Autrement dit : Il sait parfaitement ce que renferment les cœurs, qu’il s’agisse de bien ou de mal.
Ibn ʿAbbâs rapporte : « Ce verset fut révélé au sujet des polythéistes. Ils médisaient du Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue —, et Gabriel — sur lui la paix — l’en informait. Les uns dirent alors aux autres : ‟Parlez à voix basse, afin que le Seigneur de Muḥammad ne vous entende pas.” Puis descendit la Parole : ﴾Que vous dissimuliez votre parole ou que vous l’éleviez…﴿ »
C’est-à-dire : cachez votre propos au sujet de Muḥammad — paix et bénédictions d’Allah sur lui —, ou, selon une autre explication, n’importe quel propos ; ou bien exprimez-le à haute voix, rendez-le public.
﴾Il connaît parfaitement le contenu des poitrines﴿ : l’expression « le contenu des poitrines » désigne ce qu’elles recèlent, tout comme on appelle l’enfant d’une femme, lorsqu’il est encore fœtus, « celui qui se trouve dans son ventre ».
Puis Il dit : ﴾Ne connaîtrait-Il donc pas Celui qui a créé ?﴿, c’est-à-dire : Celui qui a créé le secret n’en connaîtrait-Il pas la teneur ? Il dit en substance : « C’est Moi qui ai créé le secret dans le cœur ; ne serai-Je donc pas au courant de ce que contiennent les cœurs de Mes serviteurs ? »
Les spécialistes du langage ont dit : si tu le veux, considère « man » (celui qui) comme désignant le Créateur — glorifié et exalté soit-Il — ; le sens sera alors : « Le Créateur ne connaît-Il pas Sa créature ? ». Et si tu le veux, prends-le pour désigner la créature ; le sens devient : « Allah ne connaît-Il pas celui qu’Il a créé ? ». Quoi qu’il en soit, il est impératif que le Créateur sache ce qu’Il a créé et ce qu’Il crée.
Ibn al-Musayyib a raconté : « Alors qu’un homme se tenait de nuit parmi de nombreux arbres, le vent soufflait violemment. Il se dit intérieurement : “Penses-tu qu’Allah sache combien de feuilles tombent de ces arbres ?” Une voix puissante se fit entendre du côté du bosquet [1] : ﴾Ne connaîtrait-Il donc pas Celui qui a créé, alors qu’Il est le Subtil, le Parfaitement Informé ?﴿ »
L’ustâdh Abû Isḥâq al-Isfarâ’înî a dit : « Parmi les Noms correspondant aux Attributs essentiels qui relèvent de la science, on trouve :
– al-ʿAlîm : qui implique la connaissance de toutes choses, sans exception ;
– al-Khabîr : qui se distingue par la connaissance de ce qui sera avant même que cela n’advienne ;
– al-Ḥakîm : qui se caractérise par la connaissance des subtilités des attributs ;
– ash-Shahîd : propre à la connaissance de l’absent et du présent, en ce sens que rien ne Lui échappe ;
– al-Ḥafiẓ : qui se distingue par le fait qu’Il n’oublie jamais ;
– al-Muḥṣî : qui se caractérise par le fait que la multiplicité ne Le détourne pas de la science — qu’il s’agisse de l’éclat de la lumière, de la violence du vent ou de la chute des feuilles : Il connaît alors, jusque dans leurs moindres fractions, les mouvements de chaque feuille. »
Comment ne saurait-Il pas, alors qu’Il est Celui qui crée ? Il a d’ailleurs dit : ﴾Ne connaîtrait-Il donc pas Celui qui a créé, alors qu’Il est le Subtil, le Parfaitement Informé ?﴿
[Sourate al-Mulk (67), verset 15]
« C’est Lui qui vous a soumis la terre : parcourez donc ses étendues, mangez de ce qu’Il vous attribue comme subsistance, et c’est vers Lui que se fera la Résurrection. » (15)
Parole du Très-Haut : ﴾C’est Lui qui a fait de la terre un sol docile pour vous﴿, c’est-à-dire l’a rendue aisée, stable, afin que vous puissiez y demeurer. Le terme « dhalûl » désigne ce qui s’abaisse et se soumet ; son nom d’action est « dhull », qui signifie douceur et docilité, c’est-à-dire qu’Il n’a pas fait de la terre un lieu qui se refuse