Le ḥajz désigne : l’empêchement. Quant au terme ḥâjizîn, on peut le considérer comme une épithète de aḥad selon le sens, comme nous l’avons indiqué ; il sera alors au cas régissant (génitif) et le prédicat sera min-kum. Il est également possible de l’analyser au cas accusatif, en tant que prédicat, min-kum étant alors omis et rattaché à ḥâjizîn ; l’interposition de min-kum n’empêche nullement, dans ce cas, que le prédicat soit à l’accusatif, tout comme elle ne l’a pas empêché dans l’exemple : « inna fîka Zaydan râghibun ».
Parole du Très-Haut :
« wa innahu » — c’est-à-dire le Coran — « la-tadhkiratun lil-muttaqîn », c’est-à-dire pour ceux qui redoutent Allâh. Un verset analogue se trouve dans : « fîhi hudan lil-muttaqîn » (al-Baqarah : 2), comme nous l’avons expliqué au début de la sourate al-Baqarah[1].
Il a également été dit : il s’agit de Muḥammad — paix et bénédictions d’Allâh sur lui —, c’est-à-dire qu’il est rappel, miséricorde et salut.
Sourate al-Ḥāqqah (69), versets 49 à 52 :
« Et Nous savons certes que parmi vous se trouvent des négateurs (49),
et que cela est, assurément, un sujet de regret pour les mécréants (50),
et qu’il est, en vérité, la certitude même (51).
Glorifie donc le Nom de ton Seigneur, le Très-Grand (52). »
Parole du Très-Haut :
« Et Nous savons certes que parmi vous se trouvent des négateurs. »
Al-Rabīʿ a dit : du Coran.
« Et que cela est un sujet de regret. » : il s’agit ici du démenti.
Al-ḥasrah signifie le remords.
Il a été dit encore : autrement dit, le Coran sera un motif de regret pour les mécréants, le Jour de la Résurrection, lorsqu’ils verront la récompense de ceux qui y ont cru.
D’autres ont dit : c’est leur regret en ce bas-monde, lorsqu’ils n’ont pas été capables de le contrecarrer alors qu’ils avaient été défiés d’apporter une sourate semblable.
« Et qu’il est la certitude même. » : c’est-à-dire que le Noble Coran est une Révélation d’Allâh — exalté soit-Il — ; il est donc la Vérité de certitude.
On a dit encore : c’est, de façon absolument certaine, que cela deviendra pour eux un sujet de regret le Jour de la Résurrection. Dans cette perspective, « wa innahu la-ḥasratun » signifie : un regret, un lamentement ; c’est alors un nom d’action au sens de taḥassur (se lamenter), d’où la possibilité de l’utiliser au masculin.
Ibn ʿAbbâs a dit : c’est comme ta parole : laʿaynu l-yaqîn (« l’œil de la certitude ») ou maḥḍu l-yaqîn (« la pure certitude »). Si al-yaqîn était un adjectif, il ne serait pas permis de l’annexer (en iḍâfa), pas plus qu’on ne dit : « hâdhâ rajulu ẓ-ẓarîfi ».
On a également dit : il l’a annexé à lui-même en raison de la différence des deux vocables.
« Glorifie donc le Nom de ton Seigneur, le Très-Grand » : c’est-à-dire : accomplis la prière pour ton Seigneur, a dit Ibn ʿAbbâs. D’autres ont dit : proclame la transcendance d’Allâh au-dessus de tout mal et de toute imperfection.
[1] Note renvoyant à l’explication donnée au début de la sourate al-Baqarah.