Al-Ḥasan a dit : « Il s’agit de celui qui donne un coup discret dans un coin de l’assemblée », comme dans la Parole du Très-Haut : « … humazatin » (al-Humazah : 1).
On a également dit : le hammaz est celui qui brocarde les gens en face, tandis que le lammaz est celui qui les brocarde en leur absence. Cette explication a été rapportée d’Abû l-‘Âliya, de ‘Aṭâ’ ibn Abî Rabâḥ, ainsi que d’al-Ḥasan.
Muqâtil, à l’inverse de cette opinion, a soutenu que le hammaz est celui qui médît en leur absence, et que le lammaz est celui qui médît en face.
Murrah a déclaré : « Les deux termes sont équivalents ; il s’agit du mouchard qui poignarde un homme lorsqu’il est absent. » Un avis similaire est rapporté d’Ibn ‘Abbâs et de Qatâda.
Le poète a dit :
Tu feins l’amitié quand tu me rencontres – mensonge ;
Mais sitôt que je m’absente, tu deviens le hammaz, le lammaz.
« Grand marcheur colporteur de médisances » : c’est-à-dire qu’il circule avec la namîma parmi les gens afin de semer la discorde entre eux. On dit : namma – yanimmu – namman, namîman, namîmatan, c’est-à-dire marcher et œuvrer à la corruption.
Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après Ḥudhayfa, il lui parvint qu’un homme colportait des propos. Ḥudhayfa déclara : « J’ai entendu le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – dire : “Ne pénétrera pas au Paradis le colporteur (nammâm).” »
Le poète a dit :
Tel un serviteur semblable à la fourmilière, nul bien chez lui ;
Pour son maître, rien sinon sa course à jaser de médisances.
Al-Farrâ’ a dit : ce sont deux dialectes. On a également affirmé que an-namîm est le pluriel de namîma.
« Empêcheur de bien » : c’est-à-dire qui retient son argent au lieu de le dépenser dans ses voies légitimes.
Ibn ‘Abbâs a dit : « Il détourne de l’Islam ses enfants et son clan. »
Al-Ḥasan a dit : « Il leur déclare : “Si l’un d’entre vous entre dans la religion de Muḥammad, jamais je ne lui serai d’aucune utilité.” »
« Transgresseur » : c’est-à-dire envers les gens, dans l’injustice ; il dépasse la limite et s’adonne au faux.
« Pécheur » : c’est-à-dire possesseur de péché, son sens équivaut à athûm ;
« fa‘îl » y prend la valeur de « fa‘ûl ».¹
« Rude, ensuite bâtard » : l’‘utull est le rustre, dur, acharné dans sa mécréance.
Selon al-Kalbî et al-Farrâ’, c’est celui qui dispute avec âpreté dans le faux.
Il a également été dit : c’est celui qui saisit les gens et les traîne vers la prison ou le châtiment, dérivé de al-‘atl qui signifie « tirer », comme dans la Parole du Très-Haut : « Saisissez-le, puis traînez-le. »² (ad-Dukhân : 47).
Dans le Ṣiḥâḥ on lit : « ‘Ataltu l-rajula, a‘tiluhu, a‘tuluhu : je l’ai tiré d’un tir violent » ; de là, « un homme mu‘tal » (avec kasra).
Et l’on a dit, décrivant un cheval :
Nous l’excitons avec vigueur, jamais nous ne le traînons.
Ibn as-Sikkît a dit : ‘atalahu et ‘atanahu, avec lâm ou nûn indistinctement. Al-‘utull désigne le rustre grossier et brutal. L’‘atl désigne également