La parole du Très-Haut :
« Ils dirent : “Nous avons certes entendu un Coran merveilleux.” » — c’est-à-dire : merveilleux par l’éloquence de son discours.
On a dit : merveilleux par la perfection rhétorique de ses exhortations.
On a dit : merveilleux par l’immensité de sa bénédiction.
On a dit : un Coran invincible, dont nul pareil n’existe.
On a dit encore : ils voulaient dire : “immense”.
« Il guide vers la droiture » : c’est-à-dire vers les plus justes voies des affaires.
On a dit : vers la connaissance d’Allah — Exalté soit-Il. Le verbe « il guide » tient ici lieu d’épithète, c’est-à-dire « comme guide ».
« Nous y avons cru » : autrement dit, nous nous sommes laissés guider par lui et avons attesté qu’il vient d’Allah ; « et jamais nous n’associerons à notre Seigneur qui que ce soit » — c’est-à-dire : nous ne retournerons pas vers Iblîs ni ne lui obéirons, car c’est lui qui les avait envoyés pour lui rapporter des nouvelles ; puis les djinns furent criblés d’étoiles filantes.
On a dit : [cela signifie] que nous ne prendrons pas, avec Allah, une autre divinité, car Lui seul possède la Seigneurie.
Ces propos expriment l’étonnement des croyants de voir les polythéistes de Quraych rester aveugles à ce que les djinns ont saisi en méditant le Coran.
Sa parole — Exalté soit-Il :
« Un groupe de djinns écouta » : c’est-à-dire qu’ils écoutèrent le Prophète ﷺ et reconnurent que ce qu’il récitait est la parole d’Allah. Celui qu’ils écoutèrent n’est pas nommé, le contexte le rendant évident.
Le terme nafar désigne une troupe ; al-Khalîl dit : de trois à dix.
ʿÎsâ ath-Thaqafî a lu « yahdî ilâ r-rushdi » en ouvrant le rāʾ et le shīn.
La parole du Très-Haut :
« Et qu’en vérité, exaltée est la majesté de notre Seigneur… » — ʿAlqamah, Yaḥyâ, al-Aʿmash, Ḥamzah, al-Kisâ’î, Ibn ʿÂmir, Khalaf, Ḥafṣ et as-Sulamî donnent la voyelle fatḥa à la particule (anna) dans toute la sourate, soit en douze occurrences : « qu’en vérité, exaltée est la majesté de notre Seigneur ; qu’en vérité, il disait ; que nous avions pensé ; qu’il y avait des hommes ; qu’ils avaient pensé ; que nous avions touché le ciel ; que nous nous asseyions ; que nous ne savions pas ; qu’il y a parmi nous des vertueux ; que nous avions pensé que nous ne pourrions jamais réduire Allah à l’impuissance sur terre ; que, lorsque nous avons entendu la guidance ; et qu’il y a parmi nous des soumis » — le tout se coordonnant à Sa parole : « qu’un groupe a écouté ». Pour « qu’il a écouté », seule la voyellation ouverte est permise, car la locution tient la place du sujet de « il a été révélé » ; tout ce qui suit s’y rattache.
On a dit : cette construction se rapporte au pronom de « Nous y avons cru », autrement dit : « … et en ce que, certes, exaltée est la majesté de notre Seigneur ». Cette tournure est admissible bien que (anna) soit alors régi implicitement par une préposition, usage fréquent avec cette particule.
On a dit encore : le sens est : « et nous avons attesté qu’exaltée est la majesté de notre Seigneur ».
Les autres lecteurs vocalisent toutes ces occurrences au kasra, et c’est la lecture correcte, préférée par Abû ʿUbaydah et Abû Ḥâtim, parce qu’elle s’enchaîne à Sa parole : « Ils dirent : “Nous avons entendu” », l’ensemble constituant en effet la parole des djinns. Quant à Abû Jaʿfar