Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Quant à Nāfiʿ et Shaybah, tous deux ont prononcé la hamza avec la voyelle fatha dans trois passages, à savoir la parole du Très-Haut : « et qu’en vérité, exaltée est la majesté de notre Seigneur », « et qu’en vérité, il disait », et « et qu’en vérité, il y avait des hommes ». Ils expliquèrent : « Parce que ces versets relèvent de la Révélation » ; puis ils mirent la kasra pour tout ce qui reste, « parce que cela appartient à la parole des djinns ».

S’agissant de Sa parole — Exalté soit-Il — : « et qu’en vérité, lorsque le Serviteur d’Allah se leva » (al-Jinn, 19), tous les lecteurs ont mis la fatha, à l’exception de Nāfiʿ, Shaybah, Zur ibn Hubaysh, Abû Bakr et al-Mufaḍḍal d’après ʿĀṣim : ceux-là l’ont lue au kasra, rien d’autre.

Il n’y a aucune divergence quant à l’ouverture (fatha) de la hamza dans : « qu’un groupe de djinns a écouté », « et que, s’ils s’étaient maintenus… », « et que les mosquées appartiennent à Allah », « et qu’ils ont bel et bien transmis ».

De même, nul désaccord pour la kasra après le verbe « ils dirent », comme dans Sa parole — Exalté soit-Il : « Ils dirent : “Nous avons entendu…” », ou : « Il dit : “Je n’invoque que mon Seigneur” » (al-Jinn, 20), « Dis : “Je ne sais pas…” » (al-Jinn, 25), « Dis : “Je ne détiens pas…” » (al-Jinn, 21).

Il n’y a pas non plus divergence au sujet de la kasra après la fāʾ de la conséquence, tel que : « alors il aura le Feu de l’Enfer » (al-Jinn, 23), « alors Il fait passer, devant lui… » (al-Jinn, 27), car il s’agit d’un début de phrase.

Sa parole — Exalté soit-Il : « et qu’en vérité, exaltée est la majesté (jad) de notre Seigneur ».

En langue arabe, le terme jad désigne la grandeur et la majesté. Ainsi Anas rapporte : « Lorsqu’un homme mémorisait al-Baqarah et Âl ʿImrân, il prenait de la grandeur (jad) à nos yeux », c’est-à-dire qu’il devenait grand et vénérable.

Le sens de « la majesté (jad) de notre Seigneur » est donc : Sa grandeur et Sa majesté, selon ʿIkrimah, Mujâhid et Qatâdah. Mujâhid l’a expliqué de la même manière.

Anas ibn Mâlik, al-Ḥasan et ʿIkrimah disent aussi : il s’agit de Sa richesse. De là l’on nomme la bonne fortune « jadd », et l’on dit d’un homme majdûd : chanceux.

Dans le ḥadith : « La fortune (jadd) d’un homme ne le dispense pas auprès de Toi », Abû ʿUbaydah et al-Khalîl précisent : c’est-à-dire la richesse ne lui sert de rien auprès de Toi ; seule l’obéissance lui est profitable.

Ibn ʿAbbâs dit : « c’est Sa puissance ».

Ad-Ḍaḥḥâk : « Son acte ».

Al-Qurazî et ad-Ḍaḥḥâk encore : « Ses bienfaits et Ses faveurs envers Ses créatures ».

Abû ʿUbaydah et al-Akhfash : « Son royaume et Sa souveraineté ».

As-Suddî : « Son commandement ».

Saʿîd ibn Jubayr dit : « et qu’en vérité, exaltée est la majesté de notre Seigneur », autrement dit : « Exalté est notre Seigneur ».

On a également avancé qu’ils visaient par là le « jadd » qui signifie l’aïeul, ce qui serait alors une parole des djinns.

Muḥammad ibn ʿAlî ibn al-Ḥusayn, son fils Jaʿfar aṣ-Ṣādiq et ar-Rabīʿ affirment : « Allah — Exalté soit-Il — n’a pas de grand-père ; les djinns ont tenu ce propos par ignorance, et ils ne furent pas blâmés pour cela ».

Al-Qushayrî dit : « Il est permis d’employer le terme jad à propos d’Allah — Exalté soit-Il —, car s’il ne l’était pas, il n’aurait pas été mentionné dans le Coran ; toutefois, c’est un terme équivoque : il est donc préférable de l’éviter ».

La lecture d’ʿIkrimah — jiddu, avec la jīm cassée — signifie « sérieux », par opposition à la plaisanterie. De même

