On a également dit : il s’agit d’une exhortation adressée aux croyants afin qu’ils persévèrent dans l’épreuve ; autrement dit : « Ne soyez pas, dans la patience au cœur de la difficulté, plus faibles que l’épouse de Pharaon lorsqu’elle endura les tourments de Pharaon. » Āsiyah avait, en effet, embrassé la foi de Mûsâ.
D’autres ont avancé qu’il s’agissait de la tante paternelle de Mûsâ, laquelle crut en lui.
Abû al-ʿĀliyah rapporte : Pharaon découvrit la foi de son épouse, se présenta devant l’assemblée et leur demanda : « Que savez-vous d’Āsiyah, fille de Muzâḥim ? » Ils firent son éloge. Il leur déclara alors : « Elle adore un Seigneur autre que moi. » Ils lui dirent : « Mets-la à mort. » Il fit dresser des pieux, lia ses mains et ses pieds, et elle prononça :
« Seigneur, bâtis-moi auprès de Toi une demeure au Paradis. »
Cette invocation eut lieu en présence même de Pharaon ; lorsqu’elle aperçut sa demeure au Paradis, elle se mit à sourire. Pharaon s’exclama : « N’êtes-vous pas étonnés de sa folie ? Nous la supplicions et elle rit ! » Puis son âme fut recueillie.
Salman al-Fârisî, tel que le rapporte ʿUthmân an-Nahdî, dit : On la châtiait sous le soleil ; lorsque la chaleur la faisait souffrir, les anges la protégeaient de leurs ailes.
Selon un autre récit, il cloua ses mains et ses pieds sous le soleil, plaça une meule sur son dos, et Allah lui permit de contempler sa place au Paradis.
On rapporte encore que, lorsqu’elle dit : « Seigneur, bâtis-moi auprès de Toi une demeure au Paradis », elle vit cette demeure se construire pour elle. Al-Ḥasan affirme qu’elle était faite d’une perle unique.
Lorsqu’elle supplia : « Et sauve-moi », Allah la délivra de la plus noble des manières ; Il l’éleva au Paradis, où elle mange, boit et jouit des délices. L’expression « de Pharaon et de son action » signifie, s’agissant de l’action, la mécréance.
D’autres expliquent qu’il s’agit de son châtiment, de son oppression et de sa jubilation malsaine. Ibn ʿAbbâs précisa : il s’agit de la cohabitation charnelle.
Quant à « Et sauve-moi des gens injustes », al-Kalbî dit : les habitants d’Égypte ; Muqâtil : les Coptes. Al-Ḥasan et Ibn Kaysân déclarent : Allah la délivra de la plus parfaite délivrance et l’éleva au Paradis, où elle mange et boit.
[Sourate at-Taḥrîm (66), verset 12]
« Et [Il cita] Marie, fille de ʿImrân, qui préserva sa chasteté ; Nous insufflâmes en lui [en son vêtement] de Notre Esprit ; elle crut aux paroles de son Seigneur et à Ses Écritures, et elle fut du nombre des dévoués. »
Parole du Très-Haut : « Et Marie, fille de ʿImrân » : autrement dit, rappelle Marie. D’aucuns estiment que l’expression est coordonnée à [la mention de] l’épouse de Pharaon ; le sens serait alors : Allah a proposé en exemple Marie, fille de ʿImrân, et la patience qu’elle manifesta face aux vexations des Juifs.
« Qui préserva sa chasteté » : c’est-à-dire, se garda de toute turpitude.
Les exégètes expliquent que, par « chasteté », il faut ici entendre l’ouverture du vêtement (jayb), car Allah dit : « Nous insufflâmes en lui de Notre Esprit » ; or Jibrîl – que la paix soit sur lui – souffla dans le col de son vêtement et non dans son intimité. Et elle