Mujâhid a dit :
« Elle bouillonne à cause d’eux comme bouillonne une poignée de grains dans une grande quantité d’eau. »
Ibn ʿAbbâs a dit :
« Elle se met à bouillir contre eux tel un chaudron sur le feu ; cela provient de l’intensité de la flamme, née de l’extrême courroux, comme on dit : “Untel bouillonne de colère.” »
[Sourate al-Mulk (67) : versets 8 à 11]
« Elle est sur le point d’éclater de rage ; chaque fois qu’un groupe y est précipité, ses gardiens leur demandent : “Ne vous est-il donc pas venu d’avertisseur ?” (8)
— Ils diront : “Certes, un avertisseur nous est venu, mais nous l’avons traité de menteur et nous avons dit : ‘Allah n’a rien fait descendre ; vous n’êtes que dans un profond égarement.’” (9)
— Et ils diront : “Si seulement nous avions écouté ou réfléchi, nous ne nous serions pas trouvés parmi les compagnons de la Fournaise.” (10)
Ils reconnaîtront donc leur péché ; qu’un éloignement (de la miséricorde d’Allah) soit décrété pour les compagnons de la Fournaise ! (11) »
Parole du Très-Haut : « Elle est sur le point d’éclater de rage. »
C’est-à-dire qu’elle est près de se déchirer et de se disloquer, l’une de ses parties se séparant de l’autre, ainsi l’a expliqué Saʿîd b. Jubayr.
Ibn ʿAbbâs, al-Ḍaḥḥâk et Ibn Zayd ont dit : « Elle se disperse », par l’effet de la fureur qu’elle éprouve à l’encontre des ennemis d’Allah — exalté soit-Il.
On a dit également : « (Elle éclate) de rage, c’est-à-dire de bouillonnement. » Le verbe originel est tatamayyazu, dont tamayyazu est la forme apocopée.
« Chaque fois qu’un groupe y est précipité » : un groupe de mécréants.
« Ses gardiens les questionneront » : à titre de blâme et de reproche,
« “Ne vous est-il donc pas venu d’avertisseur ?” » : un Messager, ici-bas, qui vous avertissait de ce Jour afin que vous vous en prémunissiez.
« — Ils diront : ‘Assurément, un avertisseur nous est venu ; il nous a mis en garde et nous a effrayés.’ »
« — Mais nous l’avons démenti et avons dit : ‘Allah n’a rien fait descendre’ » — sur vos langues.
« Vous n’êtes, ô assemblée des Messagers, que dans un immense égarement. »
Les mécréants auront donc reconnu avoir traité les Messagers de menteurs, puis ils reconnaîtront leur ignorance et diront, alors qu’ils seront dans le Feu :
« Si seulement nous avions écouté » ce qu’apportaient les avertisseurs — c’est-à-dire les Messagers —
« ou raisonné » à leur propos.
Ibn ʿAbbâs a dit : « Si nous avions écouté la guidée ou l’avions comprise ; si nous avions prêté l’oreille comme celui qui saisit et médite, ou raisonné comme celui qui distingue et considère. » Cela montre que l’incroyant n’a reçu aucune part d’intelligence. Son explication a déjà été donnée dans la sourate « aṭ-Tûr » — et toute louange appartient à Allah.
« Nous ne nous serions pas trouvés parmi les compagnons de la Fournaise » : c’est-à-dire que nous ne serions pas parmi les gens du Feu.
D’après Abû Saʿîd al-Khudrî, le Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — a dit :
« Le pervers regrettera, au Jour de la Résurrection, et ils diront : “Si seulement nous avions écouté ou réfléchi, nous ne…”. »