Cela est corroboré par la parole d’Ibn ʿAbbâs – qu’Allah l’agrée : « ce qui se disperse ».
Abû ʿUbayda ajouta : « On dit : tafawwata telle chose, c’est-à-dire qu’elle a échappé, qu’elle s’est manquée. »
Puis Il ordonna aux hommes de contempler Sa création afin qu’ils y trouvent matière à réflexion et méditent sur Sa toute-puissance ; Il dit donc :
« Ramène donc le regard ; y vois-tu la moindre fissure ? »
Autrement dit : renvoie ton regard vers le ciel.
On dit aussi : « Fais circuler ton regard dans le ciel » ;
ou encore : « Exerce ton regard jusqu’à l’effort vers le ciel ». Les trois expressions se rejoignent.
S’Il a introduit l’injonction par la particule fa (« alors ») sans qu’un verbe ne la précède, c’est qu’Il venait de dire : « tu ne vois ». Le sens est : observe, puis ramène le regard ; vois-tu la moindre fissure ? – ainsi l’a expliqué Qatâda.
Al-Futūr signifie, selon Mujâhid et ad-Daḥḥâk, les crevasses ; selon Qatâda : les discontinuités ; selon as-Suddî : les trous ; et, d’après Ibn ʿAbbâs : la faiblesse. Le terme provient en effet de tafattur et infiṭâr, c’est-à-dire la fissuration, la déchirure.
Le poète a dit :
Il dressa, sans piliers, la voûte élevée,
La para de splendeurs, harmonie sculptée ;
Dans son azur parfait ne pointe nulle fissure,
Pas même l’ombre infime d’une quelconque blessure.
Un autre déclama :
Tu fendis mon cœur, puis y semas ta brûlure,
Et la plaie, sous le blâme, se referma, plus sûre ;
Ton amour s’est glissé jusqu’au plus profond,
Là où nul breuvage, nul vin, nul bonheur n’atteint le fond.
[Sourate al-Mulk (67) : verset 4]
« Puis ramène le regard, une seconde fois : il reviendra vers toi humilié, épuisé. » (4)
Sa parole – exalté soit-Il :
« Puis ramène le regard à deux reprises. »
Le terme « karratayn » joue ici le rôle d’un nom verbal : il signifie « deux retours », l’un après l’autre. S’Il a prescrit de regarder deux fois, c’est que l’homme, lorsqu’il considère une chose une première fois, n’en perçoit pas le défaut tant qu’il ne la scrute pas une seconde fois. Ainsi, même en contemplant le ciel deux fois, il n’y découvrira aucun défaut ; au contraire, la vision s’y perdra, saisie d’étonnement.
C’est ce que traduit Sa parole : « le regard reviendra vers toi humilié », c’est-à-dire soumis, abaissé, incapable de rien distinguer de tel.
On dit : « j’ai rabroué (khasaʾtu) le chien », c’est-à-dire que je l’ai écarté et chassé ; on dit aussi : « le chien s’est rabroué (khasaʾa) de lui-même », forme tantôt transitive, tantôt intransitive, et encore : « inkhasaʾa ». De même : « khasaʾa son regard, khasʾan, khuṣūʾan » – il s’est obscurci, s’est voilé ; d’où la parole divine : « le regard reviendra vers toi humilié ».
Ibn ʿAbbâs a dit :