d’autre « siyâḥa » que l’émigration. Or la « siyâḥa » n’est autre que le fait d’errer sur la terre.
Al-Farrâʾ, al-Qutaby et d’autres ont dit : on appelle le jeûneur « sâʾiḥ » parce que le voyageur ne prend pas de provisions avec lui ; il se nourrit seulement de la nourriture qu’il trouve sur sa route.
On a dit encore : il s’agit de femmes « allant » dans l’obéissance d’Allah – Majesté et Puissance à Lui –, d’après le verbe sāḥa (« l’eau s’est écoulée », c’est-à-dire : s’en est allée). Ce sens a déjà été traité dans la sourate « Barâʾah »¹ ; et louange à Allah.
« thayyibâtin wa abkârâ » : c’est-à-dire que certaines d’entre elles auront déjà connu le mariage et d’autres seront vierges.
On a dit : la femme est appelée thayyib parce qu’elle « revient » à son mari s’il demeure avec elle, ou à un autre s’il se sépare d’elle.
Et l’on a dit : parce qu’elle est revenue à la maison de ses parents. C’est l’explication la plus juste, car toute femme non vierge ne retourne pas nécessairement auprès d’un époux. Quant à la bikr, c’est la vierge ; on l’appelle ainsi parce qu’elle est restée dans l’état initial dans lequel elle a été créée.
Al-Kalbî a dit : par « thayyib » on entend une femme telle Âsiyya, l’épouse de Pharaon ; par « bikr », une femme telle Maryam, fille de ʿImrân.
Je dis : cette interprétation ne vaut que pour ceux qui estiment que le « remplacement » est une promesse qu’Allah fit à Son Prophète ; s’il les avait répudiées en ce bas-monde, Il l’aurait marié, dans l’Au-delà, à des femmes meilleures qu’elles. Allah est plus savant.
[Sourate at-Taḥrîm (66), verset 6]
Ô vous qui avez cru ! Préservez vos personnes et vos familles d’un Feu dont le combustible sera les hommes et les pierres ; des Anges rudes et sévères le gardent, ils ne désobéissent jamais à Allah dans ce qu’Il leur ordonne et accomplissent ce qui leur est prescrit.
Il n’y a ici qu’une seule question : l’injonction de mettre son âme et sa famille à l’abri du Feu.
Ad-Ḍaḥḥâk a dit : son sens est : « Préservez vos propres personnes ; quant à vos familles, qu’elles préservent leurs personnes du Feu. »
ʿAlî b. Abî Ṭalḥah rapporte d’après Ibn ʿAbbâs : « Protégez vos personnes et ordonnez à vos familles l’invocation et la supplication, afin qu’Allah les préserve par votre intermédiaire. »
ʿAlî – qu’Allah l’agrée –, Qatâdah et Mujâhid ont dit : « Protégez vos personnes par vos actes, et vos familles par votre exhortation. »
Ibn al-ʿArabî dit : « Tel est l’avis correct et la compréhension juridique que suggère la conjonction de coordination, laquelle implique la participation du coordonné et du sujet de coordination dans la portée du verbe, comme dans ce vers :
« Je l’ai nourrie de paille et d’une eau fraîche. »²