Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

« Certes, tu es doué de raison » – avec la kasra. Ainsi, le terme régent de l’énoncé : « Innâ lakum fîhi lamâ takhayyarûn » est, pour le sens, « tadrusûna » (« vous étudiez »), et la présence de la lâm a empêché « inna » de porter la fatḥa.

On a également dit : le discours s’achève à Son propos : « tadrusûna », puis Il reprend en ces termes : « Innâ lakum fîhi lamâ takhayyarûn », c’est-à-dire : « Auriez-vous donc, dans ce Livre, ce que vous choisissez ? » Autrement dit : vous ne disposez d’aucun droit de la sorte. Dans chacune des deux occurrences de « fîhi », le pronom renvoie au Livre.

Puis Il renchérit dans le blâme en disant :

« Ou bien avez-vous des serments » – c’est-à-dire des pactes et des engagements – « contre Nous, contraignants », c’est-à-dire fermes et confirmés. Le terme « bâlighah » signifie : puissamment attestés au Nom d’Allâh, exalté soit-Il ; autrement dit : possédez-vous des engagements auprès d’Allâh, sur la foi desquels vous vous seriez assurés qu’Il vous fera entrer au Paradis ?

« Qu’il vous reviendrait assurément ce que vous décrétez. » – Le mot « aymân » (serments) a reçu la kasra du fait de l’entrée de la lâm dans le prédicat ; il dépend syntaxiquement de « aymân », dont la position aurait dû être l’accusatif, mais a été « cassé » (mis au kasra) à cause de la lâm. On dira par exemple : « J’ai juré qu’il t’appartiendrait bel et bien telle chose. »

D’autres ont dit : le discours s’arrête à Son propos : « … jusqu’au Jour de la Résurrection », puis Il reprend : « Innâ lakum lamâ taḥkumûn idhan », c’est-à-dire : la réalité n’est pas telle que vous le prétendez.

Ibn Hurmuz a, pour sa part, lu : « Ayna lakum fîhi lamâ takhayyarûn … ayna lakum lamâ taḥkumûn », en formulant l’interrogation dans les deux passages.

Al-Ḥasan al-Baṣrî a lu « bâlighatan » à l’accusatif, en fonction de l’état (ḥâl) : soit relié au pronom contenu dans « lakum » – car celui-ci est prédicat de « aymân » et contient donc son pronom – soit relié au pronom contenu dans « ʿalaynâ », si l’on considère que « ʿalaynâ » est un attribut décrivant les serments, et ne dépend pas du mot « aymân » lui-même ; il est également permis d’y voir un état se rapportant à « aymân », bien que ce dernier soit indéfini, tout comme il est admis de placer « ḥaqqan » à l’accusatif, en fonction d’état, à partir de « matâʿun » dans la parole du Très-Haut : « Une jouissance convenable, un droit [obligatoire] pour les pieux »[1] (al-Baqarah, 2 : 241).

La majorité lit néanmoins « bâlighatun » au nominatif, en tant qu’adjectif qualificatif de « aymân ».

(Al-Qalam, 68 : 40-41)
« Interroge-les : lequel d’entre eux garantit pareille chose ? » (40)
« Ou ont-ils des associés ? Qu’ils fassent donc venir leurs associés, s’ils sont véridiques » (41).

Parole du Très-Haut :

« Interroge-les : lequel d’entre eux garantit pareille chose ? », c’est-à-dire : Ô Muḥammad, demande à ceux qui osent Me prêter de tels propos : lequel d’entre eux se porte garant de ce qui vient d’être mentionné, à savoir qu’il leur reviendrait, en termes de bien, ce qui revient aux musulmans.

Le terme « zaʿîm » signifie : « kafîl » (garant, caution) et « ḍamîn » (responsable), selon Ibn ʿAbbâs et Qatâdah. Ibn Kaysân a dit : ici, « zaʿîm » désigne celui qui assume la démonstration et la revendication.

[1] Coran, 2 : 241.

