du fait que nous avons privé les pauvres.
« Puis ils se tournèrent les uns vers les autres en se reprochant mutuellement » : chacun blâmait l’autre à propos de leur serment et de l’exclusion des nécessiteux, en disant : « C’est plutôt toi qui nous as suggéré cela ! »
« Malheur à nous ! Nous avons été certes des transgresseurs », c’est-à-dire des désobéissants pour avoir refusé le droit des pauvres et omis l’exception.
Ibn Kaysân a dit : « Nous avons outrepassé les bienfaits d’Allah ; nous ne Les avons pas remerciés comme nos pères les avaient remerciés auparavant. »
« Il se peut que notre Seigneur nous remplace (ce jardin) par meilleur ». Ils conclurent un pacte et dirent : « Si Allah nous en accorde un meilleur, nous agirons comme nos ancêtres. » Ils invoquèrent donc Allah, L’implorèrent, et Allah, dès cette même nuit, leur donna ce qui valait mieux : Il ordonna à Jibrîl d’arracher ce verger calciné et de le transporter à Zughar(1) au pays du Shâm, puis de prendre un jardin du Shâm et de le placer à sa place.
Ibn Masʿûd a dit : « Ces gens se sont montrés sincères, et Allah a connu la véracité de leur repentir ; Il leur substitua un verger nommé Al-Ḥayawân, où une seule grappe de raisin doit être portée par un mulet. »
Le Yéménite Abû Khâlid a rapporté : « Je suis entré dans ce jardin ; chaque grappe y était semblable à un homme noir debout. »
Al-Ḥasan a déclaré : « Quant à la parole des compagnons du verger – “Certes, c’est vers notre Seigneur que nous nous tournons avec désir” –, j’ignore si elle procède d’une foi véritable ou ressemble à la parole des polythéistes quand l’épreuve les atteint ; l’on s’abstient donc de trancher sur leur foi. »
Qatâdah fut interrogé : « Les compagnons du verger sont-ils des gens du Paradis ou des gens du Feu ? » Il répondit : « Tu m’as imposé là une tâche pénible ! »
La plupart des savants, rapporte Al-Qushayrî, disent néanmoins qu’ils se repentirent et purifièrent leur intention.
Dans la lecture courante on lit يُبْدِلَنا (yubdilana) avec allègement ; les gens de Médine et Abû ʿAmr la lisent avec redoublement (yubaddilana) : deux dialectes valables.
On a dit encore : at-tabdîl consiste à changer une chose ou son état tout en maintenant son essence, tandis que al-ibdâl est le fait d’ôter la chose pour en mettre une autre à sa place – sujet déjà traité dans la sourate « An-Nisâ’ »(2).
Sourate Al-Qalam (68), verset 33 :
« Ainsi est le châtiment, et certes le châtiment de l’Au-delà est plus grand, s’ils savaient ! »
Parole du Très-Haut : « Ainsi est le châtiment » – c’est-à-dire le châtiment d’ici-bas et la ruine des biens, selon Ibn Zayd.
Et il a été dit : ce verset est une exhortation adressée aux Mecquois afin qu’ils reviennent à Allah, lorsque Celui-ci les éprouva par la sécheresse à la suite de l’invocation du Prophète – paix et bénédictions d’Allah sur lui. Autrement dit, ce que Nous leur avons fait, Nous le ferons à quiconque transgresse Nos limites en ce monde ; « et le châtiment de l’Au-delà est plus grand encore, s’ils savaient ! »