Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

[Sourate al-Maʿârij (70), verset 42]
« Laisse-les donc patauger et s’amuser jusqu’à ce qu’ils rencontrent le Jour qui leur est promis. » (42)
C’est-à-dire : abandonne-les, qu’ils s’enfoncent dans leur fausseté et se divertissent dans leur vie d’ici-bas ; il s’agit d’une menace. Pour ta part, occupe-toi de ce dont tu as reçu l’ordre et que leur polythéisme ne t’intimide point, car un jour viendra où ils subiront ce qui leur a été promis. Ibn Muḥayṣin, Mujāhid et Ḥumayd ont récité : « jusqu’à ce qu’ils rencontrent leur Jour qui leur est promis ». Ce verset a été abrogé par le « Verset du Sabre ».

[Sourate al-Maʿârij (70), verset 43]
« Le Jour où ils surgiront des tombeaux en toute hâte, comme s’ils se ruaient vers un repère dressé. » (43)
Le mot « Jour » remplace l’expression « leur Jour » qui précède. La récitation commune lit yakhrujûna, avec fatha sur le yâ’ et ḍamma sur le râ’, le verbe étant au mode actif. As-Sulamî, al-Mughîra et al-Aʿshâ, d’après ʿĀṣim, lisent yukhrajûna, avec ḍamma sur le yâ’ et fatha sur le râ’, le verbe étant à la voix passive.

« Les ajdâth » – les sépulcres, singulier : jadath ; l’explication en a été donnée dans la sourate « Yâ-Sîn ». « Rapidement » : dès qu’ils entendront le second Cri, ils se hâteront de répondre à l’Appel ; il s’agit d’un accusatif de manière. Quant à l’expression « comme s’ils se ruaient vers un nusb », la récitation générale prononce nusb avec fatha sur le nûn et sukun sur le ṣâd. Ibn ʿĀmir et Ḥafṣ lisent avec ḍamma sur le nûn et le ṣâd ; ʿAmr b. Maymûn, Abû Rajâʾ et d’autres lisent avec ḍamma sur le nûn et repos du ṣâd. Nusb et nasb sont deux variantes, comme ḍuʿf et ḍaʿf.

Al-Jawharî : an-nusb désigne ce qui est dressé et adoré en dehors d’Allah ; on peut également le prononcer an-nusb (avec ḍamma) et en mouvoir la voyelle.

Al-Aʿshâ a dit :
« Et cette effigie dressée, n’y sacrifie point…
Recherche la sauvegarde, et adore Allah ton Seigneur. »
Il voulait dire « adore donc », mais il s’est arrêté sur l’alif, comme on dit : « J’ai vu Zayd(an) ». Le pluriel est al-ansâb.

Son propos « et cette effigie » signifie : garde-toi de cette effigie. An-nusb signifie aussi le mal et l’épreuve, comme dans la parole du Très-Haut : « Le démon m’a touché de mal et de tourment » [Ṣâd : 41].

Al-Akhfash et al-Farrâʾ : an-nusb est le pluriel de nasb, comme rahan et ruhun ; al-ansâb est le pluriel de nusb, constituant ainsi un pluriel de pluriel. D’aucuns ont dit : nusb et ansâb sont équivalents. D’autres enfin ont soutenu

