Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Sa parole – Exalté soit-Il :
« Quant aux ‘Âd, ils furent anéantis par un vent ṣarṣar. »

Ce vent était glacial ; il brûlait par son froid comme le feu brûle. Le terme ṣarṣar est dérivé de aṣ-ṣirr, « le froid » – ainsi l’a expliqué al-Ḍaḥḥāk.

Il a également été dit qu’il s’agissait d’un vent au fracas puissant.

Mujāhid a déclaré : c’est un vent d’une chaleur empoisonnée extrêmement violente.

« furieux (ʿātiya) » : c’est-à-dire qu’il se rebella contre les anges préposés à sa garde ; il ne leur obéit plus et ils ne purent le contenir tant la bourrasque était violente. Il fut courroucé du courroux d’Allah. ‑ On a dit encore : il se déchaîna contre les ‘Âd et les écrasa.

Sufyān ath-Thawrī rapporte, d’après Mūsā b. al-Musayyab, d’après Shahr b. Ḥawshab, d’après Ibn ʿAbbās – qu’Allah l’agrée – que le Messager d’Allah – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit :
« Allah n’a jamais envoyé une bouffée de vent sans qu’elle ne soit mesurée, ni une goutte d’eau sans qu’elle ne soit mesurée, sauf le jour des ‘Âd et le jour de Noé. En effet, l’eau, au temps de Noé, déborda sur les gardiens et ils n’eurent aucune prise sur elle » – puis il récita : « Lorsque l’eau déborda, Nous vous avons transportés dans l’Arche » – « Quant au vent, le jour des ‘Âd, il se révolta contre les gardiens et ils n’eurent aucune prise sur lui » – puis il récita : « par un vent ṣarṣar furieux que Nous avons déchaîné contre eux ». Autrement dit, Il le leur envoya et le lança sur eux.

Le terme tasḫīr signifie : soumettre une chose et l’utiliser par puissance.

« sept nuits et huit jours ḥusūm » : c’est-à-dire successifs, sans relâche ni interruption – selon Ibn ʿAbbās, Ibn Masʿūd et d’autres.

Al-Farrāʾ a dit : ḥusūm signifie « consécutifs » ; le mot provient de la cautérisation d’un mal : on brûle la plaie au fer puis l’on répète l’opération.

ʿAbd al-ʿAzīz b. Zurāra al-Kilābī a dit :
Le temps vint les séparer – longtemps –,
Puis s’enchaînèrent des ans, implacables et ardents.

Al-Mubarrid a déclaré : le terme dérive de ḥasamtu sh-shayʾ ; « j’ai coupé une chose, la séparant de ce qui l’entoure ».

Il a encore été dit : ḥasm signifie l’éradication. L’épée est appelée ḥusām, parce qu’elle tranche l’ennemi et l’empêche d’atteindre le but de son hostilité.

Le poète a dit :
L’épée ḥusām : si tu t’y appuies vaillant,
Le premier coup suffit, nul retour n’est gagnant.

Le sens est donc que ce vent les a ḥasamat : il les a tranchés, anéantis ; c’est le fléau qui coupe par un châtiment d’extermination.

Ibn Zayd a dit : il les a détruits et n’a laissé aucun survivant. Selon lui encore, il a « tranché » les nuits et les jours jusqu’à les consumer entièrement.

