Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

La parole du Très-Haut :

« Tu verras bientôt et ils verront bientôt » [Al-Qalam, v. 5].

Ibn ʿAbbâs (qu’Allah l’agrée) a dit : son sens est : « Tu sauras, et ils sauront, au Jour de la Résurrection. »

D’autres ont déclaré : « Tu verras, et ils verront, au Jour de la Résurrection, lorsque la vérité se distinguera clairement du faux. »

« Lequel d’entre vous est le maftûn » :

La préposition « bi » est ici redondante ; le sens devient donc : « Tu verras et ils verront lequel d’entre vous est le maftûn », c’est-à-dire celui qui a été éprouvé par la folie. On relève un emploi analogue dans la parole d’Allah : « [palmier] qui pousse, chargé d’huile » (Al-Muʾminûn, 23/20), et : « Les serviteurs d’Allah en boiront » (Al-Insân, 76/6). Tel est l’avis de Qatâdah, Abû ʿUbayd et al-Akhfash.

Le poète en mètre rajaz a dit :

Nous sommes les fils de Jaʿdah, gens du succès vivace ; (A)
Nous brandissons l’épée, guettant l’issue, la grâce. (A)

On a aussi soutenu que la préposition n’est pas redondante. « Bi-ayyakumu al-maftûn » signifierait alors « la tentation (al-fitnah) » ; il s’agit d’un nom d’action bâti sur le gabarit du participe passif et qui veut dire : l’épreuve, tout comme on dit : « Untel n’a ni majlûd ni maʿqûl », c’est-à-dire ni endurance ni raison. Cette explication est rapportée de al-Hasan, ad-Dahhâk et Ibn ʿAbbâs.

Le poète ar-Râʿî a dit :

Lorsqu’ils laissèrent ses os sans chair, en proie au trépas, (B)
Et qu’à son cœur ils n’épargnèrent nulle raison, hélas. (B)

c’est-à-dire : plus aucune raison.

Certains estiment encore qu’il faut sous-entendre la suppression d’un terme ; le sens serait alors : « laquelle d’entre vous est l’épreuve du maftûn ».

Al-Farrâʾ a déclaré : la préposition « bi » a ici la valeur de « fî » (“dans”) ; autrement dit : « Tu verras et ils verront dans quel groupe se trouve le fou : dans le tien, celui des croyants, ou dans l’autre. »

Al-maftûn désigne donc le possédé, celui dont le démon a troublé l’esprit.

D’autres ont dit : al-maftûn signifie « le châtié ». Les Arabes disent : « fatantu ad-dhahaba bi-n-nâr » – j’ai éprouvé l’or au feu, quand je l’ai chauffé. De là ce verset : « le jour où ils seront éprouvés (yuftanûn) au Feu » (Adh-Dhâriyât, 51/13), c’est-à-dire : châtiés. La majeure partie de la sourate fut révélée au sujet d’al-Walîd ibn al-Mughîrah et d’Abû Jahl.

Une autre opinion veut que le maftûn soit le Diable, car il est lui-même égaré dans sa religion. Les polythéistes disaient : « Il est possédé d’un démon », voulant traiter le Prophète de fou. Allah – Exalté soit-Il – répondit : « Demain, ils sauront lequel d’entre eux est le possédé », c’est-à-dire ce démon dont le toucher engendre folie et confusion de l’esprit.

