Sa preuve est la parole du Très-Haut :
« … sauf celui qui subtilise furtivement quelque chose ; il est alors poursuivi par une flamme fulgurante » (as-Ṣāffāt, 37 : 10).
Selon cette interprétation, les lampes ne disparaissent pas et l’on ne lapide pas avec elles.
On a dit également que le pronom revient aux lampes elles-mêmes : la lapidation provient de la substance même des astres ; l’astre, lui, ne tombe pas, il s’en détache seulement quelque chose avec quoi l’on projette, sans que sa lumière ni sa forme n’en soient diminuées. Cette réponse est celle d’Abū ʿAlī à l’objection : « Comment pourraient-elles être un ornement puisqu’elles servent de projectiles et ne subsistent pas ? »
Al-Mahdawī dit : cette explication suppose que l’espionnage se fasse à l’emplacement même des astres, alors que la première estimation le situait dans la région inférieure de l’atmosphère, en-deçà de leur lieu.
Al-Qushayrī ajoute : plus recevable encore que la parole d’Abū ʿAlī est de dire que les astres constituent une parure avant qu’ils ne servent à lapider les démons. « Rujūm » est le pluriel de « rajm », nom d’action qu’on applique à l’objet même du jet.
Qatādah a dit : Allāh — exalté soit-Il — a créé les étoiles pour trois choses : parure du ciel, projectiles contre les démons et repères auxquels on se guide sur terre, sur mer et dans le calcul des temps. Qui leur prête une autre fonction s’aventure sans science, transgresse et se montre injuste.
Muḥammad b. Kaʿb a déclaré : « Par Allāh, nul parmi les habitants de la terre ne possède une étoile au ciel ; mais ils empruntent la divination pour chemin et prennent les astres pour prétexte. »
« Et Nous leur avons préparé le châtiment du Brasier ardent » : c’est-à-dire que Nous avons réservé aux démons l’embrasement le plus intense. On dit : « suʿirat an-nār » — le feu a été attisé ; il est alors « masʿūra » ou « saʿīr », comme on dit « maqtūla » et « qatīl ».
« Quant à ceux qui ont mécru en leur Seigneur, il y aura pour eux le châtiment de la Géhenne ; quel détestable devenir ! » (al-Mulk, 67 : 6).
Lorsque, y étant précipités, ils en entendront un mugissement tandis qu’elle bouillonne (v. 7).
Parole du Très-Haut :
« Lorsque ils y seront précipités » — c’est-à-dire les mécréants.
« Ils en entendront un shahīq » : un grondement.
Ibn ʿAbbās a dit : le shahīq de la Géhenne se produit lorsque les mécréants y sont jetés ; elle aspire vers eux comme la mule aspire l’orge, puis elle exhale un souffle devant lequel nul ne demeure sans crainte.
On a dit aussi, d’après ʿAṭāʾ, que le shahīq émane des mécréants eux-mêmes lorsqu’ils sont précipités dans le Feu. Le shahīq vient de la poitrine, le zafīr de la gorge ; cela a déjà été exposé dans la sourate Hūd.
« Et elle bouillonne » : c’est-à-dire qu’elle bout, comme dans ce vers de Ḥassān :
« Vous laissâtes votre marmite vide, sans chaleur,
Tandis que celle du peuple, brûlante, bout avec fureur. »