Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Il s’y trouve trois questions :

Premièrement –

La parole du Très-Haut : « Nous les avons certes éprouvés » vise les habitants de La Mecque. L’épreuve (al-ibtihlāʾ) est une mise à l’essai. Le sens est : Nous leur avons donné des biens afin qu’ils rendent grâce, non pour qu’ils se montrent arrogants. Or, lorsqu’ils devinrent orgueilleux et s’opposèrent à Muḥammad – qu’Allah prie sur lui et le salue –, Nous les éprouvâmes par la faim et la sécheresse, tout comme Nous avons éprouvé les gens du verger dont l’histoire leur était connue. Ce verger se trouvait au Yémen, près d’eux, à quelques farsakhs de Ṣanʿāʾ – on dit : à deux farsakhs – et il appartenait à un homme qui en acquittait le droit d’Allah. À sa mort, il passa à ses fils, lesquels refusèrent aux gens son bienfait et se montrèrent avares du droit d’Allah qu’il recélait ; Allah le détruisit donc d’une manière contre laquelle ils ne pouvaient rien.

Al-Kalbī a dit : Il y avait entre eux et Ṣanʿāʾ deux farsakhs ; Allah les éprouva en incendiant leur verger.

On a aussi affirmé qu’il s’agissait d’un verger situé à Ḍawrān – Ḍawrān se trouve à un farsakh de Ṣanʿāʾ –, et que ses propriétaires vécurent peu après l’élévation de ʿĪsā – sur lui la paix. C’étaient des avares ; pour soustraire les pauvres à leur part, ils cueillaient les dattes de nuit.

Ils voulurent ensuite moissonner leur champ et dirent : « Qu’aucun indigent, aujourd’hui, n’y entre sur vous. » Ils s’y rendirent donc à l’aube, mais il avait été déraciné de fond en comble et était devenu « comme aṣ-ṣarīm », c’est-à-dire semblable à la nuit. On appelle également le jour ṣarīm. S’il désigne la nuit, c’est en raison de l’obscurcissement du lieu, comme s’ils avaient trouvé l’endroit boueux ; et s’il désigne le jour, c’est par la disparition de l’arbre et de la récolte et par la nudité de la terre.

Le ṭāʾif qui passa dessus fut Jibrīl – sur lui la paix –, lequel le déracina. On rapporte qu’il en fit le tour autour de la Maison (la Kaʿbah), puis le déposa à l’emplacement de la ville de Ṭāʾif d’aujourd’hui ; d’où son nom de Ṭāʾif. Il n’existe en terre du Ḥijāz aucune localité où l’on trouve arbres, vignes et eau, hormis elle.

Al-Bakrī dit, dans le Muʿjam : on l’a appelée Ṭāʾif parce qu’un homme de la tribu Ṣadaf, nommé ad-Damūn, construisit une enceinte et dit : « Je vous ai bâti un ṭāʾif autour de votre ville », d’où le nom de Ṭāʾif. – Allah est plus Savant.

Deuxièmement –

Certains savants ont dit : Celui qui moissonne un champ ou cueille un fruit doit en faire profiter ceux qui se trouvent présents ; tel est le sens de Sa parole : « Et acquittez-en le droit qui lui revient, le jour de sa moisson » (al-Anʿām, 141), et il s’agit là (2) d’autre chose que la Zakât, comme cela a été expliqué précédemment dans la sourate « al-Anʿām » (3).

D’autres ont dit : Il lui incombe de laisser ce que les moissonneurs ont laissé échapper. Et certains dévots obtenaient ainsi leur subsistance.

