et les morsures de sa langue – pluriel de qârisa – désignent la parole blessante.
Quant aux « coups assénés » du Coran : ce sont les versets qu’une personne récite lorsqu’elle est effrayée par les jinns ou les hommes, tel le Verset du Trône ; on dirait qu’ils frappent le démon.
Il a été dit encore que le terme al-Qâriʿa vient de al-qurʿa (le tirage au sort) parce qu’elle élève un peuple et en abaisse un autre ; c’est l’avis d’al-Mubarrid.
D’autres ont affirmé qu’al-Qâriʿa désigne le châtiment qui les atteignit ici-bas ; leur Prophète les en menaçait et ils le traitaient de menteur. Les Thamûd sont le peuple de Ṣâliḥ ; leurs habitations se trouvaient à al-Ḥijr, entre le Shâm et le Ḥijâz.
Muḥammad b. Isḥâq dit : il s’agit de Wâdî al-Qurâ ; ils étaient des Arabes. Quant aux ‘Âd, c’est le peuple de Hûd ; leurs demeures se situaient à al-Aḥqâf.
Al-Aḥqâf est la région sablonneuse qui s’étend d‘Omân jusqu’à Ḥaḍramawt et tout le Yémen ; ils étaient des Arabes à la haute stature et à la grande vigueur, comme l’a rapporté Muḥammad b. Isḥâq. Tout cela a déjà été mentionné.
[Sourate al-Ḥâqqa (69) : verset 5]
« Quant aux Thamûd, ils furent anéantis par la Tāghiya. » (5)
Il y a ici ellipse : c’est-à-dire par l’acte tyrannique.
Qatâdah a dit : c’est le Cri dévastateur, qui dépasse toute mesure, c’est-à-dire la limite des cris tant il est terrifiant, comme dans Sa parole : « Nous avons certes lancé contre eux un seul Cri, et ils devinrent comme le chaume d’un enclos. » [al-Qamar : 31].
Le terme ṭughyân signifie le dépassement de la limite ; ainsi, dans Sa parole : « Lorsque l’eau déborda » [al-Ḥâqqa : 11], c’est-à-dire qu’elle franchit la limite.
Al-Kalbî dit : « par la Tāghiya » : par la foudre.
Mujâhid dit : par leurs péchés.
Al-Ḥasan dit : par leur excès ; c’est ici un nom d’action, comme al-kâdhiba, al-ʿâqiba ou al-ʿâfiya ; autrement dit, ils furent anéantis pour leur excès et leur mécréance.
Il a été soutenu encore que la Tāghiya désigne l’homme qui égorgea la chamelle, selon Ibn Zayd : ils furent détruits pour ce qu’avait fait leur tyran en abattant la chamelle ; bien qu’il fût seul, tous périrent, car ils agréèrent son acte et l’appuyèrent.
On l’a appelé Tāghiya comme on dit : un tel est Râwiya de poésie, Dâhiya, ‘Allâma ou Nassâba.
[Sourate al-Ḥâqqa (69) : versets 6-7]
« Quant aux ‘Âd, ils furent anéantis par un vent mugissant et furieux, que (Allah) fit sévir contre eux sept nuits et huit jours d’affilée ; tu voyais alors les gens gisant, foudroyés, comme s’ils étaient les troncs desséchés de palmiers renversés. » (6-7)