Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Al-Mubarrad a dit :
« al-mughillah est celle qui possède la g̱alla, c’est-à-dire une récolte abondante. »

D’autres ont expliqué :
« al-mughillah est le verger où l’eau s’écoule dans ses ghulal[1], c’est-à-dire au pied de ses troncs. »
De là l’expression : taghallaltu bi-l-ghāliyah (« je me suis imprégné du parfum al-ghāliyah »), et aussi taghallaytu, où l’on a remplacé la deuxième lām par un yā’. Quant à celui qui dit taghallaf(tu), il le comprend au sens de : « je l’ai prise pour enveloppe (ghilāf). »

Qatādah et Mujāhid ont dit : « ʿalā ḥard » signifie « avec zèle et résolution ».

Al-Ḥasan : « dans le besoin et l’indigence ».

Abū ʿUbaydah et al-Qutaybī : « ʿalā ḥard » veut dire « dans le refus », d’après leur expression : ḥāradati l-ibilu ḥirādan – les chamelles donnent alors peu de lait ; la chamelle ḥurūd est celle dont la traite est maigre, et l’on dit : ḥāradati s-sanatu lorsque l’année est avare de pluie et de bienfaits.

As-Suddi et Sufyān : « ʿalā ḥard » signifie « dans la colère » ; ḥard désigne en effet la colère.

Abū Naṣr Aḥmad b. Ḥātim, disciple d’al-Aṣmaʿī, précise qu’il s’agit d’un mot allégé et il cite ce vers :
« Lorsque les nobles coursiers arrivent d’un bond,
gonflés de courroux et de ḥard. »

Ibn al-Sikkīt dit : le mot peut aussi être vocalisé ; on dira alors : ḥurida (avec kasra) ḥardan ; on aura ainsi ḥārid et ḥardān.
On dit par exemple : « un lion ḥārid » ; au pluriel : « des lions ḥawārid ».

Il a également été dit : « ʿalā ḥard » signifie « dans la solitude ».

On dit en effet : ḥarada – yaḥridu, ḥurūdan : il s’est écarté de son peuple, s’est établi à l’écart et ne s’est plus mêlé à eux.

Abū Zayd dit : on parle d’« un homme ḥarīd » issu d’un peuple ḥuradāʾ ; on dit aussi ḥarada – yaḥridu, ḥurūdan lorsqu’un homme quitte les siens pour s’en éloigner. On dit encore : « une étoile ḥarīd », c’est-à-dire isolée des autres astres.

Al-Aṣmaʿī : « un homme ḥarīd », c’est-à-dire unique, solitaire ; et, dans la langue des Banū Hudhayl, « al-munḥarid » signifie « solitaire ».
Il a ensuite récité pour Abū Dhuʾayb :
« Tel un astre dans l’azur, isolé (munḥarid). »
Abū ʿAmr l’a transmis avec la lettre jīm et l’a expliqué par : « solitaire ». Il précise qu’il s’agit de l’étoile Suhayl (Canopus).

Al-Azhari a dit : ḥard est le nom de leur village.

As-Suddi : c’est le nom de leur verger ; le mot connaît deux formes : ḥard et ḥarad. La majorité des lecteurs prononcent avec sukūn, tandis qu’Abū l-ʿĀliyah et Ibn as-Samayqaʿ le lisent avec fatḥah ; ce sont deux dialectes reconnus.

Le terme « qādirīn » signifie, selon al-Farrāʾ, qu’ils avaient déjà calculé leur affaire et l’avaient fondée sur ce calcul.

Qatādah explique : ils se croyaient, à leurs propres yeux, capables de disposer de leur jardin.

Ash-Shaʿbī : « qādirīn » indique qu’ils dominaient les pauvres.

D’autres ont dit encore : le mot renvoie ici à l’aisance ; ils ont refusé (de donner) alors qu’ils étaient comblés.

[1] Les ghulal : racines ou canaux à la base des arbres, où l’eau s’infiltre.

