Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Sa Parole – exalté soit-Il :

« Sauf ceux qui prient. »

Cela indique que ce qui précède concerne les mécréants, car « l’homme » est ici un nom générique, comme le montre l’exception qui suit, à l’instar de Sa parole : « L’homme est certes en perdition, sauf ceux qui ont cru » (al-ʿAṣr, v. 2-3).

An-Nakhʿî a dit : « Par “ceux qui prient” on entend ceux qui accomplissent la Ṣalâh obligatoire. » Ibn Masʿûd : « Ceux qui la célèbrent à son heure ; l’abandonner relève de la mécréance. » D’autres ont dit : « Il s’agit des Compagnons. » D’autres encore : « Il s’agit de l’ensemble des croyants, car, grâce à leur confiance en leur Seigneur et à leur certitude, ils triomphent de l’excès d’angoisse. »

« Ceux qui sont constants dans leur Ṣalâh » : c’est-à-dire à ses horaires. ʿUqba b. ʿÂmir a dit : « Ce sont ceux qui, lorsqu’ils prient, ne se tournent ni à droite ni à gauche. » Le terme dâʾim signifie « immobile » ; de là l’interdiction d’uriner dans une eau dâʾim, c’est-à-dire stagnante. Ibn Jurayj et al-Ḥasan ont dit : « Ce sont ceux qui multiplient les prières surérogatoires. »

« Et ceux dont les biens comportent un droit déterminé » : il s’agit, selon Qatâda et Ibn Sîrîn, de la Zakât obligatoire. Mujâhid a dit : « Un droit autre que la Zakât. » ʿAlî b. Abî Ṭalḥa rapporte d’Ibn ʿAbbâs : « Le maintien des liens de parenté et la prise en charge du nécessiteux. »¹ La première opinion est la plus juste, car le droit y est qualifié de « déterminé », tandis que ce qui est autre que la Zakât ne l’est pas : il varie selon le besoin, parfois réduit, parfois abondant. La mention « pour le mendiant et le démuni » a déjà été traitée dans la sourate adh-Dhâriyât.²

« Ceux qui tiennent pour véridique le Jour de la Rétribution » – c’est-à-dire le Jour du Jugement, qui est le Jour de la Résurrection ; cela a déjà été abordé dans la sourate al-Fātiḥa.

« Ceux qui, redoutant le châtiment de leur Seigneur, … » : c’est-à-dire qui en ont peur. « Car le châtiment de leur Seigneur n’est certes pas à l’abri » : Ibn ʿAbbâs a dit – pour celui qui a associé à Allah ou traité Ses prophètes de menteurs. D’autres ont soutenu : nul n’en est à l’abri ; il incombe plutôt à chacun de le craindre et de s’en inquiéter.

« Ceux qui préservent leur chasteté, sauf envers leurs épouses ou celles que possèdent leurs mains droites, car ils ne sont pas blâmés ; mais quiconque recherche au-delà de cela, ce sont eux les transgresseurs » – l’explication en a déjà été donnée dans la sourate « Les Croyants ont certes réussi ».³ ⁴

« Ceux qui veillent à leurs dépôts et à leurs engagements » – cela aussi a déjà été commenté.

« Et ceux qui se tiennent droits dans leurs témoignages » – envers quiconque ils sont requis⁵, proche ou lointain ; ils s’en acquittent…

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¹ Maintien des liens de sang et prise en charge de toute personne à charge.
² Voir le commentaire de la sourate adh-Dhâriyât.
³ C’est-à-dire la sourate al-Mu’minûn.
⁴ La note fait référence au passage déjà commenté.
⁵ Le texte se poursuit sur la page suivante.

