Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Troisième question :
Ibn al-ʿArabî a dit : « Si l’on demande pourquoi Nûḥ a fait de son invocation contre son peuple un motif de renoncement à demander, dans l’au-delà, l’intercession pour l’ensemble des créatures auprès d’Allâh, nous répondons que les savants ont avancé deux explications :
La première est que cette invocation procède de la colère et de la dureté, tandis que l’intercession émane de la satisfaction et de la douceur ; il craignit donc d’être blâmé et qu’on lui dise : “Hier tu as appelé la malédiction sur les mécréants, et aujourd’hui tu intercèdes en leur faveur.”
La seconde est qu’il invoqua, sous l’effet de la colère, sans texte explicite ni permission formelle ; il redouta alors d’être rattrapé [1] pour cet acte, le Jour de la Résurrection, comme l’a exprimé Mûsâ – que la paix soit sur lui – : « J’ai tué une âme sans en avoir reçu l’ordre. » Ibn al-ʿArabî conclut : « Telle est mon opinion. »
Je dis : Quand bien même il n’aurait pas reçu un ordre explicite de prier contre eux, il lui fut pourtant révélé : « Il ne croira, parmi ton peuple, que celui qui a déjà cru » (Hûd, 36). Ayant été informé de leur destinée, il invoqua donc leur destruction, tout comme notre Prophète – que les bénédictions et la paix d’Allâh soient sur lui – invoqua contre Shaybah, ʿUtbah et leurs semblables en disant : « Ô Allâh, charge-Toi d’eux », lorsqu’il fut informé de leur sort. Dès lors, cette révélation équivaut à un ordre de prier contre eux. Et Allâh sait mieux.

Quatrième question :
La parole du Très-Haut : « … dyyârâ – Car si Tu les laisses, ils égareront Tes serviteurs et n’engendreront que des pervers, obstinément ingrats » [71 : 27] : le terme dyyâr désigne « l’habitant d’une demeure », selon as-Suddî. Son étymologie est daywâr, sur le patron fayiʿâl, dérivé de dâr (« demeure ») ; le wāw fut changé en yâʾ, puis l’une des deux consonnes assimilées à l’autre, à l’instar de qiyâm dont l’origine est qîwâm. S’il avait suivi le schème faʿʿâl, on aurait eu dawâr.
Al-Qutaybî dit : il vient de dâr et signifie « celui qui réside dans la demeure ». On dit : « Il n’y a dans la demeure aucun dyyâr », c’est-à-dire personne. D’autres soutiennent que dyyâr désigne le maître de la demeure.

Puis vient la parole du Très-Haut : « Seigneur, pardonne-moi, ainsi qu’à mes père et mère, à quiconque entrera chez moi en croyant, ainsi qu’aux croyants et aux croyantes ; et n’ajoute rien aux injustes si ce n’est ruine » (71 : 28).

Sa parole – exalté soit-Il – : « Seigneur, pardonne-moi, ainsi qu’à mes père et mère » : il implora le pardon pour lui-même et pour ses parents, lesquels étaient tous deux croyants. Il s’agit de Lamk b. Mattûshalakh et de Shâmkhâ bint Anûsh, ainsi que l’ont rapporté al-Qushayrî et aṯ-Thaʿlabî. Al-Mâwardî rapporte que sa mère se nommait Minjal. [2]

