Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — dit :

« Ma communauté demeurera dans le bien tant que l’enfant issu de la fornication ne se sera pas répandu parmi eux ; mais lorsque l’enfant issu de la fornication se sera répandu en leur sein, il ne restera guère qu’Allah les frappe d’un châtiment global. »

Ikrima a dit : « Lorsque se multiplient les enfants de la fornication, la pluie se fait rare. »

Je dis : Quant aux deux premières traditions, je ne pense pas qu’elles possèdent une chaîne de transmission authentique ; mais le ḥadith rapporté par Maymûna et la parole d’Ikrima trouvent appui dans ce que Muslim rapporte dans son Ṣaḥîḥ d’après Zaynab bint Jaḥsh — épouse du Prophète, paix et bénédictions d’Allah sur lui. Elle raconte :

« Un jour, le Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui — sortit, inquiet, le visage rouge, en disant : “Il n’est de divinité qu’Allah ! Malheur aux Arabes, d’un mal qui s’est rapproché ; aujourd’hui il a été ouvert, dans la digue de Gog et Magog, une brèche de cette taille.” » Et il forma un cercle avec son pouce et l’index.

Elle poursuivit : « Je lui dis : “Ô Messager d’Allah, périrons-nous alors qu’il se trouve parmi nous des vertueux ?” » Il répondit : « Oui, lorsque l’impureté deviendra abondante. »

Al-Bukhârî l’a consigné. L’abondance de l’impureté désigne la propagation de la fornication et des enfants qui en sont issus, ainsi l’ont expliqué les savants. Quant à la parole d’Ikrima — « la pluie se fait rare » — elle précise le moyen par lequel vient la destruction ; cela requiert toutefois corroboration, et il est plus savant d’où il a tenu cette parole.

La plupart des exégètes estiment que ce passage fut révélé au sujet d’al-Walîd ibn al-Mughîra : il nourrissait les gens de Minâ de ḥays¹ durant trois jours et proclamait : « Que personne ne fasse chauffer de marmite ! Que nul ne fasse fumer de jarret ! Que celui qui veut du ḥays vienne chez al-Walîd ibn al-Mughîra ! » Pour un seul pèlerinage il dépensait vingt mille — voire plus — mais ne donnait pas un seul dirham au nécessiteux ; on le qualifia alors de « mannaʿ li-l-khayr » (grand empê­cheur de bien). À son sujet fut révélé : « Et malheur aux polythéistes, ceux qui ne s’acquittent pas de la zakât »² [Fussilat : 6-7].

Muḥammad ibn Isḥâq a dit : Ce verset fut révélé au sujet d’al-Akhnas ibn Shurayq, parce qu’il était un allié rattaché aux Banû Zuhra ; pour cela on l’appela zanîm.

Ibn ʿAbbâs a dit : Dans ce verset il fut décrit, mais on ne le reconnut pas avant sa mort ; alors on le reconnut : il portait au cou une excroissance suspendue qui le distinguait.

Murra al-Hamdânî a dit : Son père ne le revendiqua qu’après dix-huit ans.

[Sourate al-Qalam (68), versets 14-15]
« Parce qu’il possède des biens et des enfants » (14)
« Lorsque Nos versets lui sont récités, il dit : “Ce ne sont que des récits des anciens.” » (15)

¹ Préparation sucrée faite de dattes, de beurre clarifié et de fromage.
² Fussilat : 6-7.

صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: (لَا تَزَالُ أُمَّتِي بِخَيْرٍ مَا لَمْ يَفْشُ فِيهِمْ وَلَدُ الزنى فإذا فشا فيهم ولد الزنى أو شك أَنْ يَعُمَّهُمُ اللَّهُ بِعِقَابٍ) . وَقَالَ عِكْرِمَةُ: إِذَا كثر ولد الزنى قَحَطَ الْمَطَرُ. قُلْتُ: أَمَّا الْحَدِيثُ الْأَوَّلُ وَالثَّانِي فَمَا أَظُنُّ لَهُمَا سَنَدًا يَصِحُّ، وَأَمَّا حَدِيثُ مَيْمُونَةَ وَمَا قَالَهُ عِكْرِمَةُ فَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ عَنْ زَيْنَبَ بِنْتِ جَحْشٍ زَوْجِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَالَتْ: خَرَجَ النَّبِيُّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَوْمًا فَزِعًا مُحْمَرًّا وَجْهُهُ يَقُولُ: (لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ. وَيْلٌ لِلْعَرَبِ مِنْ شَرٍّ قَدِ اقْتَرَبَ. فُتِحَ الْيَوْمَ مِنْ رَدْمِ يَأْجُوجَ وَمَأْجُوجَ مِثْلُ هَذِهِ) وَحَلَّقَ بِإِصْبَعَيْهِ الْإِبْهَامِ وَالَّتِي تَلِيهَا. قَالَتْ فَقُلْتُ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، أَنَهْلِكُ وَفِينَا الصَّالِحُونَ؟ قَالَ: (نَعَمْ إِذَا كَثُرَ الْخَبَثُ) خَرَّجَهُ الْبُخَارِيُّ. وَكَثْرَةُ الْخَبَثِ ظُهُورُ الزنى وأولاد الزنى، كَذَا فَسَّرَهُ الْعُلَمَاءُ. وَقَوْلُ عِكْرِمَةَ " قَحَطَ الْمَطَرُ" تَبْيِينٌ لِمَا يَكُونُ بِهِ الْهَلَاكُ. وَهَذَا يَحْتَاجُ إِلَى تَوْقِيفٍ، وَهُوَ أَعْلَمُ مِنْ أَيْنَ قَالَهُ. وَمُعْظَمُ الْمُفَسِّرِينَ عَلَى أَنَّ هَذَا نَزَلَ فِي الْوَلِيدِ بْنِ الْمُغِيرَةِ، وَكَانَ يُطْعِمُ أَهْلَ مِنًى حَيْسًا «١» ثَلَاثَةَ أَيَّامٍ، وَيُنَادِي أَلَا لَا يُوقِدَنَّ أَحَدٌ تَحْتَ بُرْمَةٍ، أَلَا لَا يُدَخِّنَنَّ أَحَدٌ بِكُرَاعٍ، أَلَا وَمَنْ أَرَادَ الْحَيْسَ فَلْيَأْتِ الْوَلِيدَ بْنَ الْمُغِيرَةِ. وَكَانَ يُنْفِقُ فِي الْحَجَّةِ الْوَاحِدَةِ عِشْرِينَ أَلْفًا وَأَكْثَرَ. وَلَا يُعْطِي الْمِسْكِينَ دِرْهَمًا واحدا فقيل: مَنَّاعٍ لِلْخَيْرِ. وفية نزل: وَوَيْلٌ لِلْمُشْرِكِينَ. الَّذِينَ لا يُؤْتُونَ الزَّكاةَ «٢» [فصلت: ٧ - ٦] . وَقَالَ مُحَمَّدُ بْنُ إِسْحَاقَ: نَزَلَتْ فِي الْأَخْنَسِ بْنِ شَرِيقٍ، لِأَنَّهُ حَلِيفٌ مُلْحَقٌ فِي بَنِي زُهْرَةَ، فَلِذَلِكَ سُمِّيَ زَنِيمًا. وَقَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: فِي هَذِهِ الْآيَةِ نُعِتَ، فَلَمْ يُعْرَفْ حَتَّى قُتِلَ فَعُرِفَ، وَكَانَ لَهُ زَنَمَةٌ فِي عُنُقِهِ مُعَلَّقَةٌ يُعْرَفُ بِهَا. وَقَالَ مُرَّةُ الْهَمْدَانِيُّ: إِنَّمَا ادعاه أبوه بعد ثماني عشرة سنة. [سورة القلم (٦٨) : الآيات ١٤ الى ١٥] أَنْ كانَ ذَا مالٍ وَبَنِينَ (١٤) إِذا تُتْلى عَلَيْهِ آياتُنا قالَ أَساطِيرُ الْأَوَّلِينَ (١٥)
(١). الحيس: الطعام المتخذ من التمر والأقط (الجبن المتخذ من اللين الحامض) والسمن. (٢). راجع ج ١٥ ص ٣٤٠

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