Parole du Très-Haut :
« (Peut-être parce qu’il possède des biens et des fils ?) »
Abû Jaʿfar, Ibn ʿÂmir, Abû Ḥaywah, al-Mughîrah et al-Aʿraj l’ont récité : « Ān kāna » – avec une seule hamza prolongée, employée à titre interrogatif.
Al-Mufaḍḍal, Abû Bakr et Ḥamzah l’ont récité : « A-a-n kāna » – avec deux hamzas prononcées distinctement.
Les autres lecteurs l’ont récité avec une seule hamza, sur le mode affirmatif.
Ainsi, celui qui le récite avec la hamza allongée ou avec deux hamzas le comprend comme une interrogation destinée au blâme ; il lui convient alors de s’arrêter à « zanîm » puis de reprendre : « an kāna », c’est-à-dire : « Est-ce parce qu’il possède des biens et des fils que tu lui obéis ? »
On peut aussi comprendre : « Est-ce parce qu’il est nanti de biens et de fils qu’il dit, lorsque Nos versets lui sont récités : “Ce ne sont que des récits des anciens” ? »
Ou encore : « Est-ce parce qu’il est nanti de biens et de fils qu’il mécroit et s’enfle d’orgueil ? »
Ce que le discours précédent indique en fait comme s’il était explicitement mentionné après l’interrogation.
Quant à celui qui lit « an kāna » sans interrogation, « an » est alors un complément indiquant la cause, régi par un verbe sous-entendu, de sorte que l’estimation est : « Il mécroit parce qu’il possède des biens et des fils. »
Ce verbe est suggéré par la phrase : « lorsque Nos versets lui sont récités, il dit : “Ce ne sont que des récits des anciens.” »
Ni « tu tlâ », ni « qâla » ne gouvernent « an », car ce qui suit « idhâ » n’agit pas sur ce qui la précède : « idhâ » s’associe à la proposition où elle figure, et ce qui est associé n’agit pas sur ce qui précède l’associant.
La proposition-réponse de la condition, elle non plus, n’agit pas sur ce qui précède la condition, puisque la norme veut que le régissant précède son complément, tandis que la réponse vient après la condition ; cela entraînerait qu’elle soit à la fois antérieure et postérieure.
Il est donc possible que le sens soit : « Ne lui obéis pas sous prétexte qu’il jouit de richesse et d’un grand nombre (d’adeptes). »
Ibn al-Anbârî a dit : Celui qui lit sans interrogation ne doit pas s’arrêter à « zanîm », car le sens est : « li-an kāna » ou « bi-an kāna » ; « an » dépend alors de ce qui précède.
D’autres ont indiqué qu’il est possible de rattacher « an kāna » à Sa parole : « mashshâʾin binamîm » (qui va semant la médisance) ; l’estimation serait : « Il colporte la médisance parce qu’il est nanti de biens et de fils. »
Abû ʿAlî a jugé permis de le rattacher à « ʿutullin » (brutal).
« Asâṭîr al-awwalîn » signifie : leurs faussetés, leurs balivernes, leurs fables(1), comme cela a déjà été exposé(2).
[Sourate al-Qalam, 68 : 16]
« Nous le marquerons sur le mufle. »
Il y a à ce propos deux questions.
Premièrement – Parole du Très-Haut : « Nous le marquerons. »
Ibn ʿAbbâs a dit : le sens de « Nous le marquerons » est : « Nous lui apposerons un sceau sur le nez à l’épée. »
Il ajouta : Celui au sujet duquel le verset fut révélé reçut effectivement ce coup d’épée sur le nez, le jour de Badr, et demeura ainsi marqué jusqu’à sa mort.