[[سورة المعارج (٧٠) : آية ٤٢]] فَذَرْهُمْ يَخُوضُوا وَيَلْعَبُوا حَتَّى يُلاقُوا يَوْمَهُمُ الَّذِي يُوعَدُونَ (٤٢) أَيِ اتْرُكْهُمْ يَخُوضُوا فِي بَاطِلِهِمْ وَيَلْعَبُوا فِي دُنْيَاهُمْ، عَلَى جِهَةِ الْوَعِيدِ. وَاشْتَغِلْ أَنْتَ بِمَا أُمِرْتَ بِهِ وَلَا يَعْظُمَنَّ عَلَيْكَ شِرْكُهُمْ، فَإِنَّ لَهُمْ يَوْمًا يَلْقَوْنَ فِيهِ مَا وُعِدُوا. وقرا ابن محيصن ومجاهد وحميد حَتَّى يُلاقُوا يَوْمَهُمُ الَّذِي يُوعَدُونَ. وَهَذِهِ الْآيَةُ مَنْسُوخَةٌ بِآيَةِ السيف. [[سورة المعارج (٧٠) : آية ٤٣]] يَوْمَ يَخْرُجُونَ مِنَ الْأَجْداثِ سِراعاً كَأَنَّهُمْ إِلى نُصُبٍ يُوفِضُونَ (٤٣) يَوْمَ بَدَلٌ مِنْ يَوْمَهُمُ الَّذِي قَبْلَهُ، وَقِرَاءَةُ الْعَامَّةِ يَخْرُجُونَ بِفَتْحِ الْيَاءِ وَضَمِّ الرَّاءِ عَلَى أَنَّهُ مُسَمَّى الْفَاعِلِ. وَقَرَأَ السُّلَمِيُّ وَالْمُغِيرَةُ وَالْأَعْشَى عَنْ عَاصِمٍ (يُخْرَجُونَ) بِضَمِّ الْيَاءِ وَفَتْحِ الرَّاءِ عَلَى الْفِعْلِ الْمَجْهُولِ. وَالْأَجْدَاثُ: الْقُبُورُ، وَاحِدُهَا جَدَثٌ. وَقَدْ مَضَى فِي سُورَةِ " يس" «١» . سِراعاً حِينَ يَسْمَعُونَ الصَّيْحَةَ الْآخِرَةَ إِلَى إِجَابَةِ الدَّاعِي، وَهُوَ نَصْبٌ عَلَى الْحَالِ كَأَنَّهُمْ إِلى نُصُبٍ يُوفِضُونَ قِرَاءَةُ الْعَامَّةِ بِفَتْحِ النُّونِ وَجَزْمِ الصَّادِ. وَقَرَأَ ابْنُ عَامِرٍ وَحَفْصٌ بِضَمِّ النُّونِ وَالصَّادِ. وَقَرَأَ عَمْرُو بْنُ مَيْمُونٍ وَأَبُو رَجَاءٍ وَغَيْرُهُمَا بِضَمِّ النُّونِ وَإِسْكَانِ الصَّادِ. وَالنُّصْبُ وَالنَّصْبُ لُغَتَانِ مِثْلَ الضُّعْفِ، وَالضَّعْفِ. الْجَوْهَرِيُّ: وَالنَّصْبُ مَا نُصِبَ فَعُبِدَ مِنْ دُونِ اللَّهِ، وَكَذَلِكَ النُّصْبُ بِالضَّمِّ، وَقَدْ يُحَرَّكُ. قَالَ الْأَعْشَى: وَذَا النُّصُبَ الْمَنْصُوبَ لَا تَنْسُكَنَّهُ ... لِعَافِيَةٍ وَاللَّهَ رَبَّكَ فَاعْبُدَا أَرَادَ " فَاعْبُدَنْ" فَوَقَفَ بِالْأَلِفِ، كَمَا تَقُولُ: رَأَيْتُ زَيْدًا. وَالْجَمْعُ الْأَنْصَابُ. وَقَوْلُهُ: " وَذَا النُّصُبِ" بِمَعْنَى إِيَّاكَ وَذَا النُّصُبِ. وَالنُّصُبُ الشَّرُّ وَالْبَلَاءُ، وَمِنْهُ قَوْلُهُ تَعَالَى: أَنِّي مَسَّنِيَ الشَّيْطانُ بِنُصْبٍ وَعَذابٍ «٢» [ص: ٤١] . وَقَالَ الْأَخْفَشُ وَالْفَرَّاءُ: النُّصُبُ جَمْعُ النَّصْبِ مِثْلَ رَهْنٍ وَرُهُنٍ، وَالْأَنْصَابُ جَمْعُ نُصُبٍ، فَهُوَ جَمْعُ الجمع. وقيل: النصب والأنصاب واحد. وقيل:
(١). راجع ج ١٥ ص ٤٠ وص ٢٠٧. (٢). راجع ج ١٥ ص ٤٠ وص ٢٠٧. [ ..... ]

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