Qatâdah a dit :
« Nous le marquerons, au Jour de la Résurrection, d’un signe sur le nez, grâce auquel on le reconnaîtra. »
On dit : « wasamtu-hu wasman wa-simatan » lorsque j’imprime sur quelqu’un une marque par cautérisation.
Le Très-Haut a également dit :
« Le Jour où des visages s’illumineront et où d’autres s’obscurciront » (1) [Âl ʿImrân : 106] ; voilà un signe apparent.
Et Il a dit :
« Ce Jour-là Nous rassemblerons les criminels, bleus de regard » (2) [Tâ-Hâ : 102] ; voilà un autre signe manifeste.
Ainsi, le verset fournit un troisième indice : le marquage du nez au feu. C’est analogue à Sa parole :
« Les criminels seront reconnus à leur physionomie » (3) [ar-Raḥmân : 41], ainsi que l’ont expliqué al-Kalbî et d’autres.
Abû l-ʿÂliya et Mujâhid ont dit :
« Nous le marquerons sur le khurṭûm, c’est-à-dire sur le nez, et Nous noircirons son visage dans l’Au-delà ; il sera donc distingué par la noirceur de son visage. »
Le khurṭûm est le nez chez l’être humain ; chez les fauves, il désigne la zone de la lèvre. Quant à « kharâṭîm » appliqué à un groupe, il s’agit de leurs notables.
Al-Farrâ’ a dit :
« Même si le khurṭûm est spécialement mentionné pour le marquage, il représente en fait l’ensemble du visage : la partie peut servir à désigner le tout. »
At-Ṭabarî a dit :
« Nous rendrons son affaire parfaitement claire, de sorte qu’ils le reconnaîtront et qu’il ne leur échappera pas, tout comme un stigmate sur le nez ne passe pas inaperçu. »
On a encore dit : le sens est que Nous lui infligerons un opprobre et une infamie tels qu’il sera comparable à quelqu’un dont le nez a été marqué.
Al-Qutaybî a expliqué :
« Les Arabes disent d’un homme voué à une injure abjecte et durable : “Il a été marqué du fer d’une mauvaise marque”, c’est-à-dire qu’un déshonneur lui a été collé et ne le quittera plus, tout comme la trace d’un marquage ne s’efface pas. »
Jarîr a dit :
Quand sur al-Farazdaq j’apposai mon fer brûlant,
Quand, sur al-Baʿîth, je tranchai le nez d’al-Akhtal d’un coup tranchant.
(vers satirique)
Il s’agissait d’une satire.
Il a ajouté :
« Tout cela fut révélé au sujet de Walîd ibn al-Mughîra. Nous ne connaissons personne dont Allah – exalté soit-Il – ait mentionné les défauts aussi abondamment que les siens ; Il lui a ainsi attaché un opprobre inséparable, en ce monde et dans l’Au-delà, tel un marquage sur le nez. »
On a encore dit : il s’agit des épreuves qu’Allah lui infligea, en ce bas-monde, dans sa personne, ses biens et sa famille : malheur, humiliation et avilissement – ainsi l’a rapporté Ibn Baḥr.
Et l’on s’est appuyé sur ces vers de l’Aʿshâ :
Laisse-la donc, elle ne t’apporte aucun gain ;
Cherche une autre cible, poursuis un autre chemin ;
Par tes vers, accable celui que tu veux couvrir de malheur ;
Et flétris-lui le nez d’une marque de déshonneur.