Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Parole du Très-Haut :

(Kallâ)
Le commentaire de « kallâ » a déjà été donné : elle peut signifier « certes » (ḥaqqan) ou « non ». Ici, les deux sens sont possibles. Si on la comprend comme « certes », la phrase se complète par « yunjîhi » (le sauvera). Si on la comprend comme une négation, la phrase s’achève sur « kallâ », c’est-à-dire : nul rachat ne le préservera du châtiment d’Allah. Puis Il dit :

(Innahâ laẓâ)
Autrement dit : c’est la Géhenne, dont le feu flambe. Ainsi que dans Sa parole : « Je vous ai donc avertis d’un Feu qui flambe » (al-Layl, 14). Le terme « laẓâ » dérive de la racine talazzî (embrasement) ; l’iltidhāʾ du feu est son embrasement, et son talazzî son inflammation.

On a dit aussi : son origine était « laẓaẓ », c’est-à-dire perpétuelle du fait de la permanence de son châtiment ; l’une des deux ẓâ ayant été changée en alif, il est resté « laẓâ ». D’autres ont affirmé qu’il s’agit de la seconde strate de la Géhenne. Ce mot est un nom propre féminin défini : il est donc diptote et ne reçoit pas la tanwîn.

(Nazzâʿatan li-sh-shawâ)
Abû Jaʿfar, Shaybah, Nāfiʿ, ʿĀṣim (dans la transmission d’Abû Bakr), al-Aʿmash, Abû ʿAmr, Ḥamzah et al-Kisâʾî l’ont lu au nominatif : nazzāʿatun. Abû ʿAmr rapporte de ʿĀṣim la lecture à l’accusatif : nazzāʿatan.

Pour la lecture au nominatif, cinq analyses sont possibles :

  1. Tenir « laẓâ » pour prédicat de « inna », et élever « nazzāʿatun » par un pronom sous-entendu « hiya » ; dans ce cas, la pause sur « laẓâ » est permise.
  2. Considérer « laẓâ » et « nazzāʿatun » comme deux prédicats de « inna », comme dans l’exemple : « innahu khuluqu mukhâṣimin » (« il a un caractère querelleur »).
  3. Prendre « nazzāʿatun » comme badal (substitut) de « laẓâ », « laẓâ » restant prédicat de « inna ».
  4. Faire de « laẓâ » un badal du nom de « inna », et de « nazzāʿatun » le prédicat de « inna ».
  5. Considérer le pronom de « innahâ » comme pronom de récit (li-l-qiṣṣa), « laẓâ » étant mubtadaʾ et « nazzāʿatun » son prédicat ; l’ensemble constitue alors le prédicat de « inna ». Le sens est : l’affaire, le récit, c’est « laẓâ, arracheuse de l’épiderme ».

Pour la lecture à l’accusatif, on s’arrête sur « laẓâ » et l’on met « nazzāʿatan » à l’accusatif par rupture (qaṭʿ) d’avec « laẓâ », puisqu’un indéfini suit ici un défini. On peut aussi la placer à l’accusatif comme ḥâl emphatique, conformément à Sa parole : « wa-huwa l-ḥaqqu muṣaddiqan » (al-Baqarah, 91). Il est encore permis de la lire à l’accusatif dans le sens : elle flambe, arracheuse de l’épiderme, c’est-à-dire au moment où elle arrache l’épiderme. Le régissant est alors l’idée de flambement contenue dans le discours. Elle peut enfin être prise comme ḥâl se rapportant aux négateurs de cette annonce. Il est également permis de la lire à l’accusatif

