— «Ô Messager d’Allah, nous protégeons nos propres personnes ; comment donc préserverons-nous ceux qui dépendent de nous ?»
Il répondit :
«Vous les détournez de ce qu’Allah vous a interdit et vous leur prescrivez ce qu’Allah a prescrit.»
Maqâtil a dit : «Cela est un devoir qui incombe à l’homme vis-à-vis de sa personne, de ses enfants, de sa famille, de ses esclaves mâles et femelles.»
Al-Kiyâ a déclaré : «Il nous revient d’enseigner à nos enfants et à nos proches la religion, le bien, ainsi que les règles de bienséance indispensables.»
C’est le sens de la parole du Très-Haut : «Et ordonne la prière à ta famille et persévère[1] en sa pratique» (Tâ Hâ, 132),
ainsi que de Sa parole adressée au Prophète — paix et bénédictions d’Allah sur lui : «Et avertis tes proches parents[2]» (ash-Shuʿarâ’, 214).
Dans le ḥadith : «Ordonnez-leur la prière lorsqu’ils ont sept ans.»
«… dont le combustible sera les hommes et les pierres» a déjà été expliqué dans Sûrat al-Baqarah[3].
«Sur elle se tiennent des anges rudes et puissants» : il s’agit des anges zabanîyah, durs de cœur, qui n’éprouvent aucune miséricorde quand on implore leur compassion. Ils ont été créés de la colère, et le châtiment des créatures leur est rendu aussi désirable que la nourriture et la boisson le sont aux fils d’Adam. «Puissants» signifie robustes de corps.
On a également dit : rudes dans leur discours, violents dans leurs actes. D’autres ont dit : rudes lorsqu’ils saisissent les habitants du Feu, sévères à leur encontre. On dit : «Un tel est rude envers un tel», c’est-à-dire qu’il est fort contre lui et le châtie de diverses manières.
Il a encore été dit : par «rudes» on entend l’énormité de leurs corps, et par «puissants» leur force.
Ibn ʿAbbâs a dit : «La distance entre les deux épaules de l’un d’eux équivaut à la marche d’une année ; quant à sa force, lorsqu’il frappe de sa massue, il précipite, d’un seul coup, soixante-dix mille personnes au fond de la Géhenne.»
Ibn Wahb rapporte — ʿAbd ar-Raḥmân b. Zayd nous a rapporté — que le Messager d’Allah, paix et bénédictions sur lui, a dit au sujet des gardiens de la Géhenne : «La distance entre les deux épaules de l’un d’eux est semblable à celle qui sépare l’Orient de l’Occident.»
Parole du Très-Haut : «Ils ne désobéissent pas à Allah en ce qu’Il leur commande» : c’est-à-dire qu’ils ne Le contredisent en rien, ni en ajoutant ni en retranchant.
«Et ils exécutent ce qui leur est ordonné» : c’est-à-dire au moment prescrit, sans le retarder ni l’avancer.
On a dit aussi : leur délice réside dans l’obéissance à l’ordre d’Allah, de même que la joie des gens du Paradis est d’y séjourner ; c’est l’avis de certains Muʿtazilites, qui affirment qu’il est impossible qu’il y ait un nouveau taklîf demain. Or, la croyance des Gens de la Vérité est manifeste : Allah astreint le serviteur à des obligations aujourd’hui comme demain, et l’imposition de devoirs aux anges n’est pas à rejeter. Et Allah fait ce qu’Il veut.
[1] Persévère avec patience.
[2] Tes proches parents.
[3] Voir le commentaire de la deuxième sûrah.