Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Mon autorité s’est évanouie loin de moi. »

Exégèse d’Ibn ʿAbbâs : « Ma preuve est anéantie » – telle est également l’opinion de Mudjâhid, ʿIkrima, as-Suddi et ad-Dahhâk.

Ibn Zayd, pour sa part, dit : « Il s’agit de son pouvoir en ce bas-monde, c’est-à-dire la royauté ; or cet homme était obéi parmi les siens. »

Allah – Très-haut – dit : « Saisissez-le donc et entravez-le. » On rapporte que cent mille anges se précipitent vers lui ; on ramène alors sa main à son cou, ce qu’expriment les paroles du Très-Puissant : « et enchaînez-le », c’est-à-dire liez-le avec des carcans.

« Puis précipitez-le dans la Fournaise », c’est-à-dire faites-le brûler dans la Géhenne ; « ensuite, dans une chaîne dont la longueur est de soixante-dix coudées… » – Allah sait mieux de quelle coudée il s’agit, a commenté al-Ḥasan. Ibn ʿAbbâs a dit : « Soixante-dix coudées, selon la coudée de l’ange. »

Nawf a déclaré : « Chaque coudée équivaut à soixante-dix brasses, et chaque brasse dépasse la distance qui te sépare de La Mecque » – il se trouvait alors sur la vaste esplanade de Kūfa.

Muqâtil a dit : « Si l’on posait un seul anneau de cette chaîne sur le sommet d’une montagne, celle-ci fondrait comme fond le plomb. » Kaʿb a affirmé : « Un seul anneau de la chaîne – dont Allah a dit qu’elle mesure soixante-dix coudées – équivaut à tout le fer de ce monde. »

« Faites-la donc pénétrer (en lui). » Sufyân dit : « Il nous est parvenu qu’elle entre par son anus et ressort par sa bouche » – propos confirmé par Muqâtil. Le sens est : « Puis faites parcourir la chaîne dans son corps. » D’autres ont dit : « On lui passe la chaîne autour du cou, puis on le traîne avec. »

Il est rapporté dans un hadith qu’elle entre par son anus et ressort par ses narines ; dans un autre hadith, qu’elle entre par sa bouche et ressort par son anus. Il appelle alors ses compagnons : « Me reconnaissez-vous ? » Ils répondent : « Non, mais nous voyons la honte qui t’accable ; qui es-tu donc ? » Il leur crie : « Je suis Untel, fils d’Untel ; chacun de vous subira la même chose. »

Je (l’auteur) dis : cette exégèse est la plus correcte de toutes celles qui ont été avancées au sujet de ce verset ; elle est corroborée par la parole du Très-haut : « Le Jour où Nous appellerons chaque groupe par son guide » (Al-Isrâʾ, 71). Sur ce point, on trouve également le ḥadith d’Abû Hurayra rapporté par at-Tirmidhî, que nous avons cité dans la sûrah « Subḥân » ; médite-le là-bas.

« Il ne croyait pas en Allah, le Majestueux, et n’exhortait pas à nourrir le pauvre » – c’est-à-dire qu’il n’incitait pas à le sustenter, de même que l’on emploie « don » pour « faire don ».

Le poète a dit :
« Serait-ce de l’ingratitude, après que la mort fut détournée de moi,
et après ton don de cent bêtes paissant en liberté ? »

