sur son dos ; la terre vacilla alors et fut affermie par les montagnes, et certes les montagnes se glorifient au-dessus de la terre. Puis Ibn ʿAbbâs récita le verset : « Nûn. Par le Calame… »
Al-Kalbî et Muqâtil dirent : Son nom est al-Bahmût(1).
Le poète, dans le mètre rajaz, a dit :
Pourquoi donc vous vois-je tous plongés dans le silence ?
Par Allah, mon Seigneur, le Bahmout Il créa, Puissant.
Abû al-Yaqzân et al-Wâqidî dirent : Liyûthâ.
Kaʿb dit : Lûthûthâ.
Il rapporta également : Balahamûthâ(2).
Kaʿb dit encore : Iblîs se glissa jusqu’au poisson sur le dos duquel reposent les terres et souffla dans son cœur, lui disant : « Sais-tu ce qui est sur ton dos, ô Lûthûthâ, de bêtes, d’arbres, de continents et d’autres choses ? Si tu les expulsaient, tu les rejetterais tous d’un seul coup. » Liyûthâ projeta alors de le faire. Mais Allah lui envoya une créature qui pénétra par sa narine et atteignit son cerveau ; le poisson implora Allah, le Très-Puissant, à cause d’elle, et Allah lui donna permission : elle ressortit.
Kaʿb dit : « Par Allah, il la regarde et elle le regarde ; s’il songeait de nouveau à pareille chose, elle reviendrait comme auparavant. »
Ad-Ḍaḥḥâk rapporte d’Ibn ʿAbbâs : « N est la dernière des lettres composant ar-Raḥmân. » Il dit : « al-râ (الر)، laḥm (لحم) et nûn (ن) sont les lettres disjointes du Nom “ar-Raḥmân”, – Exalté soit-Il. »
Ibn Zayd dit : C’est un serment par lequel le Très-Haut jure.
Ibn Kaysân dit : C’est l’ouverture de la sourate.
Il a également été dit : C’est le nom de la sourate.
ʿAṭâʾ et Abû al-ʿÂliyah dirent : C’est l’initiale de Ses Noms : Naṣîr, Nûr et Nâṣir.
Muḥammad ibn Kaʿb dit : Allah – Exalté soit-Il – a juré par Son secours aux croyants, et cela est vérité. L’illustration en est Sa Parole : « Il Nous incombe, en vérité, de secourir les croyants » (ar-Rûm, 47).
Jaʿfar aṣ-Ṣâdiq dit : C’est un fleuve des fleuves du Paradis qu’on nomme Nûn.
On a encore dit : Ce n’est rien d’autre que la lettre bien connue de l’alphabet ; si ç’avait été autre chose, elle eût été déclinée. Tel est le choix d’al-Qushayrî Abû Naṣr ʿAbd ar-Raḥîm dans son Tafsîr. Il a déclaré : « Le N est une lettre non déclinée ; si c’était un mot complet, il aurait été décliné, comme l’a été “al-qalam”. C’est donc une lettre de l’alphabet, semblable aux autres lettres isolées ouvrant les sourates. »
Sur cette base on a dit : C’est le nom de la sourate, c’est-à-dire : cette sourate est Nûn.
Puis Il dit : « Par le Calame » ; Il a juré par le Calame en raison de ce qu’il comporte de clarté et d’éloquence.
(1) Variante de dénomination du grand poisson.
(2) Autre forme rapportée du même nom.