Dans la récitation d’Ubayy figure : « Nous insufflâmes dans l’ouverture de son vêtement, de Notre Esprit. » Tout déchirement ou fente pratiqué dans un habit se nomme « jayb » ; c’est dans ce sens qu’Allah, Très-Haut, dit : « … et elle ne présente aucune fissure » (Qâf, 6). Il se peut donc qu’elle ait préservé sa chasteté, tandis que l’Esprit fut insufflé dans l’ouverture de son vêtement.
Le sens de « Nous insufflâmes » est : Nous dépêchâmes Jibrîl, qui souffla dans son « jayb » une âme issue de Nos âmes, à savoir l’âme de ʿÎsâ. Son explication détaillée a déjà été donnée à la fin de la sourate « an-Nisâ’ » ; louange à Allah.
« Et elle crut aux paroles de son Seigneur… » La lecture courante prononce « wa ṣaddaqat » avec redoublement de la consonne, tandis que Ḥumayd et al-Umawî lisent « wa ṣadaqat » sans redoublement.
« Aux paroles de son Seigneur » renvoie à l’affirmation de Jibrîl : « Je ne suis, en vérité, que le messager de ton Seigneur… » (Maryam, 19).
Muqātil explique que les « paroles » désignent ʿÎsâ, qu’il est Prophète, et que ʿÎsâ est la Parole d’Allah ; cela a déjà été mentionné.
Al-Ḥasan et Abû al-ʿĀliyah ont lu : « à Sa Parole et à Son Livre ». Abû ʿAmr et Ḥafṣ, d’après ʿĀṣim, lisent : « et à Ses Livres » au pluriel ; Abû Rajā’ également, mais avec la consonne tâ’ adoucie. Les autres lisent : « à Son Livre » au singulier. Le mot « Livre » est alors pris dans un sens générique ; il vise toute Écriture qu’Allah, exalté soit-Il, a révélée.
« Et elle fut du nombre des qânitîn » : c’est-à-dire des obéissants. D’aucuns disent : des prieurs entre le Maghrib et le ʿIshâ’. L’expression n’emploie pas le féminin (« qânitât ») parce qu’il est entendu : elle appartenait au groupe des obéissants. Il est également possible d’y voir un renvoi à sa famille, qui, elle aussi, obéissait à Allah.
Muʿādh ibn Jabal – qu’Allah l’agrée – rapporte que le Prophète, paix et bénédiction d’Allah sur lui, dit à Khadîjah alors qu’elle rendait l’âme : « Détestes-tu ce qui t’atteint ? Or, Allah a mis le bien dans l’épreuve. Lorsque tu parviendras auprès de tes compagnes, transmets-leur mon salâm : Marie, fille de ʿImrân ; Âsiyah, fille de Muzâḥim ; et Kalîmah – ou, dit-il, Hakîmah – fille de ʿImrân, sœur de Mûsâ ibn ʿImrân. »
Elle répondit : « Qu’Allah te comble de bonheur et de descendance, ô Messager d’Allah ! »
Qatādah rapporte d’Anas que le Messager d’Allah – qu’Allah le couvre d’éloges et de paix – dit : « Il te suffit, parmi les femmes de l’univers, de quatre : Marie, fille de ʿImrân ; Khadîjah, fille de Khuwaylid ; Fâtimah, fille de Muhammad ; et Âsiyah, l’épouse de Pharaon, fille de Muzâḥim. »
Cette question a déjà été traitée de façon exhaustive dans la sourate « Âl ʿImrân » ; louange à Allah.