Parole du Très-Haut :
« Puis, je les ai certes appelés ouvertement. » : c’est-à-dire en rendant l’appel manifeste devant eux. Le terme « ouvertement » (jihâr-an) est à l’accusatif en tant que mafʿûl muṭlaq dépendant de « je les ai appelés », car l’appel comporte deux modalités dont l’une est la proclamation publique ; il est donc traité comme le mot qurfuṣâʾ dans l’expression « il s’assit qurfuṣâʾ », celui-ci désignant l’un des types de position assise. Il se peut aussi que le sens soit : « par “je les ai appelés”, il a voulu dire : je leur ai parlé à haute voix ». Il est également possible que « ouvertement » soit l’adjectif du maṣdar sous-entendu de « daʿâ », c’est-à-dire « un appel public », ou qu’il tienne lieu de maṣdar occupant la fonction de hâl : « je les ai appelés en proclamant l’appel devant eux ».
« Puis, je leur ai fait des proclamations publiques et je leur ai parlé en secret, très discrètement. » : autrement dit, je n’ai ménagé aucun effort.
Mujâhid a dit : le sens de « j’ai proclamé » est : « j’ai crié », et « je leur ai parlé en secret, très discrètement » signifie : « j’ai appelé certains d’entre eux à l’écart des autres ».
Il a également été dit : « je leur ai parlé en secret » veut dire : « je me suis rendu chez eux, dans leurs demeures ». Tout cela, de la part de Noé – que la paix soit sur lui –, montre l’intensité de son exhortation et la délicatesse de son invitation.
Les lecteurs du Ḥaram (La Mecque et Médine) ainsi qu’Abû ʿAmr prononcent la yâʾ de « innî aʿlantu lahum » ouverte, tandis que les autres la prononcent atone.
[Sourate Nûḥ (71) : versets 10 à 12]
« Je leur ai donc dit : “Implorez le pardon de votre Seigneur ; Il est certes Tout-Pardonnant ; (10) Il déversera du ciel sur vous une pluie abondante ; (11) Il vous accordera des biens et des enfants, Il vous donnera des jardins et fera couler pour vous des rivières.” » (12)
Il y a dans ces versets trois questions.
Première question – Parole du Très-Haut :
« Je leur ai donc dit : “Implorez le pardon de votre Seigneur” » : c’est-à-dire, demandez-Lui de vous absoudre de vos péchés passés en vouant votre foi d’une façon sincère.
« Il est certes Tout-Pardonnant » : cette parole constitue, de Sa part, un encouragement (targhîb) à la repentance.
Hudhayfa ibn al-Yamân rapporte que le Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit :
« L’istighfâr est l’effaceur des péchés. »
Al-Fuḍayl a dit : Le serviteur dit : « Astaghfirullâh », et l’explication en est : « Absous-moi. »
Deuxième question – Parole du Très-Haut :
« Il déversera du ciel sur vous une pluie abondante » : c’est-à-dire qu’Il fera tomber l’eau du ciel ; l’évocation de l’eau y est sous-entendue.
On a également dit : « le ciel » signifie ici la pluie ; autrement dit, Il fera tomber la pluie.
Le poète a dit :
(1) « Lorsque le ciel, sur la terre d’un peuple, verse son eau,
nous la faisons paître, même s’ils sont courroucés. »