وَشَيْبَةُ فَإِنَّهُمَا فَتَحَا ثَلَاثَةَ مَوَاضِعَ، وَهِيَ قَوْلُهُ تَعَالَى: وَأَنَّهُ تَعالى جَدُّ رَبِّنا، وَأَنَّهُ كانَ يَقُولُ، وَأَنَّهُ كانَ رِجالٌ، قَالَا: لِأَنَّهُ مِنَ الْوَحْيِ، وَكَسَرَا مَا بَقِيَ، لِأَنَّهُ مِنْ كَلَامِ الْجِنِّ. وَأَمَّا قَوْلُهُ تَعَالَى: وَأَنَّهُ لَمَّا قامَ عَبْدُ اللَّهِ [الجن: ١٩] . فَكُلُّهُمْ فَتَحُوا إِلَّا نَافِعًا وَشَيْبَةَ وَزِرَّ بْنَ حُبَيْشٍ وَأَبَا بَكْرٍ وَالْمُفَضَّلَ عَنْ عَاصِمٍ، فَإِنَّهُمْ كَسَرُوا لَا غَيْرَ. وَلَا خِلَافَ فِي فَتْحِ هَمْزَةِ أَنَّهُ اسْتَمَعَ نَفَرٌ مِنَ الْجِنِّ، وَأَنْ لَوِ اسْتَقامُوا وَأَنَّ الْمَساجِدَ لِلَّهِ، وأَنْ قَدْ أَبْلَغُوا. وَكَذَلِكَ لَا خِلَافَ فِي كَسْرِ مَا بَعْدَ الْقَوْلِ، نَحْوَ قَوْلِهِ تَعَالَى: فَقالُوا إِنَّا سَمِعْنا وقال «١» إِنَّما أَدْعُوا رَبِّي [الجن: ٢٠] وقُلْ إِنْ أَدْرِي [الجن: ٢٥] . وقُلْ إِنِّي لا أَمْلِكُ [الجن: ٢١] . وَكَذَلِكَ لَا خِلَافَ فِي كَسْرِ مَا كَانَ بَعْدَ فَاءِ الْجَزَاءِ، نَحْوَ قَوْلِهِ تَعَالَى: فَإِنَّ لَهُ نارَ جَهَنَّمَ [الجن: ٢٣] وفَإِنَّهُ يَسْلُكُ مِنْ بَيْنِ يَدَيْهِ [الجن: ٢٧] . لأنه موضع ابتداء. قوله تعالى: وَأَنَّهُ تَعالى جَدُّ رَبِّنا «٢» الْجَدُّ فِي اللُّغَةِ: الْعَظَمَةُ وَالْجَلَالُ، وَمِنْهُ قَوْلُ أَنَسٍ: كَانَ الرَّجُلُ إِذَا حَفِظَ الْبَقَرَةَ وَآلَ عِمْرَانَ جَدَّ فِي عُيُونِنَا، أَيْ عَظُمَ وَجَلَّ. فَمَعْنَى: جَدُّ رَبِّنا أي عظمته وجلاله، قاله عِكْرِمَةُ وَمُجَاهِدٌ وَقَتَادَةُ. وَعَنْ مُجَاهِدٍ أَيْضًا: ذَكَرَهُ. وَقَالَ أَنَسُ بْنُ مَالِكٍ وَالْحَسَنُ وَعِكْرِمَةُ أَيْضًا: غِنَاهُ. وَمِنْهُ قِيلَ لِلْحَظِّ جَدٌّ، وَرَجُلٌ مَجْدُودٌ أَيْ مَحْظُوظٌ، وَفِي الْحَدِيثِ: [وَلَا يَنْفَعُ ذَا الْجَدِّ مِنْكَ الْجَدُّ [قَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ وَالْخَلِيلُ: أَيْ ذَا الْغِنَى، مِنْكَ الْغِنَى، إِنَّمَا تَنْفَعُهُ الطَّاعَةُ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: قُدْرَتُهُ. الضَّحَّاكُ: فِعْلُهُ. وَقَالَ الْقُرَظِيُّ وَالضَّحَّاكُ أَيْضًا: آلَاؤُهُ وَنِعَمُهُ عَلَى خَلْقِهِ. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ وَالْأَخْفَشُ: مُلْكُهُ وَسُلْطَانُهُ. وَقَالَ السُّدِّيُّ: أَمْرُهُ. وَقَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ: وَأَنَّهُ تَعالى جَدُّ رَبِّنا أَيْ تَعَالَى رَبُّنَا. وَقِيلَ: إِنَّهُمْ عَنَوْا بِذَلِكَ الْجَدَّ الَّذِي هُوَ أَبُ الْأَبِ، وَيَكُونُ هَذَا مِنْ قَوْلِ الْجِنِّ. وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ عَلِيِّ بْنِ الْحُسَيْنِ وَابْنُهُ جَعْفَرٌ الصَّادِقُ وَالرَّبِيعُ: لَيْسَ لِلَّهِ تَعَالَى جَدٌّ، وَإِنَّمَا قَالَتْهُ الْجِنُّ لِلْجَهَالَةِ، فَلَمْ يُؤَاخَذُوا بِهِ. وَقَالَ الْقُشَيْرِيُّ: وَيَجُوزُ إِطْلَاقُ لَفْظِ الْجَدِّ فِي حَقِّ اللَّهِ تَعَالَى، إِذْ لَوْ لَمْ يَجُزْ لَمَا ذُكِرَ فِي الْقُرْآنِ، غَيْرَ أَنَّهُ لَفْظٌ مُوهِمٌ، فَتَجَنُّبُهُ أَوْلَى. وَقِرَاءَةُ عِكْرِمَةَ (جِدُّ) بِكَسْرِ الجيم: على ضد الهزل. وكذلك
(١). كذا في الأصل على قراءة نافع. وقراءة حفص (قل). (٢). كذا في ا، ح، ط. وفي الطبعة الاولى: (جَدُّ رَبِّنا).

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