« Al-khâṭiʾûna », en remplaçant la hamza par un yâʾ, et « al-khâṭûna », en la retranchant.
Selon Ibn ʿAbbâs : « Qu’est donc “al-khâṭûna” ? Nous faisons tous des pas (naḫṭû). »
Abû l-Aswad ad-Duʾalî rapporta : « Qu’est donc “al-khâṭûna” ? Ce n’est rien d’autre que “al-khâṭiʾûna”. Qu’est donc “aṣ-ṣâbûna” ? Ce n’est rien d’autre que “aṣ-ṣâbiʾûna”. »
Il se peut également que soient visés ici ceux qui enjambent la Vérité pour se rendre au faux et dépassent les limites qu’Allâh – Très-Haut et Majestueux – a fixées.
Sourate al-Ḥâqqah (69), versets 38-40 :
38 – « Non ! Je jure par ce que vous voyez, »
39 – « et par ce que vous ne voyez pas ; »
40 – « c’est bien là la parole d’un noble Messager. »
Parole du Très-Haut :
« Non ! Je jure par ce que vous voyez et par ce que vous ne voyez pas. »
Le sens est : « Je jure par toutes les créatures, celles que vous percevez et celles que vous ne percevez pas. » Le mot « lâ » est, ici, purement ornemental.
On a dit aussi qu’il s’agit d’une réplique à un propos antérieur : la réalité n’est pas telle que le prétendent les polythéistes.
Muqâtil a expliqué que la cause de ces versets fut la parole de Walîd b. al-Mughîrah : « Muḥammad est un magicien » ; Abû Jahl déclara : « un poète » ; ʿUqbah affirma : « un devin ». Allâh – Puissant et Majestueux – dit alors : « Non ! Je jure », c’est-à-dire : « Je jure. »
D’autres ont soutenu que le « lâ » nie ici la nécessité du serment : point n’est besoin de jurer, tant la vérité est manifeste ; la proposition qui suit tient alors lieu de réponse à un serment implicite.
« Certes, lui » – c’est-à-dire le Coran – « est bien la parole d’un Messager noble », à savoir Jibrîl, selon al-Ḥasan, al-Kalbî et Muqâtil. Indice en est la parole divine : « C’est bien la parole d’un Messager noble, doué de force, établi auprès du Maître du Trône » (at-Takwîr 19-20).
Al-Kalbî et al-Qutaybî ont, pour leur part, considéré que le « Messager » ici désigne Muḥammad – que la prière et la paix d’Allâh soient sur lui – compte tenu du verset : « et ce n’est point la parole d’un poète ». Le Coran n’est pas la parole du Prophète – paix sur lui – mais celle d’Allâh – Glorifié et Exalté. L’attribution au Messager s’explique parce qu’il le récite, le transmet et s’y conforme, de même que l’on dit : « Voilà l’avis de Mâlik. »
Sourate al-Ḥâqqah (69), versets 41-42 :
41 – « Ce n’est point la parole d’un poète – que vous croyez peu ! – »
42 – « ni celle d’un devin – comme vous vous souvenez peu ! »