قَوْلُهُ تَعَالَى: (فَسَتُبْصِرُ وَيُبْصِرُونَ) قَالَ ابْنُ عَبَّاسٍ: مَعْنَاهُ فَسَتَعْلَمُ وَيَعْلَمُونَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ. وَقِيلَ: فَسَتَرَى وَيَرَوْنَ يَوْمَ الْقِيَامَةِ حِينَ يَتَبَيَّنُ الْحَقُّ وَالْبَاطِلُ. (بِأَيِّكُمُ الْمَفْتُونُ) الْبَاءُ زَائِدَةٌ، أَيْ فَسَتُبْصِرُ وَيُبْصِرُونَ أَيُّكُمُ الْمَفْتُونُ. أَيِ الَّذِي فُتِنَ بِالْجُنُونِ، كَقَوْلِهِ تعالى: تَنْبُتُ بِالدُّهْنِ «١» [المؤمنون: ٢٠] ويَشْرَبُ بِها عِبادُ اللَّهِ «٢» [الإنسان: ٦] . وَهَذَا قَوْلُ قَتَادَةَ وَأَبِي عُبَيْدٍ وَالْأَخْفَشِ. وَقَالَ الرَّاجِزُ: نَحْنُ بَنُو جَعْدَةَ أَصْحَابُ الْفَلَجْ ... نَضْرِبُ بِالسَّيْفِ وَنَرْجُو بِالْفَرَجِ «٣» وَقِيلَ: الْبَاءُ لَيْسَتْ بِزَائِدَةٍ، وَالْمَعْنَى: بِأَيِّكُمُ الْمَفْتُونُ أَيِ الْفِتْنَةُ. وَهُوَ مَصْدَرٌ عَلَى وَزْنِ الْمَفْعُولِ، وَيَكُونُ مَعْنَاهُ الْفُتُونُ، كَمَا قَالُوا: مَا لِفُلَانٍ مَجْلُودٍ وَلَا مَعْقُولٍ، أَيْ عَقْلٌ وَلَا جَلَادَةٌ. وَقَالَهُ الْحَسَنُ وَالضَّحَّاكُ وَابْنُ عَبَّاسٍ. وَقَالَ الرَّاعِي: حَتَّى إِذَا لَمْ يَتْرُكُوا لِعِظَامِهِ ... لَحْمًا وَلَا لِفُؤَادِهِ مَعْقُولَا أَيْ عَقْلًا. وَقِيلَ فِي الْكَلَامِ تَقْدِيرُ حَذْفِ مُضَافٍ، وَالْمَعْنَى: بِأَيِّكُمْ فِتْنَةُ الْمَفْتُونِ. وَقَالَ الْفَرَّاءُ: الْبَاءُ بِمَعْنَى فِي، أَيْ فَسَتُبْصِرُ وَيُبْصِرُونَ فِي أَيِّ الْفَرِيقَيْنِ المجنون، أبا لفرقة الَّتِي أَنْتَ فِيهَا مِنَ الْمُؤْمِنِينَ أَمْ بِالْفِرْقَةِ الْأُخْرَى. وَالْمَفْتُونُ: الْمَجْنُونُ الَّذِي فَتَنَهُ الشَّيْطَانُ. وَقِيلَ: الْمَفْتُونُ الْمُعَذَّبُ. مِنْ قَوْلِ الْعَرَبِ: فَتَنْتُ الذَّهَبَ بِالنَّارِ إِذَا حَمَّيْتَهُ. وَمِنْهُ قَوْلُهُ تَعَالَى: يَوْمَ هُمْ عَلَى النَّارِ يُفْتَنُونَ «٤» [الذاريات: ١٣] أَيْ يُعَذَّبُونَ. وَمُعْظَمُ السُّورَةِ نَزَلَتْ فِي الْوَلِيدِ بْنِ الْمُغِيرَةِ وَأَبِي جَهْلٍ. وَقِيلَ: الْمَفْتُونُ هُوَ الشَّيْطَانُ، لِأَنَّهُ مَفْتُونٌ فِي دِينِهِ. وَكَانُوا يَقُولُونَ: إِنَّ بِهِ شَيْطَانًا، وَعَنَوْا بِالْمَجْنُونِ هَذَا، فَقَالَ اللَّهُ تَعَالَى: فَسَيَعْلَمُونَ غَدًا بِأَيِّهِمُ الْمَجْنُونُ، أَيِ الشَّيْطَانُ الَّذِي يَحْصُلُ مِنْ مَسِّهِ الْجُنُونُ وَاخْتِلَاطُ العقل.
(١). راجع ج ١٢ ص (١١٤) (٢). راجع ج ١٩ ص (١٢٤) (٣). الفلج (بفتح الفاء واللام): مدينة بأرض اليمامة لبنى جعدة. ويجوز فيه: نحن بنى ... بالنصب على الاختصاص. (راجع الشاهد التاسع والثمانين بعد السبعمائة في خزانة الأدب). (٤). راجع ج ١٧ ص ٣١

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