هَلَكَ عَنِّي سُلْطانِيَهْ تَفْسِيرُ ابْنِ عَبَّاسٍ: هَلَكَتْ عَنِّي حُجَّتِي. وَهُوَ قَوْلُ مُجَاهِدٍ وَعِكْرِمَةَ وَالسُّدِّيِّ وَالضَّحَّاكِ. وَقَالَ ابْنُ زَيْدٍ: يَعْنِي سُلْطَانِيَهْ فِي الدُّنْيَا الَّذِي هُوَ الْمُلْكُ. وَكَانَ هَذَا الرَّجُلُ مُطَاعًا فِي أَصْحَابِهِ، قَالَ اللَّهُ تَعَالَى (خُذُوهُ فَغُلُّوهُ) قِيلَ: يَبْتَدِرُهُ مِائَةُ أَلْفِ مَلَكٍ ثُمَّ تُجْمَعُ يَدُهُ إِلَى عُنُقِهِ وَهُوَ قَوْلُهُ عَزَّ وَجَلَّ: فَغُلُّوهُ أَيْ شُدُّوهُ بِالْأَغْلَالِ (ثُمَّ الْجَحِيمَ صَلُّوهُ) أَيِ اجْعَلُوهُ يَصْلَى الْجَحِيمَ (ثُمَّ فِي سِلْسِلَةٍ ذَرْعُها سَبْعُونَ ذِراعاً) اللَّهُ أَعْلَمُ بِأَيِ ذِرَاعٍ، قَالَهُ الْحَسَنُ. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: سَبْعُونَ ذِرَاعًا بِذِرَاعِ الْمَلَكِ. وَقَالَ نَوْفٌ: كُلُّ ذِرَاعٍ سَبْعُونَ بَاعًا، وَكُلُّ بَاعٍ أَبْعَدُ مَا بَيْنَكَ وَبَيْنَ مَكَّةَ. وَكَانَ فِي رَحْبَةِ الْكُوفَةِ. وَقَالَ مُقَاتِلٌ: لَوْ أَنَّ حَلْقَةً مِنْهَا وُضِعَتْ عَلَى ذِرْوَةِ جَبَلٍ لَذَابَ كَمَا يَذُوبُ الرَّصَاصُ. وَقَالَ كَعْبٌ: إِنَّ حَلْقَةً مِنَ السِّلْسِلَةِ الَّتِي قَالَ اللَّهُ تَعَالَى ذَرْعُهَا سَبْعُونَ ذِرَاعًا- أَنَّ حَلْقَةً مِنْهَا- مِثْلَ جَمِيعِ حَدِيدِ الدُّنْيَا. (فَاسْلُكُوهُ) قَالَ سُفْيَانُ: بَلَغَنَا أَنَّهَا تَدْخُلُ فِي دُبُرِهِ حَتَّى تَخْرُجَ مِنْ فِيهِ. وَقَالَهُ مُقَاتِلٌ. وَالْمَعْنَى ثُمَّ اسْلُكُوا فِيهِ سِلْسِلَةً. وَقِيلَ: تُدْخَلُ عُنُقَهُ فِيهَا ثم يجربها. وَجَاءَ فِي الْخَبَرِ: أَنَّهَا تُدْخَلُ مِنْ دُبُرِهِ وَتُخْرَجُ مِنْ مَنْخِرَيْهِ. وَفِي خَبَرٍ آخَرَ: تُدْخَلُ مِنْ فِيهِ وَتُخْرَجُ مِنْ دُبُرِهِ، فَيُنَادِي أَصْحَابَهُ هَلْ تَعْرِفُونِي؟ فَيَقُولُونَ لَا، وَلَكِنْ قَدْ نَرَى مَا بِكَ مِنَ الْخِزْيِ فَمَنْ أَنْتَ؟ فَيُنَادِي أَصْحَابَهُ أَنَا فُلَانُ بْنُ فُلَانٍ، لِكُلِّ إِنْسَانٍ مِنْكُمْ مِثْلَ هَذَا. قُلْتُ: وَهَذَا التَّفْسِيرُ أَصَحُّ مَا قِيلَ فِي هَذِهِ الْآيَةِ، يَدُلُّ عَلَيْهِ قَوْلُهُ تَعَالَى: يَوْمَ نَدْعُوا كُلَّ أُناسٍ بِإِمامِهِمْ «١» [الاسراء: ٧١] . وَفِي الْبَابِ حَدِيثُ أَبِي هُرَيْرَةَ بِمَعْنَاهُ خَرَّجَهُ التِّرْمِذِيُّ. وَقَدْ ذَكَرْنَاهُ فِي سُورَةِ " سُبْحَانَ" «٢» فَتَأَمَّلْهُ هُنَاكَ. (إِنَّهُ كانَ لَا يُؤْمِنُ بِاللَّهِ الْعَظِيمِ. وَلا يَحُضُّ عَلى طَعامِ الْمِسْكِينِ) أَيْ عَلَى الْإِطْعَامِ، كَمَا يُوضَعُ الْعَطَاءُ مَوْضِعَ الْإِعْطَاءِ. قَالَ الشَّاعِرُ: أَكُفْرًا بَعْدَ رَدِّ الْمَوْتِ عَنِّي ... وَبَعْدَ عَطَائِكَ المائة الرتاعا «٣»
(١). راجع ج ١٠ ص (٣٩٦) (٢). راجع ج ١٠ ص (٣٩٦) [ ..... ] (٣). البيت من قصيدة للقطامى مدح بها زفر بن الحارث الكلابي. قال ابن قتيبة في الشعر والشعراء:" كان القطامي أسره زفر في الحرب التي كانت بين قيس وتغلب فأرادت قيس قتله فحال زفر بينهم ومن عليه وأعطاه مائة من الإبل وأطلقه، فقال: أكفرا إلخ". والرتاع (بكسر الراء): التي ترتع. (راجع خزانة الأدب في الشاهد التاسع والتسعين بعد الخمسمائة).

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