Il est donc prononcé avec l’intention de marquer la pause.
« J’étais convaincu »
– c’est-à-dire : j’ai eu la certitude et j’ai su, d’après Ibn ʿAbbâs et d’autres.
On a également dit : c’est-à-dire : « Je pensais que, si Allah me tenait rigueur de mes méfaits, Il me châtierait ; or Il m’a favorisé par Son pardon et ne m’en a pas tenu compte. »
Al-Ḍaḥḥâk a dit : toute mention du terme « conjecture » (ẓann) dans le Coran lorsqu’elle concerne le croyant renvoie à la certitude, alors que, chez le mécréant, elle désigne le doute.
Mujâhid a dit : la conjecture relative à l’Au-delà est certitude, tandis que celle qui touche la vie d’ici-bas est doute.
Al-Ḥasan, au sujet de ce verset, a déclaré : « Le croyant a une bonne opinion de son Seigneur et, partant, œuvre avec excellence ; l’hypocrite, lui, nourrit une mauvaise opinion de son Seigneur et agit en conséquence. »
« …que je rencontrerai mon compte »
– c’est-à-dire dans l’Au-delà, sans avoir nié la résurrection ; autrement dit, il n’a obtenu le salut que grâce à sa crainte du Jour du Compte, car il était convaincu qu’Allah l’y jugerait et il a donc œuvré pour l’Au-delà.
« Il sera alors dans une vie agréée »
– c’est-à-dire une existence qu’il agrée où rien n’est détestable.
Abû ʿUbaydah et al-Farrâʾ ont dit : « râḍiyah » signifie « marḍiyyah », comme dans l’expression « mâʾun dâfiq », c’est-à-dire « madfûq » (une eau jaillissante).
On a aussi dit : [une vie] « pourvue de satisfaction », c’est-à-dire que son bénéficiaire en est satisfait, à l’instar des termes « lâbin » et « tâmir », soit possesseur de lait et de dattes. Il est rapporté dans le Ṣaḥîḥ, d’après le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue :
« Ils vivront sans jamais mourir, jouiront d’une santé parfaite sans jamais tomber malades, seront comblés de bien-être sans jamais connaître la misère, et resteront jeunes sans jamais vieillir. »
« Dans un Jardin élevé »
– c’est-à-dire d’un prestige immense aux yeux des âmes.
« Ses grappes sont proches »
– autrement dit faciles à cueillir ; le debout, l’assis ou le couché les récolte, comme cela sera explicité dans la sourate « al-Insân » ².
Le mot quṭûf est le pluriel de quṭf (qâf brève) qui désigne ce qu’on cueille comme fruits ; al-qaṭf (avec la voyelle brève) est l’infinitif, et al-qiṭâf (avec ouverture ou cassure) le moment de la cueillette.
« Mangez et buvez »
– il leur sera dit cela –
« en toute délectation », sans trouble ni amertume,
« pour ce que vous avez avancé », c’est-à-dire les bonnes œuvres accomplies,
« dans les jours révolus », c’est-à-dire dans la vie d’ici-bas.
Il dit : « Mangez… » après avoir affirmé : « Il sera dans une vie agréable », en référence à Sa parole : « Quant à celui à qui le Livre sera remis… », qui comporte une signification collective.
Al-Ḍaḥḥâk a mentionné que ce verset fut révélé au sujet d’Abû Salamah ʿAbd Allâh b. ʿAbd al-Asad al-Makhzûmî, avis partagé par Muqâtil. Le verset suivant concerne son frère al-Aswad b. ʿAbd al-Asad, selon Ibn ʿAbbâs et al-Ḍaḥḥâk également, comme le rapporte al-Thaʿlabî. Ainsi, cet homme et son frère furent la cause de la révélation de ces versets, mais leur portée embrasse l’ensemble des gens de malheur et de félicité, comme l’indique la parole du Très-Haut : « Mangez et buvez. »
Et il a été dit :