قَالَ الْمُبَرِّدُ: الْمُغِلَّةُ ذَاتُ الْغَلَّةِ. وَقَالَ غَيْرُهُ: الْمُغِلَّةُ الَّتِي يَجْرِي الْمَاءُ فِي غُلَلِهَا «١» أَيْ فِي أُصُولِهَا. وَمِنْهُ تَغَلَّلْتُ بِالْغَالِيَةِ. وَمِنْهُ تَغَلَّيْتُ، أَبْدَلَ مِنَ اللَّامِ يَاءً. وَمَنْ قَالَ تَغَلَّفْتُ فَمَعْنَاهُ عِنْدَهُ جَعَلْتُهَا غِلَافًا. وَقَالَ قَتَادَةُ وَمُجَاهِدٌ: عَلى حَرْدٍ أَيْ عَلَى جَدٍّ. الْحَسَنُ: عَلَى حَاجَةٍ وَفَاقَةٍ. وَقَالَ أَبُو عُبَيْدَةَ وَالْقُتَيْبِيُّ: عَلَى حَرْدٍ عَلَى مَنْعٍ، مِنْ قَوْلِهِمْ حَارَدَتِ الْإِبِلُ حِرَادًا أَيْ قَلَّتْ أَلْبَانُهَا. وَالْحُرُودُ مِنَ النُّوقِ الْقَلِيلَةُ الدَّرِّ. وَحَارَدَتِ السَّنَةَ قَلَّ مَطَرُهَا وَخَيْرُهَا. وَقَالَ السُّدِّيُّ وَسُفْيَانُ: عَلى حَرْدٍ عَلَى غَضَبٍ. وَالْحَرْدُ الْغَضَبُ. قَالَ أَبُو نَصْرٍ أَحْمَدُ بْنُ حَاتِمٍ صَاحِبُ الْأَصْمَعِيِّ: وَهُوَ مُخَفَّفٌ، وَأَنْشَدَ شِعْرًا: إِذَا جِيَادُ الْخَيْلِ جَاءَتْ تَرْدِي ... مَمْلُوءَةً مِنْ غَضَبٍ وَحَرَدِ وَقَالَ ابْنُ السِّكِّيتِ: وَقَدْ يُحَرَّكُ تَقُولُ مِنْهُ: حُرِدَ (بِالْكَسْرِ) حَرْدًا، فَهُوَ حَارِدٌ وَحَرْدَانُ. وَمِنْهُ قِيلَ: أَسَدٌ حَارِدٌ، وَلُيُوثٌ حَوَارِدُ. وَقِيلَ: عَلى حَرْدٍ عَلَى انْفِرَادٍ. يُقَالُ: حَرَدَ يَحْرِدُ حُرُودًا، أَيْ تَنَحَّى عَنْ قَوْمِهِ وَنَزَلَ مُنْفَرِدًا وَلَمْ يُخَالِطْهُمْ. وَقَالَ أَبُو زَيْدٍ: رَجُلٌ حَرِيدٌ مِنْ قَوْمٍ حُرَدَاءَ. وَقَدْ حَرَدَ يَحْرِدُ حُرُودًا، إِذَا تَرَكَ قَوْمَهُ وَتَحَوَّلَ عَنْهُمْ. وَكَوْكَبٌ حَرِيدٌ، أَيْ مُعْتَزِلٌ عَنِ الْكَوَاكِبِ. قَالَ الْأَصْمَعِيُّ: رَجُلٌ حَرِيدٌ، أَيْ فَرِيدٌ وَحِيدٌ. قَالَ وَالْمُنْحَرِدُ الْمُنْفَرِدُ فِي لُغَةِ هُذَيْلٍ. وَأَنْشَدَ لِأَبِي ذُؤَيْبٍ: كَأَنَّهُ كَوْكَبٌ فِي الْجَوِّ مُنْحَرِدُ وَرَوَاهُ أَبُو عَمْرٍو بِالْجِيمِ، وَفَسَّرَهُ: مُنْفَرِدٌ. قَالَ: وَهُوَ سُهَيْلٌ. وَقَالَ الْأَزْهَرِيُّ: حَرْدٌ اسْمُ قَرْيَتِهِمْ. السُّدِّيُّ: اسْمُ جَنَّتِهِمْ، وَفِيهِ لُغَتَانِ: حَرْدٌ وَحَرَدٌ. وَقَرَأَ الْعَامَّةُ بِالْإِسْكَانِ. وَقَرَأَ أَبُو الْعَالِيَةِ وَابْنُ السَّمَيْقَعِ بِالْفَتْحِ، وَهُمَا لُغَتَانِ. وَمَعْنَى قادِرِينَ قَدْ قَدَّرُوا أَمْرَهُمْ وَبَنَوْا عَلَيْهِ، قَالَهُ الْفَرَّاءُ. وَقَالَ قَتَادَةُ: قَادِرِينَ عَلَى جَنَّتِهِمْ عِنْدَ أَنْفُسِهِمْ وَقَالَ الشَّعْبِيُّ: قادِرِينَ يَعْنِي عَلَى الْمَسَاكِينِ. وَقِيلَ: مَعْنَاهُ مِنَ الْوُجُودِ، أي منعوا وهم واجدون.
(١). الذي في كتب اللغة: الغلل: الماء الذي يجرى في أصول الشجر، أو الماء الظاهر الجاري.

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