قَوْلُهُ تَعَالَى: (إِلَّا الْمُصَلِّينَ) دَلَّ عَلَى أَنَّ مَا قَبْلَهُ فِي الْكُفَّارِ، فَالْإِنْسَانُ اسْمُ جِنْسٍ بِدَلِيلِ الِاسْتِثْنَاءِ الَّذِي يَعْقُبُهُ كَقَوْلِهِ تَعَالَى: إِنَّ الْإِنْسانَ لَفِي خُسْرٍ إِلَّا الَّذِينَ آمَنُوا [العصر: ٣ - ٢] . قال النخعي: المراد بالمصلين الذين يُؤَدُّونَ الصَّلَاةَ الْمَكْتُوبَةَ. ابْنُ مَسْعُودٍ: الَّذِينَ يُصَلُّونَهَا لِوَقْتِهَا، فَأَمَّا تَرْكُهَا فَكُفْرٌ. وَقِيلَ: هُمُ الصَّحَابَةُ. وَقِيلَ: هُمُ الْمُؤْمِنُونَ عَامَّةً، فَإِنَّهُمْ يَغْلِبُونَ فَرْطَ الْجَزَعِ بِثِقَتِهِمْ بِرَبِّهِمْ وَيَقِينِهِمْ (الَّذِينَ هُمْ عَلى صَلاتِهِمْ دائِمُونَ) أَيْ عَلَى مَوَاقِيتِهَا. وَقَالَ عُقْبَةُ ابن عَامِرٍ: هُمُ الَّذِينَ إِذَا صَلَّوْا لَمْ يَلْتَفِتُوا يَمِينًا وَلَا شِمَالًا. وَالدَّائِمُ السَّاكِنُ، وَمِنْهُ: نُهِيَ عَنِ الْبَوْلِ فِي الْمَاءِ الدَّائِمِ، أَيِ السَّاكِنِ. وَقَالَ ابْنُ جُرَيْجٍ وَالْحَسَنُ: هُمُ الَّذِينَ يُكْثِرُونَ فِعْلَ التَّطَوُّعِ مِنْهَا. (وَالَّذِينَ فِي أَمْوالِهِمْ حَقٌّ مَعْلُومٌ) يُرِيدُ الزَّكَاةَ الْمَفْرُوضَةَ، قَالَهُ قَتَادَةُ وَابْنُ سِيرِينَ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: سِوَى الزَّكَاةِ. وَقَالَ عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَلْحَةَ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ: صِلَةُ رَحِمٍ وَحَمْلٍ كَلٍّ «١» . وَالْأَوَّلُ أَصَحُّ، لِأَنَّهُ وَصَفَ الْحَقَّ بِأَنَّهُ مَعْلُومٌ، وَسِوَى الزَّكَاةِ لَيْسَ بِمَعْلُومٍ، إِنَّمَا هُوَ عَلَى قَدْرِ الْحَاجَةِ، وَذَلِكَ يَقِلُّ وَيَكْثُرُ. لِلسَّائِلِ وَالْمَحْرُومِ تَقَدَّمَ فِي " الذَّارِيَاتِ" «٢» . (وَالَّذِينَ يُصَدِّقُونَ بِيَوْمِ الدِّينِ) أَيْ بِيَوْمِ الْجَزَاءِ وَهُوَ يَوْمُ الْقِيَامَةِ. وَقَدْ مَضَى فِي سُورَةِ " الْفَاتِحَةِ" الْقَوْلُ فِيهِ. (وَالَّذِينَ هُمْ مِنْ عَذابِ رَبِّهِمْ مُشْفِقُونَ) أَيْ خَائِفُونَ. (إِنَّ عَذابَ رَبِّهِمْ غَيْرُ مَأْمُونٍ) قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: لِمَنْ أَشْرَكَ أَوْ كَذَّبَ أَنْبِيَاءَهُ. وَقِيلَ: لَا يَأْمَنُهُ أَحَدٌ، بَلِ الْوَاجِبُ عَلَى كُلِّ أَحَدٍ أَنْ يَخَافَهُ وَيُشْفِقَ مِنْهُ (وَالَّذِينَ هُمْ لِفُرُوجِهِمْ حافِظُونَ. إِلَّا عَلى أَزْواجِهِمْ أَوْ مَا مَلَكَتْ «٣» أَيْمانُهُمْ فَإِنَّهُمْ غَيْرُ مَلُومِينَ. فَمَنِ ابْتَغى وَراءَ ذلِكَ فَأُولئِكَ هُمُ العادُونَ) تَقَدَّمَ الْقَوْلُ فِيهِ فِي سُورَةِ (قَدْ أَفْلَحَ الْمُؤْمِنُونَ) . «٤» (وَالَّذِينَ هُمْ لِأَماناتِهِمْ وَعَهْدِهِمْ راعُونَ) تَقَدَّمَ أَيْضًا. (وَالَّذِينَ هُمْ بِشَهاداتِهِمْ قائِمُونَ) عَلَى مَنْ كَانَتْ عَلَيْهِ «٥» مِنْ قَرِيبٍ أَوْ بَعِيدٍ، يقومون بها عند
(١). الكل- بالفتح-: الثقل من كل ما يتكلف. والكل: العيال. والكل: اليتيم. (٢). راجع ج ١٧ ص (٣٨) (٣). راجع ج ١ ص (١٤١) [ ..... ] (٤). راجع ج ١٢ ص (١٠٢) (٥). زيادة عن الخطيب الشربينى.

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