Sa parole – exalté soit-Il : «Supporte avec patience le jugement de ton Seigneur.» Autrement dit : Son décret, car ici le mot « ḥukm » signifie « qadâʾ » (décret).
On a également dit : «Endure ce que ton Seigneur a décrété pour toi, à savoir la transmission du Message.»
Ibn Baḥr a déclaré : «Patiente en vue du secours de ton Seigneur.»
Qatādah a dit : «Ne sois ni pressé ni irrité, car ton triomphe est immanquable.»
D’autres ont soutenu que ce verset est abrogé par l’«ayatu s-sayf» (le verset du Sabre).
«Et ne sois pas comme le Compagnon du Poisson» : c’est-à-dire Yûnus – sur lui la paix – ; ne lui ressemble pas dans la colère, l’ennui et la précipitation.
Qatādah a expliqué : «Allāh – Très-haut – réconforte Son Prophète – que les prières et la paix d’Allāh soient sur lui – et lui ordonne la patience, qu’il ne se hâte pas comme le fit le Compagnon du Poisson, dont l’histoire a déjà été rapportée dans les sourates Yûnus, al-Anbiyāʾ et aṣ-Ṣâffāt.»
Quant à la différence entre l’usage des termes «dhî» et «ṣâḥib» dans la sourate Yûnus, elle a déjà été exposée ; il n’est donc pas nécessaire d’y revenir.
«Lorsqu’il invoqua» : autrement dit, lorsqu’il pria dans le ventre du poisson : «Il n’est de divinité que Toi ! Gloire à Toi ! J’ai assurément été du nombre des injustes.» (al-Anbiyāʾ, 87).
«Alors qu’il était makẓûm» : c’est-à-dire rempli de tristesse.
Il a également été dit : oppressé par l’angoisse ; premier avis rapporté d’Ibn ʿAbbâs et Mujâhid, le second dʿAtâʾ et Abû Mâlik.
Al-Mâwardî a précisé : la tristesse (ghamm) se situe dans le cœur, tandis que l’angoisse (karb) concerne la respiration.
D’autres ont dit : «makẓûm» signifie retenu ; «al-kazm» désigne la rétention, d’où l’expression : «Un tel a contenu sa colère», c’est-à-dire qu’il l’a réprimée – propos d’Ibn Baḥr.
Selon al-Mubarrid, il s’agit de celui dont le «kazm» (le passage de l’air) est comprimé. Cette explication a déjà été mentionnée, entre autres, dans la sourate Yûsuf.
(Sourate al-Qalam, 68 : 49-50)
«N’eût été qu’une grâce de son Seigneur le saisît, il eût été rejeté, nu, sur la terre aride et voué au blâme. (49) Son Seigneur le choisit alors et le fit entrer parmi les gens de bien. (50)»
Sa parole – exalté soit-Il :
«N’eût été qu’une grâce de son Seigneur le saisît…»
La lecture la plus répandue lit «tadârakahu». Ibn Hurmuz et al-Ḥasan lisent «taddâraku-hu» – avec redoublement du dâl ; il s’agit d’un présent dont la lettre «tâʼ» a été assimilée dans le dâl ; cette forme relève du style de la narration au présent, comme s’il disait : «N’eût été qu’on dise à son sujet : “Une grâce ne cesse de le rattraper.”»
Ibn ʿAbbâs et Ibn Masʿûd ont lu «tadârakat-hu», lecture contraire à l’orthographe canonique.
Le verbe «tadârakah» est un passé au masculin bien que son sujet soit le mot «niʿma» (faveur) au féminin : il est ainsi fléchi selon le sens, le féminin de «niʿma» n’étant pas un féminin réel