قَوْلُهُ تَعَالَى: وَأَمَّا عادٌ فَأُهْلِكُوا بِرِيحٍ صَرْصَرٍ أَيْ بَارِدَةٍ تُحْرِقُ بِبَرْدِهَا كَإِحْرَاقِ النَّارِ، مَأْخُوذٌ مِنَ الصِّرِّ وَهُوَ الْبَرْدُ، قَالَهُ الضَّحَّاكُ. وَقِيلَ: إِنَّهَا الشَّدِيدَةُ الصَّوْتِ. وَقَالَ مُجَاهِدٌ: الشَّدِيدَةُ السَّمُومِ. عاتِيَةٍ أَيْ عَتَتْ عَلَى خُزَّانِهَا فَلَمْ تُطِعْهُمْ، وَلَمْ يُطِيقُوهَا مِنْ شِدَّةِ هُبُوبِهَا، غَضِبَتْ لِغَضَبِ اللَّهِ. وَقِيلَ: عَتَتْ عَلَى عَادٍ فَقَهَرَتْهُمْ. رَوَى سفيان الثوري عن موسى ابن الْمُسَيَّبِ عَنْ شَهْرُ بْنُ حَوْشَبٍ عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ قَالَ: قَالَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: (مَا أَرْسَلَ اللَّهُ مِنْ نَسَمَةٍ «١» مِنْ رِيحٍ إِلَّا بِمِكْيَالٍ وَلَا قَطْرَةٍ مِنْ مَاءٍ إِلَّا بِمِكْيَالٍ إِلَّا يَوْمَ عَادٍ وَيَوْمَ نُوحٍ فَإِنَّ الْمَاءَ يَوْمَ نُوحٍ طَغَى عَلَى الْخُزَّانِ فَلَمْ يَكُنْ لَهُمْ عَلَيْهِ سَبِيلٌ- ثُمَّ قَرَأَ- إِنَّا لَمَّا طَغَى الْماءُ حَمَلْناكُمْ فِي الْجارِيَةِ وَالرِّيحُ لَمَّا كَانَ يَوْمَ عَادٍ عَتَتْ عَلَى الْخُزَّانِ فَلَمْ يَكُنْ لَهُمْ عَلَيْهَا سَبِيلٌ- ثُمَّ قَرَأَ- بِرِيحٍ صَرْصَرٍ عاتِيَةٍ سَخَّرَها عَلَيْهِمْ) أَيْ أَرْسَلَهَا وَسَلَّطَهَا عَلَيْهِمْ. وَالتَّسْخِيرُ: اسْتِعْمَالُ الشَّيْءِ بِالِاقْتِدَارِ. (سَبْعَ لَيالٍ وَثَمانِيَةَ أَيَّامٍ حُسُوماً) أَيْ مُتَتَابِعَةً لَا تَفْتُرُ وَلَا تَنْقَطِعُ، عَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ وَابْنِ مَسْعُودٍ وَغَيْرِهِمَا. قَالَ الْفَرَّاءُ: الْحُسُومُ التِّبَاعُ، مِنْ حَسْمِ الدَّاءِ إِذَا كُوِيَ صَاحِبُهُ، لِأَنَّهُ يُكْوَى بِالْمِكْوَاةِ ثُمَّ يُتَابَعُ ذَلِكَ عَلَيْهِ. قَالَ عَبْدُ الْعَزِيزِ بْنُ زُرَارَةَ الْكِلَابِيُّ: فَفَرَّقَ بَيْنَ بَيْنِهِمْ «٢» زَمَانٌ ... تَتَابَعَ فِيهِ أَعْوَامٌ حُسُومُ وَقَالَ الْمُبَرِّدُ: هُوَ مِنْ قَوْلِكَ حَسَمْتُ الشَّيْءَ إِذَا قَطَعْتَهُ وَفَصَلْتَهُ عَنْ غَيْرِهِ. وَقِيلَ: الْحَسْمُ الِاسْتِئْصَالُ. وَيُقَالُ لِلسَّيْفِ حُسَامٌ، لِأَنَّهُ يَحْسِمُ الْعَدُوَّ عَمَّا يُرِيدُهُ مِنْ بُلُوغِ عَدَاوَتِهِ. وَقَالَ الشَّاعِرُ: حُسَامٌ إِذَا قُمْتَ مُعْتَضِدًا بِهِ ... كَفَى الْعَوْدَ مِنْهُ الْبَدْءُ لَيْسَ بِمِعْضَدِ «٣» وَالْمَعْنَى أَنَّهَا حَسَمَتْهُمْ، أَيْ قَطَعَتْهُمْ وَأَذْهَبَتْهُمْ. فَهِيَ الْقَاطِعَةُ بِعَذَابِ الِاسْتِئْصَالِ. قَالَ ابْنُ زَيْدٍ: حَسَمَتْهُمْ فَلَمْ تُبْقِ مِنْهُمْ أَحَدًا. وَعَنْهُ أَنَّهَا حَسَمَتِ اللَّيَالِيَ وَالْأَيَّامَ حَتَّى استوعبتها.
(١). وردت هذه الكلمة في نسخ الأصل:" نسفه" بالفاء. والذي في الزمخشري:" سفيه". (٢). البين: من الأضداد، يطلق على الوصل وعلى الفرقة. (٣). المعضد والمعضاد (بكسر الميم): من السيوف الممتهن في قطع الشجر.

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