قَوْلُهُ تَعَالَى: (كَلَّا) تَقَدَّمَ الْقَوْلُ فِي كَلَّا وَأَنَّهَا تَكُونُ بِمَعْنَى حَقًّا، وَبِمَعْنَى «١» لَا. وَهِيَ هُنَا تَحْتَمِلُ الْأَمْرَيْنِ، فَإِذَا كَانَتْ بِمَعْنَى حَقًّا كَانَ تَمَامُ الْكَلَامِ يُنْجِيهِ. وَإِذَا كَانَتْ بِمَعْنَى لَا كَانَ تَمَامُ الْكَلَامِ عَلَيْهَا، أَيْ لَيْسَ يُنْجِيهِ مِنْ عَذَابِ اللَّهِ الِافْتِدَاءُ ثُمَّ قَالَ: (إِنَّها لَظى) أَيْ هِيَ جَهَنَّمُ، أَيْ تَتَلَظَّى نيرانها، كقوله تعالى: فَأَنْذَرْتُكُمْ ناراً «٢» تَلَظَّى [الليل: ١٤] وَاشْتِقَاقُ لَظَى مِنَ التَّلَظِّي. وَالْتِظَاءُ النَّارِ الْتِهَابُهَا، وَتَلَظِّيهَا تَلَهُّبُهَا. وَقِيلَ: كَانَ أَصْلُهَا " لَظَظَ" أَيْ مَا دَامَتْ لِدَوَامِ عَذَابِهَا، فَقُلِبَتْ إِحْدَى الظَّاءَيْنِ أَلِفًا فَبَقِيَتْ لَظَى. وَقِيلَ: هِيَ الدَّرَكَةُ الثَّانِيَةُ مِنْ طَبَقَاتِ جَهَنَّمَ. وَهِيَ اسْمٌ مُؤَنَّثٌ مَعْرِفَةٌ فَلَا يَنْصَرِفُ. (نَزَّاعَةً لِلشَّوى) قَرَأَ أَبُو جَعْفَرٍ وَشَيْبَةُ وَنَافِعٌ وَعَاصِمٌ فِي رِوَايَةِ أَبِي بَكْرٍ عَنْهُ وَالْأَعْمَشُ وَأَبُو عَمْرٍو وَحَمْزَةُ وَالْكِسَائِيُّ (نَزَّاعَةٌ) بِالرَّفْعِ. وَرَوَى أَبُو عَمْرٍو عَنْ عَاصِمٍ نَزَّاعَةً بِالنَّصْبِ. فَمَنْ رَفَعَ فَلَهُ خَمْسَةُ أَوْجُهٍ: أَحَدُهَا أَنْ تُجْعَلَ لَظى خَبَرَ (إِنَّ) وَتُرْفَعَ (نَزَّاعَةً) بِإِضْمَارِ هِيَ، فَمِنْ هَذَا الْوَجْهِ يَحْسُنُ الْوَقْفُ عَلَى لَظى. وَالْوَجْهُ الثَّانِي أَنْ تَكُونَ لَظى ونَزَّاعَةً خَبَرَانِ لِإِنَّ. كَمَا تَقُولُ إِنَّهُ خُلُقُ مُخَاصِمٍ. وَالْوَجْهُ الثَّالِثُ أَنْ تَكُونَ نَزَّاعَةً بَدَلًا مِنْ لَظى ولَظى خَبَرُ (إِنَّ) . وَالْوَجْهُ الرَّابِعُ أَنْ تَكُونَ لَظى بدلا من أسم (إن) ونَزَّاعَةً خَبَرُ (إِنَّ) . وَالْوَجْهُ الْخَامِسُ أَنْ يَكُونَ الضَّمِيرُ في إنها للقصة ولَظى مبتدأ ونَزَّاعَةً خَبَرُ الِابْتِدَاءِ وَالْجُمْلَةُ خَبَرُ (إِنَّ) وَالْمَعْنَى: أَنَّ الْقِصَّةَ وَالْخَبَرَ لَظَى نَزَّاعَةً لِلشَّوَى وَمَنْ نَصَبَ نَزَّاعَةً حَسُنَ لَهُ أَنْ يَقِفَ عَلَى لَظى وَيَنْصِبَ نَزَّاعَةً عَلَى الْقَطْعِ مِنْ لَظى إِذْ كَانَتْ نَكِرَةً مُتَّصِلَةً بِمَعْرِفَةٍ. وَيَجُوزُ نَصْبُهَا عَلَى الْحَالِ الْمُؤَكِّدَةِ، كَمَا قَالَ: وَهُوَ الْحَقُّ مُصَدِّقاً «٣» [البقرة: ٩١] . وَيَجُوزُ أَنْ تُنْصَبَ عَلَى مَعْنَى أَنَّهَا تَتَلَظَّى نَزَّاعَةً، أَيْ فِي حَالِ نَزْعِهَا لِلشَّوَى. وَالْعَامِلُ فِيهَا مَا دَلَّ عَلَيْهِ الْكَلَامُ مِنْ مَعْنَى التَّلَظِّي. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ حَالًا، عَلَى أَنَّهُ حال للمكذبين بخبرها. ويجوز نصبها
(١). راجع ج ١١ ص ١٤٧. (٢). راجع ج ٢٠ ص ٨٦. (٣). راجع ج ٢ ص ٢٩.

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