إِنَّكَ لَعَاقِلٌ (بِالْكَسْرِ) . فَالْعَامِلُ فِي إِنَّ لَكُمْ فِيهِ لَما تَخَيَّرُونَ تَدْرُسُونَ فِي الْمَعْنَى. وَمَنَعَتِ اللَّامُ مِنْ فَتْحِ إِنَّ. وَقِيلَ: تَمَّ الْكَلَامُ عِنْدَ قَوْلِهِ: تَدْرُسُونَ ثُمَّ ابْتَدَأَ فَقَالَ: إِنَّ لَكُمْ فِيهِ لَما تَخَيَّرُونَ أَيْ إِنَّ لَكُمْ فِي هَذَا الْكِتَابِ إِذًا مَا تَخَيَّرُونَ، أَيْ لَيْسَ لَكُمْ ذَلِكَ. وَالْكِنَايَةُ فِي فِيهِ الْأُولَى وَالثَّانِيَةِ رَاجِعَةٌ إِلَى الْكِتَابِ. ثُمَّ زَادَ فِي التَّوْبِيخِ فَقَالَ: (أَمْ لَكُمْ أَيْمانٌ) أَيْ عُهُودٌ وَمَوَاثِيقُ. (عَلَيْنا بالِغَةٌ) مُؤَكَّدَةٌ. وَالْبَالِغَةُ الْمُؤَكَّدَةُ بِاللَّهِ تَعَالَى. أَيْ أَمْ لَكُمْ عُهُودٌ عَلَى اللَّهِ تَعَالَى اسْتَوْثَقْتُمْ بِهَا فِي أَنْ يُدْخِلَكُمُ الْجَنَّةَ. (إِنَّ لَكُمْ لَما تَحْكُمُونَ) كسرت أَيْمانٌ لِدُخُولِ اللَّامِ فِي الْخَبَرِ. وَهِيَ مِنْ صِلَةِ أَيْمانٌ، وَالْمَوْضِعُ النَّصْبُ وَلَكِنْ كُسِرَتْ لِأَجْلِ اللَّامِ، تَقُولُ: حَلَفْتُ إِنَّ لَكَ لَكَذَا. وَقِيلَ: تَمَّ الْكَلَامُ عِنْدَ قَوْلِهِ: إِلى يَوْمِ الْقِيامَةِ ثُمَّ قَالَ: إِنَّ لَكُمْ لَما تَحْكُمُونَ إِذًا، أَيْ لَيْسَ الْأَمْرُ كَذَلِكَ. وَقَرَأَ ابْنُ هُرْمُزَ " أَيْنَ لَكُمْ فِيهِ لَمَا تَخَيَّرُونَ" أَيْنَ لَكُمْ لَمَا تَحْكُمُونَ"، بِالِاسْتِفْهَامِ فِيهِمَا جَمِيعًا. وَقَرَأَ الْحَسَنُ الْبَصْرِيُّ (بَالِغَةً) بِالنَّصْبِ عَلَى الْحَالِ، إِمَّا مِنَ الضَّمِيرِ فِي لَكُمْ لِأَنَّهُ خَبَرٌ عَنْ أَيْمانٌ فَفِيهِ ضَمِيرٌ مِنْهُ. وَإِمَّا مِنَ الضَّمِيرِ فِي عَلَيْنا إِنْ قَدَّرْتَ عَلَيْنا وَصْفًا لِلْأَيْمَانِ لَا مُتَعَلِّقًا بِنَفْسِ الْأَيْمَانِ، لِأَنَّ فِيهِ ضَمِيرًا مِنْهُ، كَمَا يَكُونُ إِذَا كَانَ خَبَرًا عَنْهُ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ حَالًا مِنْ أَيْمانٌ وَإِنْ كَانَتْ نَكِرَةً، كَمَا أَجَازُوا نَصْبَ حَقًّا عَلَى الْحَالِ مِنْ مَتاعٌ فِي قَوْلِهِ تَعَالَى: مَتاعٌ بِالْمَعْرُوفِ حَقًّا عَلَى الْمُتَّقِينَ «١» [البقرة: ٢٤١] . وَقَرَأَ الْعَامَّةُ بالِغَةٌ بِالرَّفْعِ نَعْتٌ لِ أَيْمانٌ. [سورة القلم (٦٨) : الآيات ٤٠ الى ٤١] سَلْهُمْ أَيُّهُمْ بِذلِكَ زَعِيمٌ (٤٠) أَمْ لَهُمْ شُرَكاءُ فَلْيَأْتُوا بِشُرَكائِهِمْ إِنْ كانُوا صادِقِينَ (٤١) قَوْلُهُ تَعَالَى: (سَلْهُمْ أَيُّهُمْ بِذلِكَ زَعِيمٌ) أَيْ سَلْ يَا مُحَمَّدُ هَؤُلَاءِ الْمُتَقَوِّلِينَ عَلَيَّ: أَيُّهُمْ كَفِيلٌ بِمَا تَقَدَّمَ ذِكْرُهُ. وَهُوَ أَنَّ لَهُمْ مِنَ الْخَيْرِ «٢» مَا لِلْمُسْلِمِينَ. وَالزَّعِيمُ: الْكَفِيلُ وَالضَّمِينُ، قَالَهُ ابْنُ عَبَّاسٍ وَقَتَادَةُ. وَقَالَ ابْنُ كَيْسَانَ: الزَّعِيمُ هُنَا القائم بالحجة والدعوى. وقال الحسن:
(١). راجع ج ٣ ص ٢٢٨. (٢). زيادة يقتضيها السياق.

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