمُحَمَّدُ بْنُ السَّمَيْقَعِ. وَيُرْوَى عَنِ ابْنِ السَّمَيْقَعِ أَيْضًا وَأَبِي الْأَشْهَبِ جَدَا رَبِّنَا، وَهُوَ الْجَدْوَى وَالْمَنْفَعَةُ. وَقَرَأَ عِكْرِمَةُ أَيْضًا (جد) بِالتَّنْوِينِ (رَبُّنَا) بِالرَّفْعِ عَلَى أَنَّهُ مَرْفُوعٌ، بِ- تَعالى، وَ " جَدًّا" مَنْصُوبٌ عَلَى التَّمْيِيزِ. وَعَنْ عِكْرِمَةَ أَيْضًا (جَدٌّ) بِالتَّنْوِينِ وَالرَّفْعِ (رَبُّنَا) بِالرَّفْعِ عَلَى تَقْدِيرِ: تَعَالَى جَدُّ جَدِّ رَبِّنَا، فَجَدُّ الثَّانِي بَدَلٌ مِنَ الْأَوَّلِ وَحُذِفَ وَأُقِيمَ الْمُضَافُ إِلَيْهِ مُقَامَهُ. وَمَعْنَى الْآيَةِ: وَأَنَّهُ تَعَالَى جَلَالُ ربنا أن يتخذ صاحبة وولدا للاستيناس بِهِمَا وَالْحَاجَةِ إِلَيْهِمَا، وَالرَّبُّ يَتَعَالَى عَنِ الْأَنْدَادِ والنظراء. [سورة الجن (٧٢) : الآيات ٤ الى ٧] وَأَنَّهُ كانَ يَقُولُ سَفِيهُنا عَلَى اللَّهِ شَطَطاً (٤) وَأَنَّا ظَنَنَّا أَنْ لَنْ تَقُولَ الْإِنْسُ وَالْجِنُّ عَلَى اللَّهِ كَذِباً (٥) وَأَنَّهُ كانَ رِجالٌ مِنَ الْإِنْسِ يَعُوذُونَ بِرِجالٍ مِنَ الْجِنِّ فَزادُوهُمْ رَهَقاً (٦) وَأَنَّهُمْ ظَنُّوا كَما ظَنَنْتُمْ أَنْ لَنْ يَبْعَثَ اللَّهُ أَحَداً (٧) قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَأَنَّهُ كانَ يَقُولُ سَفِيهُنا عَلَى اللَّهِ شَطَطاً) الْهَاءُ فِي أَنَّهُ لِلْأَمْرِ أَوِ الْحَدِيثِ، وَفِي كانَ اسْمُهَا، وَمَا بَعْدَهَا الْخَبَرُ. وَيَجُوزُ أَنْ تَكُونَ كانَ زَائِدَةً. وَالسَّفِيهُ هُنَا إِبْلِيسُ فِي قَوْلِ مُجَاهِدٍ وَابْنِ جُرَيْجٍ وَقَتَادَةَ. وَرَوَاهُ أَبُو بُرْدَةَ بْنُ «١» أَبِي مُوسَى عَنْ أَبِيهِ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ. وَقِيلَ: الْمُشْرِكُونَ مِنَ الْجِنِّ: قَالَ قَتَادَةُ: عَصَاهُ سَفِيهُ الْجِنِّ كَمَا عَصَاهُ سَفِيهُ الْإِنْسِ. وَالشَّطَطُ وَالِاشْتِطَاطُ: الْغُلُوُّ فِي الْكُفْرِ. وَقَالَ أَبُو مَالِكٍ: هُوَ الْجَوْرُ. الْكَلْبِيُّ: هُوَ الْكَذِبُ. وأصله البعد فَيُعَبَّرُ بِهِ عَنِ الْجَوْرِ لِبُعْدِهِ عَنِ الْعَدْلِ، وَعَنِ الْكَذِبِ لِبُعْدِهِ عَنِ الصِّدْقِ، قَالَ الشَّاعِرُ: بِأَيَّةِ حَالٍ حَكَّمُوا فِيكَ فَاشْتَطُّوا ... وَمَا ذَاكَ إِلَّا حَيْثُ يَمَّمَكَ «٢» الْوَخْطُ قَوْلُهُ تَعَالَى: (وَأَنَّا ظَنَنَّا) أَيْ حَسِبْنَا أَنْ لَنْ تَقُولَ الْإِنْسُ وَالْجِنُّ عَلَى اللَّهِ كَذِباً، فَلِذَلِكَ صَدَّقْنَاهُمْ فِي أَنَّ لِلَّهِ صَاحِبَةً وَوَلَدًا، حَتَّى سَمِعْنَا الْقُرْآنَ وتبينا به الحق. وقرا يعقوب
(١). في ا، ح: (أبي بردة عن أبي موسى). تحريف. (٢). يممك: قصدك. والوخط: الطعن بالرمح ومن معانيه أيضا: الشيب.

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