Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

C’est-à-dire : elle brûla et devint pareille à la nuit noire.

D’après Ibn ʿAbbâs également : « … comme de la cendre noire. » Il dit encore : « aṣ-Ṣarîm désigne, dans l’idiome de Khuzayma, la cendre noire. »

Ath-Thawrî dit : « Tel un champ moissonné ; aṣ-Ṣarîm a ici le sens de al-maṣrūm, c’est-à-dire : ce dont tout ce qu’il contenait a été retranché. »

Al-Ḥasan déclare : « Le bien en a été coupé – c’est-à-dire supprimé ; aṣ-Ṣarîm est donc, lui aussi, au sens de mafʿūl : “ce qui a été coupé”. »

Al-Muʾarrij dit : « Semblable à une dune isolée, détachée de la grande masse de sable. » On dit en effet ṣarīmah (plur. ṣarāʾim) pour une étendue sableuse qui ne fait pousser rien d’utile.

Al-Akhfash affirme : « Tel l’aurore qui se détache de la nuit. »

Al-Mubarrad explique : « C’est-à-dire : comme le plein jour, où il ne reste plus rien. »

Shamir dit : « aṣ-Ṣarîm peut désigner la nuit comme le jour ; l’un se détache de l’autre, et l’autre du premier. »

Il a été dit : on a appelé la nuit ṣarîm parce que, par son obscurité, elle coupe l’homme de toute activité ; d’où la forme faʿīl employée ici avec le sens actif de fāʿil.

Al-Qushayrî objecte : « L’affaire mérite examen, car le jour est lui aussi nommé ṣarîm alors qu’il n’interrompt pas l’action. »

[Coran, sourate al-Qalam (68), versets 23-25]
23. « Ils s’élancèrent donc, se parlant à voix basse, »
24. « (disant) : “Qu’aujourd’hui aucun indigent n’entre chez vous”, »
25. « et, de bon matin, ils se mirent en route, résolus et se croyant capables (d’exécuter leur dessein). »

Parole du Très-Haut :

« Ils s’élancèrent donc, se parlant à voix basse » – c’est-à-dire qu’ils se confiaient en secret, dissimulant et murmurant leurs propos afin que nul n’en eût connaissance, ainsi que l’ont expliqué ʿAṭâʾ et Qatâda. Le verbe dérive de khafata – yakhfitu, lorsque la voix s’abaisse et devient indistincte,

comme l’a dit Durayd b. aṣ-Ṣimma :
Je n’ai pas détruit Sulâla, ni péri dans l’ombre, A
Tous me croyaient pourtant vaincu, brisé dans ma tombe. A

D’aucuns ont dit encore : ils se dérobaient aux regards des gens pour que personne ne les vît. Leur père, lui, avait coutume d’aviser les pauvres et les nécessiteux, lesquels venaient à l’heure de la moisson et de la cueillette.

« Ils se mirent de bonne heure, avec détermination, se croyant capables » : c’est-à-dire avec intention résolue et sentiment de puissance intérieure, persuadés d’avoir les moyens de parvenir à leur but – ainsi l’ont expliqué Ibn ʿAbbâs et d’autres. Al-ḥard signifie « dessein, visée » ; ḥarada – yaḥridu (avec kasra) ḥardan : il a visé.

On dit : « ḥaradtu ḥardaka », c’est-à-dire : « j’ai visé ce que tu vises. »

Le rājiz a chanté :
Voici la crue venue d’auprès d’Allah, B
Fondant, avec l’élan d’un Jardin plein d’appâts. B

Ibn an-Naḥḥâs en a cité la variante :
Un torrent est venu par l’ordre d’Allah, C
S’élançant avec l’ardeur d’un Jardin d’abondance. C

