« Ton Seigneur est Celui qui sait le mieux qui s’est égaré de Son sentier » ;
c’est-à-dire qu’Allah est parfaitement informé de celui qui s’est détourné de Sa religion.
« Et Il connaît mieux les bien-guidés »,
autrement dit ceux qui sont fermement établis sur la guidée ; aussi rétribuera-t-Il chacun, demain, selon ses œuvres.
[Al-Qalam (68), v. 7-8]
« Ne suis donc pas les négateurs » (v. 8).
Il lui interdit [1] toute complaisance à l’égard des polythéistes. Ceux-ci le pressaient de cesser son appel afin qu’ils cessent, eux, de s’en prendre à lui ; or Allah – Très-Haut – a montré que ce à quoi ils l’invitaient relève de la mécréance.
Il a également dit :
« Et si Nous ne t’avions pas affermi, tu aurais presque penché vers eux, ne fût-ce qu’un peu »
[Al-Isrâ’ (17), v. 74].
On a encore dit : « Ne leur obéis pas dans ce qu’ils t’invitent à suivre de leur religion pernicieuse. » Ce verset fut révélé au sujet des polythéistes de Qurayš lorsqu’ils l’appelèrent à la religion de ses ancêtres.
« Ils aimeraient que tu sois conciliant, et ils le seraient à leur tour » (v. 9).
Ibn ʿAbbâs, ʿAṭiyya, ad-Ḍaḥḥâk et as-Suddî ont dit : « Ils souhaiteraient que tu apostasies, afin qu’ils persévèrent dans leur mécréance. »
D’après Ibn ʿAbbâs également : « Ils voudraient que tu leur accordes des concessions, et ils t’en accorderaient. »
Al-Farrâ’ et al-Kalbî : « Si seulement tu t’adoucissais, ils s’adouciraient envers toi. »
L’iddihân, a précisé al-Farrâ’, consiste à se montrer aimable avec qui il ne convient pas de l’être.
Mujâhid : « Ils désirent que tu inclines vers eux et que tu abandonnes la vérité, afin qu’ils se rangent à tes côtés. »
Ar-Rabîʿ ibn Anas : « Ils veulent que tu mentes, et ils mentiraient. »
Qatâdah : « Ils souhaiteraient que tu renonces à cette affaire, et ils y renonceraient avec toi. »
Al-Ḥasan : « Ils aimeraient que tu les ménages dans ta religion, et ils te ménageraient dans la leur. »
— Et, d’après lui encore : « Ils voudraient que tu délaisses une partie de ton message, et ils délaisseraient une partie du leur. »
Zayd ibn Aslam : « Si seulement tu faisais preuve d’hypocrisie et d’ostentation, ils feraient de même. »
Abû Jaʿfar rapporte : « Ils espèrent que tu fléchisses, et ils fléchiraient. »
Al-Qutaybî : « Ils désirent que tu transiges dans ta religion, et ils transigeraient dans les leurs. »
— Et, d’après lui encore : ils lui demandèrent d’adorer leurs divinités quelque temps, et ils adoreraient son Dieu quelque temps. Ainsi se comptent douze avis.
Ibn al-ʿArabî a dit : « Les exégètes ont rapporté à ce sujet près de dix opinions, toutes se réclamant de la langue et du sens. »
La plus pertinente est leur parole : « Ils aimeraient que tu mentes, alors ils mentiraient ; ils aimeraient que tu mécroies, alors ils mécroiraient. »
[1] C’est-à-dire de pencher, ne fût-ce qu’un peu, vers eux.