Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Lorsque je vis le soleil et que sa clarté se leva,
Je pris de lui ce dont j’avais besoin, de ma droite, sous sa loi.

Al-Suddî et al-Ḥakam ont dit : « par la main droite », c’est-à-dire : « en toute vérité ».
Il est rapporté encore : « ʿArâbah la reçut de la main droite », c’est-à-dire : par mérite légitime.

Al-Ḥasan a dit : « Nous lui aurions tranché la main droite. »

D’aucuns ont affirmé : le sens est : « Nous aurions saisi sa main droite pour l’empêcher d’agir », ainsi l’a expliqué Naftaweh.

Abû Jaʿfar al-Ṭabarî a déclaré : cette parole est formulée dans l’intention d’humilier, selon l’usage des gens qui prennent la main de celui qu’ils vont punir ; de même qu’un souverain, voulant avilir quelqu’un, dit : « Saisissez-lui les mains », c’est-à-dire : Nous aurions ordonné qu’on le saisisse et nous aurions poussé le châtiment à son comble.

« Puis Nous lui aurions tranché l’aorte » : il s’agit du ligament du cœur, autrement dit : Nous l’aurions anéanti. C’est une veine à laquelle le cœur est suspendu ; si elle se rompt, son possesseur meurt, ainsi l’ont dit Ibn ʿAbbâs et la majorité des savants.

Poème :
Quand tu m’auras conduit, portant mon fardeau,
Jusqu’à ʿArâbah, allège-moi de ce lourd fardeau ;
Fais alors flamboyer l’éclat d’un pourpre carmin,
Du sang de l’aorte versé, écarlate carmin.

Mujâhid a dit : c’est le cordon du cœur qui se trouve dans le dos, à savoir la moelle épinière ; lorsqu’il est sectionné, les forces s’annulent et son porteur meurt. On appelle mawtûn celui dont l’aorte est tranchée.

Muḥammad ibn Kaʿb a dit : c’est le cœur, ses membranes et ce qui l’environne.

Al-Kalbî a précisé : c’est une veine située entre l’ʿilbâʾ et le ḥulqūm (la gorge).

L’ʿilbâʾ est un nerf du cou ; il y en a deux, et la veine naît entre eux.

ʿIkrimah a dit : lorsque l’aorte est coupée, on ne ressent plus ni faim ni satiété.

Sourate al-Ḥāqqah (69), versets 47-48 :
« Et nul d’entre vous ne pourrait l’en empêcher (47),
et certes ceci est un rappel pour les pieux (48). »

Parole du Très-Haut :
« Fa-mâ minkum min aḥadin ʿanhu ḥâjizîn »

– fa est un connecteur, mâ exprime la négation, et aḥad, bien que singulier de forme, a valeur de pluriel ; d’où l’adjectif pluriel ḥâjizîn : « Il n’y a, parmi vous, aucun groupe qui puisse Le soustraire à Notre prise ».

Ainsi qu’Il a dit : « Nous ne faisons aucune distinction entre Ses messagers » (al-Baqarah, 2 : 285) ; c’est un pluriel, car la préposition bayna ne s’emploie qu’avec deux entités ou plus.

Le Prophète — paix et bénédictions d’Allâh sur lui — a dit :
« Les butins de guerre n’ont été rendus licites à personne aux têtes noires avant vous. »
L’énoncé est au singulier alors que son sens est pluriel. La préposition min y est surérogatoire.

