Ibn ʿAbbâs a dit : « Ce récit est une parabole concernant les habitants de La Mecque lorsqu’ils sortirent pour (la bataille de) Badr. Ils jurèrent qu’ils tueraient assurément Muḥammad – paix et bénédictions d’Allah sur lui – ainsi que ses compagnons, qu’ils reviendraient(1) à La Mecque, feraient le tawâf autour de la Maison, boiraient du vin et que les chanteuses frapperaient leurs tambourins au-dessus de leurs têtes. Allah déçut leur attente : ils furent faits prisonniers, tués et mis en déroute, tout comme les propriétaires de ce jardin lorsqu’ils sortirent résolus à en récolter (les fruits) et furent frustrés.
Il fut ensuite dit : le droit qu’ont refusé aux pauvres les compagnons du verger peut s’entendre comme une obligation qui leur incombait, ou comme une aumône surérogatoire ; la première option est la plus manifeste – et Allah est Le plus Savant.
D’autres ont soutenu : la sourate est mecquoise ; il est donc peu probable que le verset se rapporte à la sécheresse qui frappa les Mecquois ou au combat de Badr.
[Sourate Al-Qalam (68), versets 34 à 39]
34. « Certes, pour les pieux, auprès de leur Seigneur, se trouvent des Jardins de délice. »
35. « Allons-Nous donc traiter les musulmans comme les criminels ? »
36. « Qu’avez-vous donc ? Comment jugez-vous ! »
37. « Ou bien avez-vous un Livre où vous étudiez »
38. « qu’il y aurait assurément pour vous, dans ce Livre, ce que vous choisissez ? »
39. « Ou avez-vous sur Nous des serments contraignants, valables jusqu’au Jour de la Résurrection, selon lesquels il vous reviendrait ce que vous décrétez ? »
Parole du Très-Haut :
« Certes, pour les pieux, auprès de leur Seigneur, il y a des Jardins de délice. »
L’explication en a déjà été donnée : dans l’Au-delà, les pieux auront des jardins où seule existe une jouissance pure, nullement entachée de ce qui la trouble, contrairement aux jardins d’ici-bas.
Les notables de Quraych voyaient l’abondance de leur part dans ce monde et la maigreur de la part des musulmans. Lorsqu’ils entendaient parler de l’Au-delà et des promesses qu’Allah a faites aux croyants, ils disaient : « Si ce que prétendent Muḥammad et ceux qui sont avec lui est vrai et que nous soyons ressuscités, notre situation et la leur ne différeront guère de celle d’ici-bas ; ils ne nous surpasseront pas et ne nous seront pas supérieurs ; au mieux, ils seront nos égaux. »
Il fut alors révélé :
« Allons-Nous donc traiter les musulmans comme les criminels ? », c’est-à-dire comme les mécréants.
Ibn ʿAbbâs et d’autres ont rapporté : les mécréants de La Mecque dirent : « Dans l’Au-delà, nous recevrons mieux que ce que vous recevrez. » – C’est alors que descendit : « Allons-Nous donc traiter les musulmans comme les criminels ? »
Puis Il les blâma : « Qu’avez-vous donc ? Comment jugez-vous ? » – quel jugement tortueux ! Comme si l’affaire de la rétribution vous était confiée et que vous décidiez, à votre guise, qu’il vous reviendra des bienfaits semblables à ceux des musulmans.
« Ou bien avez-vous un Livre dans lequel vous étudiez » – possédez-vous une Écriture où vous trouvez que l’obéissant est traité comme le désobéissant ?
« qu’il y aurait assurément pour vous, dans ce Livre, ce que vous choisissez » – ce que vous sélectionnez et convoitez.
Le sens est que la particule “an” devrait normalement être fatha, mais elle a été mise au kasra en raison de l’entrée de la lâm, comme dans l’exemple : « J’ai su que tu es intelligent », etc.