Il voulait dire : « après que tu as donné ». Il montre ainsi que cet homme fut châtié pour avoir délaissé le fait de nourrir (les pauvres) et pour avoir prôné l’avarice, tout comme il fut châtié pour sa mécréance.
Le terme al-ḥaḍḍ désigne l’incitation et l’exhortation. D’un point de vue grammatical, le mot ṭaʿām (« nourriture ») aurait dû, à l’origine, être à l’accusatif, dépendant d’un maṣdar implicite. Le substantif « nourriture » renvoie ici à la chose concrète, et on l’a annexé au miskīn (le nécessiteux) en raison du lien qui les unit. Celui qui traite ṭaʿām comme on traite iṭʿām (« le fait de nourrir ») met alors le terme miskīn à l’accusatif. L’estimation sous-entendue est : « concernant le fait de nourrir le pauvre par celui qui le nourrit » ; l’agent a été omis et le nom verbal rattaché à son patient.
Sourate al-Ḥāqqah (69), versets 35-37 :
35. « Il n’aura donc, aujourd’hui, ici nul intime ;
36. et nulle nourriture, si ce n’est du ġislīn ;
37. que seuls les pécheurs consommeront. »
Parole du Très-Haut :
« Il n’aura donc, aujourd’hui, ici nul ḥamīm. »
Dans l’expression « fa-laysa lahu », le pronom « lahu » constitue le prédicat de l’inaccusatif laysa ; « hā-hunā » ne saurait être pris comme prédicat, car le sens deviendrait : « Il n’y a pas ici de nourriture sinon du ġislīn », ce qui est inexact, puisqu’il existe d’autres nourritures. Le groupe de mots « hā-hunā » se rattache au sens verbal implicite contenu dans « lahu ».
Le ḥamīm, en cette occurrence, désigne le proche parent : il n’aura donc aucun parent compatissant pour s’attendrir sur lui et le défendre. Le terme provient de ḥamīm, l’eau bouillante, comme pour figurer l’ami dont le cœur fond et brûle pour son proche.
Quant au ġislīn, c’est un nom sur le schème fiʿlīn dérivé de ġasl (« laver ») ; c’est comme s’il ruisselait de leurs corps : il s’agit du pus des gens de l’Enfer, qui s’écoule de leurs plaies et de leurs parties, selon Ibn ʿAbbâs.
Ad-Daḥḥāk et ar-Rabîʿ ibn Anas ont dit : c’est un arbre que mangent les habitants du Feu.
Le terme ġasl (avec kasra) désigne ce avec quoi l’on lave la tête, telle la mauve et autres plantes.
Al-Akhfash a déclaré : de là vient le mot ġislīn ; il s’agit de ce qui a été lavé – détaché – de la chair et du sang des gens du Feu ; on y a ajouté la yâ’ et la nûn, comme dans le mot ʿifrīn.
Qatādah a dit : c’est la pire et la plus répugnante des nourritures.
Ibn Zayd a affirmé : on n’en connaît pas la nature, pas plus que celle du zaqqûm.
Dans un autre passage, il a dit : « Ils n’auront pour nourriture que du darîʿ » (al-Ghâshiyah, 6) ; il se peut que le darîʿ fasse partie du ġislīn.
D’autres ont soutenu qu’il y a ici inversion syntaxique ; le sens serait alors : « Il n’aura donc, aujourd’hui, ici de ḥamīm que du ġislīn », lequel serait une eau bouillante, et : « et point de nourriture », c’est-à-dire : ils ne disposent d’aucune nourriture dont ils puissent tirer profit.
« Nul ne le mangera sauf les ḫâṭiʾûn », c’est-à-dire les pécheurs.
Ibn ʿAbbâs a dit : il s’agit des polythéistes. Et il récita