Parole du Très-Haut :
« Et ce n’est point la parole d’un poète »,
car elle se distingue de toutes les formes de poésie sans exception.
« ni la parole d’un devin »,
car elle renferme la critique et l’injure des démons ; or ceux-ci ne révèlent rien à qui les insulte.
La particule مَا est ici surérogatoire dans Ses paroles :
« Vous croyez bien peu » et « Vous vous souvenez bien peu » ;
autrement dit : vous croyez peu et vous vous souvenez peu.
Ce reste infime de foi qu’ils possèdent se manifeste lorsqu’on leur demande : « Qui vous a créés ? » ; ils répondent : « Allâh ».
Il n’est pas admissible de considérer مَا, jointe au verbe, comme un masdar et d’accuser قَلِيلًا du régime de ce qui suit مَا ; cela reviendrait à placer la proposition relative avant son antécédent, alors que le masdar reçoit son action de sa proposition relative.
Ibn Muḥayṣin, Ibn Kathîr, Ibn ʿÂmir et Yaʿqûb ont lu : مَا يُؤْمِنُونَ et يَذَّكَّرُونَ à la troisième personne ; les autres récitants emploient la deuxième personne, l’interpellation précédant et suivant le passage : auparavant « تُبْصِرُونَ », et après : « فَمَا مِنْكُمْ… ».
Sourate al-Ḥâqqah (69), verset 43
« Tanzîl émanant du Seigneur des mondes »
Parole du Très-Haut :
« Tanzîl » : c’est-à-dire : il s’agit bien d’une Révélation.
« émanant du Seigneur des mondes » : cet hémistiche se coordonne à Sa parole : « C’est la parole d’un noble Messager » (v. 40) ; autrement dit : il s’agit de la parole d’un noble Messager et, en même temps, d’une Révélation venue du Seigneur des mondes.
Sourate al-Ḥâqqah (69), versets 44 à 46
« Si [le Messager] avait forgé contre Nous quelque propos,
Nous l’aurions saisi par la main droite,
puis Nous lui aurions tranché l’aorte. »
Parole du Très-Haut :
« S’il avait forgé contre Nous quelque propos » : taqawwala signifie s’imposer une parole provenant de soi-même. On rapporte aussi la lecture passive : « walaw tuqawwila ».
« Nous l’aurions saisi par la main droite » : c’est-à-dire par la force et la toute-puissance ; Nous l’aurions pris avec puissance. La préposition مِن est ici surérogatoire. Le bras droit sert à exprimer la puissance, car la force de chaque chose réside dans son côté droit, a expliqué al-Qutaybî ; tel est aussi l’avis d’Ibn ʿAbbâs et de Mujâhid.
D’où ce vers du poète al-Shammâkh :
« Quand un étendard se dresse pour la gloire,
ʿArâbah le reçoit de la main droite »,
c’est-à-dire : avec vigueur. ʿArâbah est le nom d’un homme des Anṣâr, de la tribu des Aws.
Et un autre poète a dit :