الثَّالِثَةُ: قَالَ ابْنُ الْعَرَبِيِّ: " إِنْ قِيلَ لِمَ جَعَلَ نُوحٌ دَعْوَتَهُ عَلَى قَوْمِهِ سَبَبًا لِتَوَقُّفِهِ عَنْ طَلَبِ الشَّفَاعَةِ لِلْخَلْقِ مِنَ اللَّهِ فِي الْآخِرَةِ؟ قُلْنَا قَالَ النَّاسُ فِي ذَلِكَ وَجْهَانِ: أَحَدُهُمَا- أَنَّ تِلْكَ الدَّعْوَةَ نَشَأَتْ عَنْ غَضَبٍ وَقَسْوَةٍ، وَالشَّفَاعَةُ تَكُونُ عَنْ رِضًا وَرِقَّةٍ، فَخَافَ أَنْ يُعَاتَبَ وَيُقَالَ: دَعَوْتَ عَلَى الْكُفَّارِ بِالْأَمْسِ وَتَشْفَعُ لَهُمُ الْيَوْمَ. الثَّانِي- أَنَّهُ دَعَا غَضَبًا بِغَيْرِ نَصٍّ وَلَا إِذْنٍ صَرِيحٍ فِي ذَلِكَ، فَخَافَ الدَّرْكَ «١» فِيهِ يَوْمَ الْقِيَامَةِ، كَمَا قَالَ مُوسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ: (إِنِّي قَتَلْتُ نَفْسًا لَمْ أومر بقتلها) . قال: وبهذا أقول" . قُلْتُ: وَإِنْ كَانَ لَمْ يُؤْمَرْ بِالدُّعَاءِ نَصًّا فَقَدْ قِيلَ لَهُ: أَنَّهُ لَنْ يُؤْمِنَ مِنْ قَوْمِكَ إِلَّا مَنْ قَدْ آمَنَ [هود: ٣٦] . فَأُعْلِمَ عَوَاقِبَهُمْ فَدَعَا عَلَيْهِمْ بِالْهَلَاكِ، كَمَا دَعَا نَبِيُّنَا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ عَلَى شَيْبَةَ وَعُتْبَةَ وَنُظَرَائِهِمْ فَقَالَ: (اللَّهُمَّ عَلَيْكَ بِهِمْ) لَمَّا أُعْلِمَ عَوَاقِبَهُمْ، وَعَلَى هَذَا يَكُونُ فِيهِ مَعْنَى الْأَمْرِ بِالدُّعَاءِ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. الرَّابِعَةُ- قَوْلُهُ تَعَالَى: (دَيَّاراً. إِنَّكَ إِنْ تَذَرْهُمْ يُضِلُّوا عِبادَكَ وَلا يَلِدُوا إِلَّا فاجِراً كَفَّاراً) أَيْ مَنْ يَسْكُنُ الدِّيَارَ، قَالَهُ السُّدِّيُّ. وَأَصْلُهُ دَيْوَارٌ عَلَى فَيْعَالٍ مِنْ دَارٍ يَدُورُ، فَقُلِبَتِ الْوَاوُ يَاءً وَأُدْغِمَتْ إِحْدَاهُمَا فِي الْأُخْرَى. مِثْلَ الْقِيَامِ، أَصْلُهُ قِيْوَامٌ. وَلَوْ كَانَ فَعَّالًا لَكَانَ دَوَّارًا. وَقَالَ الْقُتَبِيُّ: أَصْلُهُ مِنَ الدَّارِ، أَيْ نَازِلٌ بِالدَّارِ. يُقَالُ: مَا بِالدَّارِ دَيَّارٌ، أَيْ أَحَدٌ. وَقِيلَ: الدَّيَّارُ صاحب الدار. [[سورة نوح (٧١) : آية ٢٨]] رَبِّ اغْفِرْ لِي وَلِوالِدَيَّ وَلِمَنْ دَخَلَ بَيْتِيَ مُؤْمِناً وَلِلْمُؤْمِنِينَ وَالْمُؤْمِناتِ وَلا تَزِدِ الظَّالِمِينَ إِلاَّ تَباراً (٢٨) قَوْلُهُ تَعَالَى: (رَبِّ اغْفِرْ لِي وَلِوالِدَيَّ) دَعَا لِنَفْسِهِ وَلِوَالِدَيْهِ وَكَانَا مُؤْمِنَيْنِ. وَهُمَا: لَمْكُ «٢» بْنُ مَتُّوشَلَخَ وَشَمْخَى بِنْتُ أَنُوشَ، ذَكَرَهُ الْقُشَيْرِيُّ وَالثَّعْلَبِيُّ. وَحَكَى الْمَاوَرْدِيُّ فِي اسْمِ أُمِّهِ مِنْجَلُ.
(١). الدرك (يسكن ويحرك): التبعة. [ ..... ] (٢). في حاشية الجمل" لمك" بفتحتين أو بفتح فسكون. و" متوشلخ" بضم الميم وفتح التاء والواو وسكون الشين وكسر اللام. و" شمخى" بوزن سكرى.

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