أَيِ احْتَرَقَتْ فَصَارَتْ كَاللَّيْلِ الْأَسْوَدِ. وَعَنِ ابْنِ عَبَّاسٍ أَيْضًا: كَالرَّمَادِ الْأَسْوَدِ. قَالَ: الصَّرِيمُ الرَّمَادُ الْأَسْوَدُ بِلُغَةِ خُزَيْمَةَ. الثَّوْرِيُّ: كَالزَّرْعِ الْمَحْصُودِ فَالصَّرِيمُ بِمَعْنَى الْمَصْرُومِ أَيِ الْمَقْطُوعُ مَا فِيهِ. وَقَالَ الْحَسَنُ: صُرِمَ عَنْهَا الْخَيْرُ أَيْ قُطِعَ، فَالصَّرِيمُ مَفْعُولٌ أَيْضًا. وَقَالَ الْمُؤَرِّجُ: أَيْ كَالرَّمْلَةِ انْصَرَمَتْ مِنْ مُعْظَمِ الرَّمْلِ. يُقَالُ: صَرِيمَةٌ وَصَرَائِمُ، فَالرَّمْلَةُ لَا تُنْبِتُ شَيْئًا يُنْتَفَعُ بِهِ. وَقَالَ الْأَخْفَشُ: أَيْ كَالصُّبْحِ انْصَرَمَ مِنَ اللَّيْلِ. وَقَالَ الْمُبَرِّدُ: أي كالنهار، فلا شي فِيهَا. قَالَ شَمِرٌ: الصَّرِيمُ اللَّيْلُ وَالصَّرِيمُ النَّهَارُ، أَيْ يَنْصَرِمُ هَذَا عَنْ ذَاكَ وَذَاكَ عَنْ هَذَا. وَقِيلَ: سُمِّيَ اللَّيْلُ صَرِيمًا لِأَنَّهُ يَقْطَعُ بِظُلْمَتِهِ عَنِ التَّصَرُّفِ، وَلِهَذَا يَكُونُ فَعِيلٌ بِمَعْنَى فَاعِلٍ. قَالَ الْقُشَيْرِيُّ: وَفِي هَذَا نَظَرٌ، لِأَنَّ النَّهَارَ يُسَمَّى صَرِيمًا وَلَا يَقْطَعُ عَنْ تَصَرُّفٍ. [سورة القلم (٦٨) : الآيات ٢٣ الى ٢٥] فَانْطَلَقُوا وَهُمْ يَتَخافَتُونَ (٢٣) أَنْ لَا يَدْخُلَنَّهَا الْيَوْمَ عَلَيْكُمْ مِسْكِينٌ (٢٤) وَغَدَوْا عَلى حَرْدٍ قادِرِينَ (٢٥) قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَانْطَلَقُوا وَهُمْ يَتَخافَتُونَ) أَيْ يَتَسَارُّونَ، أَيْ يُخْفُونَ كَلَامَهُمْ وَيُسِرُّونَهُ لِئَلَّا يَعْلَمَ بِهِمْ أَحَدٌ، قَالَهُ عَطَاءٌ وَقَتَادَةُ. وَهُوَ مِنْ خَفَتَ يَخْفِتُ إِذَا سَكَنَ وَلَمْ يُبَيِّنْ. كَمَا قَالَ دُرَيْدُ بْنُ الصِّمَّةِ: وَإِنِّي لَمْ أَهْلَكْ سُلَالًا وَلَمْ أَمُتْ ... خُفَاتًا وَكُلًّا ظَنَّهُ بِي عُوَّدِي وَقِيلَ: يُخْفُونَ أَنْفُسَهُمْ مِنَ النَّاسِ حَتَّى لَا يَرَوْهُمْ. وَكَانَ أَبُوهُمْ يُخْبِرُ الْفُقَرَاءَ وَالْمَسَاكِينَ فَيَحْضُرُوا وَقْتَ الْحَصَادِ وَالصِّرَامِ. (وَغَدَوْا عَلى حَرْدٍ قادِرِينَ) أَيْ عَلَى قَصْدٍ وَقُدْرَةٍ فِي أَنْفُسِهِمْ وَيَظُنُّونَ أَنَّهُمْ تَمَكَّنُوا مِنْ مُرَادِهِمْ. قَالَ مَعْنَاهُ ابْنُ عَبَّاسٍ وَغَيْرُهُ. وَالْحَرْدُ الْقَصْدُ. حَرَدَ يَحْرِدُ (بِالْكَسْرِ) حَرْدًا قَصَدَ. تَقُولُ: حَرَدْتُ حَرْدَكَ، أَيْ قَصَدْتُ قَصْدَكَ. وَمِنْهُ قَوْلُ الرَّاجِزِ: أَقْبَلَ سَيْلٌ جَاءَ مِنْ عِنْدٍ اللَّهْ ... يَحْرِدُ حَرْدَ الْجَنَّةِ الْمُغِلَّهْ أَنْشَدَهُ النَّحَّاسُ: قَدْ جَاءَ سَيْلٌ جَاءَ مِنْ أَمْرِ اللَّهِ ... يَحْرِدُ حَرْدَ الْجَنَّةِ الْمُغِلَّهْ

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