Sa parole – exalté soit-Il :
« Et pourtant ils étaient appelés à la prosternation,
alors qu’ils étaient sains et saufs. »
c’est-à-dire : dans la vie d’ici-bas.
« alors qu’ils étaient sains et saufs » :
indemnes, en pleine santé.
Ibrâhîm at-Taymî a dit :
ils étaient interpellés par l’adhân et l’iqâma, mais ils refusaient.
Saʿîd ibn Jubayr a dit :
ils entendaient l’appel « ḥayya ʿala l-falâḥ » et ne répondaient pas.
Kaʿb al-Aḥbâr a dit :
Par Allah, ce verset n’a été révélé qu’au sujet de ceux qui se dérobent aux prières en congrégation.
On a également dit :
c’est-à-dire par la charge légale qui leur était imposée ; le sens est voisin. Dans la sourate « al-Baqarah », nous avons déjà traité de l’obligation de la prière en congrégation¹.
Al-Rabîʿ ibn Khaytham, atteint d’hémiplégie, était conduit entre deux hommes jusqu’à la mosquée.
On lui dit : « Ô Abû Yazîd, si tu priais chez toi, tu en aurais la permission. »
Il répondit : « Que celui qui entend “ḥayya ʿala l-falâḥ” réponde, fût-ce en rampant. »
On dit à Saʿîd ibn al-Musayyab : « Un homme veut te tuer ; cache-toi. »
Il répondit : « Serait-ce donc dans un lieu où Allah n’aurait pas pouvoir sur moi ? »
On lui dit : « Reste chez toi. »
Il répliqua : « J’entends “ḥayya ʿala l-falâḥ” et je ne répondrais pas ! »
(Sourate al-Qalam, 68 : 44-45)
« Laisse-Moi donc, ainsi que celui qui traite de mensonge ce discours ; Nous les attirerons graduellement, de là où ils ne s’en doutent pas,
et Je leur accorderai un délai ; certes Mon stratagème est solide. »
Sa parole – exalté soit-Il :
« Laisse-Moi donc » :
c’est-à-dire, laisse-Moi faire.
« et celui qui traite de mensonge » :
le mot « celui » est soit complément associé, soit coordonné au pronom « Moi ».
« ce discours » :
c’est le Coran, selon as-Suddî. – Il a aussi été dit : le Jour de la Résurrection. – C’est là un réconfort pour le Prophète ﷺ : « C’est Moi qui les rétribuerai et Me vengerai d’eux. »
Puis Il dit : « Nous les attirerons graduellement, de là où ils ne s’y attendent pas », c’est-à-dire : Nous les saisirons à l’improviste, sans qu’ils le pressentent ; ils furent ainsi châtiés le jour de Badr.
Sufyân ath-Thawrî a dit : Nous leur prodiguons les bienfaits et leur faisons oublier la gratitude.
Al-Ḥasan a dit : Que de gens sont attirés graduellement par les bienfaits qu’on leur accorde ! Que d’autres sont éprouvés par les louanges qu’on leur adresse ! Et que de dupes sont trompés par le voile qui couvre leurs fautes.
Abû Rawq a dit : c’est-à-dire : chaque fois qu’ils commettent une faute, Nous leur renouvelons un bienfait et leur faisons oublier la demande de pardon.
Ibn ʿAbbâs a dit : Nous userons de ruse contre eux.
Et l’on a dit : le sens est que Nous les saisirons peu à peu, sans les surprendre d’un seul coup. – Et dans un ḥadîth, il est rapporté qu’« un homme des Banû Isrâ’îl dit : “Ô Seigneur ! Combien je Te désobéis… ” »
——————————
¹ Voir, dans le commentaire de la sourate « al-Baqarah », la discussion relative au caractère obligatoire de la prière en congrégation.