وَلَمَّا رَأَيْتُ الشَّمْسَ أَشْرَقَ نُورُهَا ... تَنَاوَلْتُ مِنْهَا حَاجَتِي بِيَمِينِي وَقَالَ السُّدِّيُّ وَالْحَكَمُ: بِالْيَمِينِ بِالْحَقِّ. قَالَ: تَلَقَّاهَا عَرَابَةُ بِالْيَمِينِ أَيْ بِالِاسْتِحْقَاقِ. وَقَالَ الْحَسَنُ: لَقَطَعْنَا يَدَهُ الْيَمِينَ. وَقِيلَ: الْمَعْنَى لَقَبَضْنَا بِيَمِينِهِ عَنِ التَّصَرُّفِ، قَالَهُ نَفْطَوَيْهِ. وَقَالَ أَبُو جَعْفَرٍ الطَّبَرِيُّ: إِنَّ هَذَا الْكَلَامَ خَرَجَ مَخْرَجَ الْإِذْلَالِ عَلَى عَادَةِ النَّاسِ فِي الْأَخْذِ بِيَدِ مَنْ يُعَاقِبُ. كَمَا يَقُولُ السُّلْطَانُ لِمَنْ يُرِيدُ هَوَانَهُ: خُذُوا يَدَيْهِ. أَيْ لَأَمَرْنَا بِالْأَخْذِ بِيَدِهِ وَبَالَغْنَا فِي عِقَابِهِ. (ثُمَّ لَقَطَعْنا مِنْهُ الْوَتِينَ) يَعْنِي نِيَاطَ الْقَلْبِ، أَيْ لَأَهْلَكْنَاهُ. وَهُوَ عِرْقٌ يَتَعَلَّقُ بِهِ الْقَلْبُ إِذَا انْقَطَعَ مَاتَ صَاحِبُهُ، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ وَأَكْثَرُ النَّاسِ. قَالَ: إِذَا بَلَّغْتِنِي وَحَمَلْتِ رَحْلِي ... عَرَابَةَ فَاشْرَقِي «١» بِدَمِ الْوَتِينِ وَقَالَ مُجَاهِدٌ: هُوَ حَبْلُ الْقَلْبِ الَّذِي فِي الظَّهْرِ وَهُوَ النُّخَاعُ، فَإِذَا انْقَطَعَ بَطَلَتِ الْقُوَى ومات صاحبه. والمؤتون الَّذِي قُطِعَ وَتِينُهُ. وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ كَعْبٍ: إِنَّهُ الْقَلْبُ وَمَرَاقُّهُ وَمَا يَلِيهِ. قَالَ الْكَلْبِيُّ: إِنَّهُ عِرْقٌ بَيْنَ الْعِلْبَاءِ وَالْحُلْقُومِ. وَالْعِلْبَاءُ: عَصَبُ الْعُنُقِ. وَهُمَا عِلْبَاوَانِ بَيْنَهُمَا يَنْبُتُ الْعِرْقُ. وَقَالَ عِكْرِمَةُ: إِنَّ الْوَتِينَ إِذَا قُطِعَ لَا إِنْ جاع عرف، ولا إن شبع عرف. [سورة الحاقة (٦٩) : الآيات ٤٧ الى ٤٨] فَما مِنْكُمْ مِنْ أَحَدٍ عَنْهُ حاجِزِينَ (٤٧) وَإِنَّهُ لَتَذْكِرَةٌ لِلْمُتَّقِينَ (٤٨) قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَما مِنْكُمْ مِنْ أَحَدٍ عَنْهُ حاجِزِينَ) فَما نفي وأَحَدٍ فِي مَعْنَى الْجَمْعِ، فَلِذَلِكَ نَعَتَهُ بِالْجَمْعِ، أَيْ فَمَا مِنْكُمْ قَوْمٌ يَحْجِزُونَ عَنْهُ كَقَوْلِهِ تَعَالَى: لا نُفَرِّقُ بَيْنَ أَحَدٍ مِنْ رُسُلِهِ «٢» [البقرة: ٢٨٥] هَذَا جَمْعٌ، لِأَنَّ بَيْنَ لَا تَقَعُ إِلَّا عَلَى اثْنَيْنِ فَمَا زَادَ. قَالَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (لَمْ تَحِلَّ الْغَنَائِمُ لِأَحَدٍ سود الرؤوس قبلكم) . لفظه واحد ومعناه الجمع. ومِنْ زائدة.
(١). شرق (من باب طرب): غص. (٢). راجع ج ٣ ص ٤٢٤

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