فِيهِ ثَلَاثُ مَسَائِلَ: الْأُولَى- قَوْلُهُ تَعَالَى: إِنَّا بَلَوْناهُمْ يُرِيدُ أَهْلَ مَكَّةَ. وَالِابْتِلَاءُ الِاخْتِبَارُ. وَالْمَعْنَى أَعْطَيْنَاهُمْ أَمْوَالًا لِيَشْكُرُوا لَا لِيَبْطَرُوا، فَلَمَّا بَطِرُوا وَعَادَوْا مُحَمَّدًا صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ابْتَلَيْنَاهُمْ بِالْجُوعِ وَالْقَحْطِ كَمَا بَلَوْنَا أَهْلَ الْجَنَّةِ الْمَعْرُوفِ خَبَرُهَا عِنْدَهُمْ. وَذَلِكَ أَنَّهَا كَانَتْ بِأَرْضِ الْيَمَنِ بِالْقُرْبِ مِنْهُمْ عَلَى فَرَاسِخَ مِنْ صَنْعَاءَ- وَيُقَالُ بِفَرْسَخَيْنِ- وَكَانَتْ لِرَجُلٍ يُؤَدِّي حَقَّ اللَّهِ تَعَالَى مِنْهَا، فَلَمَّا مَاتَ صَارَتْ إِلَى وَلَدِهِ، فَمَنَعُوا النَّاسَ خَيْرَهَا وَبَخِلُوا بِحَقِّ اللَّهِ فِيهَا، فَأَهْلَكَهَا اللَّهُ مِنْ حَيْثُ لَمْ يُمْكِنْهُمْ دَفْعُ مَا حَلَّ بِهَا. قَالَ الْكَلْبِيُّ: كَانَ بَيْنَهُمْ وَبَيْنَ صَنْعَاءَ فَرْسَخَانِ، ابْتَلَاهُمُ اللَّهُ بِأَنْ أَحْرَقَ جَنَّتَهُمْ. وَقِيلَ: هِيَ جَنَّةٌ بِضَوْرَانَ، وَضَوْرَانُ عَلَى فَرْسَخٍ مِنْ صَنْعَاءَ، وَكَانَ أَصْحَابُ هَذِهِ الْجَنَّةِ بَعْدَ رَفْعِ عِيسَى عَلَيْهِ السَّلَامُ بِيَسِيرٍ- وَكَانُوا بُخَلَاءَ- فَكَانُوا يَجُدُّونَ التَّمْرَ لَيْلًا مِنْ أَجْلِ الْمَسَاكِينِ، وَكَانُوا أَرَادُوا حَصَادَ زَرْعِهَا وَقَالُوا: لَا يَدْخُلُهَا الْيَوْمَ عَلَيْكُمْ مِسْكِينٌ، فَغَدَوْا عَلَيْهَا فَإِذَا هِيَ قَدِ اقْتُلِعَتْ مِنْ أَصْلِهَا فَأَصْبَحَتْ كَالصَّرِيمِ، أَيْ كَاللَّيْلِ. وَيُقَالُ أَيْضًا لِلنَّهَارِ صَرِيمٌ. فَإِنْ كَانَ أراد الليل فلاسوداد مَوْضِعِهَا. وَكَأَنَّهُمْ وَجَدُوا مَوْضِعَهَا حَمْأَةً. وَإِنْ كَانَ أَرَادَ بِالصَّرِيمِ النَّهَارَ فَلِذَهَابِ الشَّجَرِ وَالزَّرْعِ وَنَقَاءِ الْأَرْضِ مِنْهُ. وَكَانَ الطَّائِفُ الَّذِي طَافَ عَلَيْهَا جبريل عليه السلام فاقتعلها. فَيُقَالُ: إِنَّهُ طَافَ بِهَا حَوْلَ الْبَيْتِ ثُمَّ وَضَعَهَا حَيْثُ مَدِينَةَ الطَّائِفِ الْيَوْمَ، وَلِذَلِكَ سُمِّيَتِ الطَّائِفُ. وَلَيْسَ فِي أَرْضِ الْحِجَازِ بَلْدَةٌ فِيهَا الشَّجَرُ وَالْأَعْنَابُ وَالْمَاءُ غَيْرَهَا. وَقَالَ الْبَكْرِيُّ فِي الْمُعْجَمِ: سُمِّيَتِ الطَّائِفُ لِأَنَّ رَجُلًا مِنَ الصَّدِفِ» يُقَالُ لَهُ الدَّمُونُ، بَنَى حَائِطًا وَقَالَ: قَدْ بَنَيْتُ لَكُمْ طَائِفًا حَوْلَ بَلَدِكُمْ، فَسُمِّيَتِ الطَّائِفُ. وَاللَّهُ أَعْلَمُ. الثَّانِيَةُ- قَالَ بَعْضُ الْعُلَمَاءِ: عَلَى مَنْ حَصَدَ زَرْعًا أَوْ جَدَّ ثَمَرَةً أَنْ يُوَاسِيَ مِنْهَا مَنْ حَضَرَهُ، وَذَلِكَ مَعْنَى قَوْلِهِ: وَآتُوا حَقَّهُ يَوْمَ حَصادِهِ [الانعام: ١٤١] وَأَنَّهُ «٢» غَيْرُ الزَّكَاةِ عَلَى مَا تَقَدَّمَ فِي " الْأَنْعَامِ" بَيَانُهُ «٣» . وَقَالَ بَعْضُهُمْ: وَعَلَيْهِ تَرَكَ مَا أخطأه الحصادون. وكان بعض العباد يتحرون أقواتهم
(١). الصدف (بالفتح ثم الكسر): مخلاف من اليمن منسوب إلى القبيلة. (٢). في ط:" عين". (٣). راجع ج ٧ ص ٩٩.

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