et (Il fera tomber) une pluie continue, riche en ondées abondantes. Le verbe « yursil » est au jussif, parce qu’il constitue la réponse à l’impératif.
Mouqâtil a dit : Lorsque, pendant un long laps de temps, ils traitèrent Noé de menteur, Allah leur retint la pluie et rendit stériles les matrices de leurs femmes durant quarante ans ; leur bétail et leurs récoltes périrent. Ils se rendirent alors auprès de Noé – sur lui la paix – et implorèrent son secours. Il leur dit : « Implorez le pardon de votre Seigneur ; Il n’a jamais cessé d’être Pardonneur pour quiconque revient à Lui. »
Puis, afin de les encourager à la foi, il ajouta : « Il déversera sur vous, du ciel, une pluie abondante ; Il vous renforcera par des biens et des enfants, vous accordera des jardins et fera couler pour vous des rivières. »
Qatâdah a dit : Le Prophète de Dieu – qu’Allah le bénisse et le salue – sut qu’ils étaient très attachés à la vie d’ici-bas, et il leur dit : « Venez donc à l’obéissance d’Allah, car c’est dans l’obéissance à Allah que l’on obtient les biens d’ici-bas et de l’au-delà. »
Troisièmement : ce verset, ainsi que celui qui se trouve dans la sourate Hûd (1), constitue une preuve que la subsistance et la pluie se font descendre par l’istighfâr.
Al-Shaʿbî a rapporté : ʿUmar sortit pour la prière de demande de pluie ; il ne fit rien d’autre que répéter l’istighfâr jusqu’à ce qu’il revienne, et ils furent alors abreuvés. On lui dit : « Nous ne t’avons pas vu demander la pluie ! » Il répondit : « J’ai recherché la pluie avec les clefs (2) du ciel par lesquelles elle est envoyée », puis il récita : « Implorez le pardon de votre Seigneur ; Il est certes Tout-Pardonnant. Il déversera sur vous, du ciel, une pluie abondante. »
Al-Awzâʿî a dit : Les gens sortirent pour demander la pluie ; Bilâl ibn Saʿd se leva parmi eux, loua Allah et Le glorifia, puis dit : « Ô Allah ! Nous T’avons entendu dire : « Nulle voie (de blâme) contre ceux qui font le bien » (3), et nous reconnaissons notre mauvaise conduite ; Ta miséricorde serait-elle donc accordée à d’autres qu’à des gens comme nous ? Ô Allah, pardonne-nous, fais-nous miséricorde et abreuve-nous ! » Il leva alors les mains, ils levèrent les leurs, et la pluie tomba.
Ibn Ṣubayḥ a dit : Un homme se plaignit auprès de al-Ḥasan de la sécheresse ; il lui dit : « Demande pardon à Allah. » Un autre lui confia sa pauvreté ; il lui dit : « Demande pardon à Allah. » Un autre lui demanda d’invoquer Allah afin qu’Il lui accorde un enfant ; il lui répondit : « Demande pardon à Allah. » Un autre encore se plaignit du dessèchement de son verger ; il lui dit : « Demande pardon à Allah. » Nous l’interrogeâmes alors à ce sujet ; il répondit : « Je n’ai rien dit de moi-même ; c’est Allah, Très-Haut, qui déclare dans la sourate Nûḥ : « Implorez le pardon de votre Seigneur ; Il est certes Tout-Pardonnant. Il déversera sur vous, du ciel, une pluie abondante. » »