Quand bien même il s’élèverait durant cinquante mille ans.
Wahb dit encore : la distance qui sépare les tréfonds de la terre du Trône correspond à un trajet de cinquante mille ans ; tel est également l’avis de Mujâhid.
Il a concilié ce verset avec la parole divine : « en un jour dont la mesure est de mille ans » dans la sourate as-Sajda(1) et a déclaré : « en un jour dont la mesure est de cinquante mille ans » ; du terme de Son commandement dans les profondeurs des terres jusqu’à son terme au-dessus des cieux, il y a cinquante mille ans. Quant à Sa parole — Exalté soit-Il — dans (Alif Lâm Mîm. At-Tanzîl) : « en un jour dont la mesure est de mille ans » [as-Sajda : 5], il vise par là la descente de l’ordre depuis le ciel le plus proche jusqu’à la terre, puis de la terre au ciel, en une seule journée ; cela équivaut à mille ans, car la distance qui sépare la terre du ciel représente un parcours de cinq-cents ans.
Il est rapporté également de Mujâhid, al-Ḥakam et ʿIkrima : il s’agit de la durée totale de ce monde, depuis qu’il fut créé jusqu’à ce qu’il en reste, soit cinquante mille ans ; nul d’entre vous ne sait ce qui s’en est écoulé ni ce qu’il en reste, hormis Allah — Puissant et Majestueux.
On a dit encore : il s’agit du Jour de la Résurrection ; c’est-à-dire que le jugement qu’il comporte prendrait, s’il incombait à une créature, cinquante mille ans ; tel est l’avis de ʿIkrima, d’al-Kalbî et de Muḥammad b. Kaʿb. Allah — glorifié soit-Il — dit pourtant : « et Moi, J’en aurai terminé en une heure. »
Al-Ḥasan a dit : c’est bien le Jour de la Résurrection ; toutefois, ce Jour n’a pas de terme. Il est donc question ici de la station où les hommes demeureront pour le compte ; celle-ci dure, selon les années terrestres, cinquante mille ans ; puis les habitants des deux séjours s’établiront dans leurs deux séjours.
Yamân a dit : c’est le Jour de la Résurrection, lequel comporte cinquante stations, chaque station durant mille ans.
Ibn ʿAbbâs a dit : c’est le Jour de la Résurrection ; Allah l’a fixé pour les mécréants à la mesure de cinquante mille ans, puis ils entreront dans le Feu pour y demeurer.
Je dis : cette opinion est, si Allah le veut, la meilleure qui ait été formulée au sujet du verset, ainsi que l’atteste le ḥadîth rapporté par Qâsim b. Aṣbagh d’après Abû Saʿîd al-Khudrî — qu’Allah l’agrée — : le Messager d’Allah — paix et salut sur lui — a dit : « (en un jour dont la mesure est de cinquante mille ans). »
Je dis alors : « Quelle longue durée ! » Le Prophète — paix et salut sur lui — répondit : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, elle sera certes allégée pour le croyant au point qu’elle lui paraîtra plus légère que la prière obligatoire qu’il accomplit dans ce monde. »
An-Naḥḥâs a corroboré la justesse de cet avis par le ḥadîth rapporté par Suhayl, d’après son père, d’après Abû Hurayra, du Prophète — paix et salut sur lui — : « Il n’est pas un homme qui ne s’acquitte pas de la Zakât de ses biens sans que ceux-ci ne soient transformés en un serpent de feu qui cautérise son front, son dos et ses flancs, en un jour dont la mesure est de cinquante mille ans, jusqu’à ce qu’Allah juge entre les gens. »