Tafsir Al-QurtubiAl-Qurtubi

Et ce terme possède, ici encore, une valeur collective.

Quant à l’expression « les vertueux parmi les croyants », elle désigne Abû Bakr, selon al-Musayyib b. Sharîk. Saʿîd b. Jubayr dit qu’il s’agit de ʿUmar ; ʿIkrima affirme qu’elle vise Abû Bakr et ʿUmar. Shaqîq rapporte, d’après ʿAbdullâh, que le Prophète – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – expliqua, à propos de la parole du Très-Haut : « Car Allah est Son Protecteur, ainsi que Gabriel et les vertueux parmi les croyants », que ces « vertueux » sont Abû Bakr et ʿUmar.

D’autres ont dit : il s’agit de ʿAlî. Asmâʾ bint ʿUmays rapporte en effet : « J’ai entendu le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – dire : “Les vertueux parmi les croyants, c’est ʿAlî b. Abî Tâlib.” » D’autres avis encore ont été mentionnés plus haut.

Il est également permis de considérer « et Gabriel » comme sujet, ce qui vient après s’y coordonnant, et le prédicat étant « ẓahîr » – lequel, là encore, a un sens collectif ; dans cette lecture, on s’arrête à « son Protecteur ». Il est tout aussi admissible de rattacher « Gabriel et les vertueux parmi les croyants » à « son Protecteur » ; on s’arrêterait alors à « les croyants », et la phrase « et les anges, après cela, seront un soutien » constituerait un nouveau sujet et un nouveau prédicat.

Le mot ẓahîr signifie « auxiliaires » ; il correspond à ẓuḥarâʾ, comme dans la parole du Très-Haut : « Et quel excellent compagnon que ceux-là ! » (an-Nisâʾ, 69)⁵. Abû ʿAlî remarque que le modèle faʿîl peut marquer l’abondance, ainsi dans le verset : « Nul proche alors ne s’enquerra d’un proche, tout en les reconnaissant » (al-Maʿârij, 10-11)⁶.

On a également avancé que la collusion des deux épouses portait sur la volonté d’imposer au Prophète – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – leur décision quant aux dépenses ; c’est pour cela qu’il jura de s’abstenir d’elles un mois et se retira.

Dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, Jâbir b. ʿAbdullâh rapporte :
« Abû Bakr se présenta pour demander la permission d’entrer auprès du Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix –, et trouva des gens assis à sa porte : nul d’entre eux n’avait encore été admis. On permit à Abû Bakr d’entrer ; puis ʿUmar arriva, demanda à entrer et fut autorisé. Ils trouvèrent le Prophète – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – assis, entouré de ses épouses, soucieux et silencieux. ʿUmar dit alors : “Je vais prononcer une parole qui fera rire le Prophète – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix.” Il dit : “Ô Messager d’Allah, si tu avais vu la fille de Khârija me réclamer sa dépense ; je me suis levé vers elle et lui ai donné un coup à la nuque !” Le Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – rit et dit : “Elles sont autour de moi, comme tu le vois, et me demandent la dépense.” »

Abû Bakr se leva alors vers ʿÂʾisha et tapota sa nuque, et ʿUmar se leva vers Ḥafṣa et fit de même, tous deux disant : « Vous réclamez au Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – ce qu’il ne possède pas ! » Elles jurèrent : « Par Allah, jamais plus nous ne demanderons au Messager d’Allah – qu’Allah le bénisse et lui accorde la paix – quoi que ce soit qu’il ne possède pas. » Le Prophète les délaissa ensuite durant un mois – ou vingt-neuf jours.

Puis lui fut révélée cette āya :
« Ô Prophète, dis à tes épouses… » jusqu’à « … et Nous avons préparé pour les bienfaisantes parmi vous une immense récompense » (al-Aḥzâb, 28-29)⁷.

Les deux Imâms ont cité ce ḥadîth dans la sourate « al-Aḥzâb ».

وَهُوَ بِمَعْنَى الْجَمْعِ. وَصَالِحُ الْمُؤْمِنِينَ أَبُو بَكْرٍ، قَالَهُ الْمُسَيِّبُ بْنُ شَرِيكٍ. وَقَالَ سَعِيدُ بْنُ جُبَيْرٍ: عُمَرُ. وَقَالَ عِكْرِمَةُ: أَبُو بَكْرٍ وَعُمَرُ. وَرَوَى شَقِيقٌ عَنْ عَبْدِ اللَّهِ عَنِ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي قَوْلِ اللَّهِ تَعَالَى: فَإِنَّ اللَّهَ هُوَ مَوْلاهُ وَجِبْرِيلُ وَصالِحُ الْمُؤْمِنِينَ قَالَ: إِنَّ صَالِحَ الْمُؤْمِنِينَ أَبُو بَكْرٍ وَعُمَرُ. وَقِيلَ: هُوَ عَلِيٌّ. عَنْ أَسْمَاءَ بِنْتِ عُمَيْسٍ قَالَتْ: سَمِعْتُ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ يَقُولُ: (وَصالِحُ الْمُؤْمِنِينَ عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَالِبٍ) . وَقِيلَ غَيْرُ هَذَا مِمَّا تَقَدَّمَ الْقَوْلُ فِيهِ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ وَجِبْرِيلُ مُبْتَدَأٌ وَمَا بَعْدَهُ مَعْطُوفًا عَلَيْهِ. وَالْخَبَرُ ظَهِيرٌ وَهُوَ بِمَعْنَى الْجَمْعِ أَيْضًا. فَيُوقَفُ عَلَى هَذَا عَلَى مَوْلاهُ. وَيَجُوزُ أَنْ يَكُونَ جِبْرِيلُ وَصالِحُ الْمُؤْمِنِينَ مَعْطُوفًا عَلَى مَوْلاهُ فَيُوقَفُ عَلَى الْمُؤْمِنِينَ وَيَكُونُ وَالْمَلائِكَةُ بَعْدَ ذلِكَ ظَهِيرٌ ابْتِدَاءً وَخَبَرًا. وَمَعْنَى ظَهِيرٌ أَعْوَانٌ. وَهُوَ بِمَعْنَى ظُهَرَاءَ، كَقَوْلِهِ تَعَالَى: وَحَسُنَ أُولئِكَ، رَفِيقاً «١» [النساء: ٦٩] . وَقَالَ أَبُو عَلِيٍّ: قَدْ جَاءَ فَعِيلٌ لِلْكَثْرَةِ كقوله تعالى: وَلا يَسْئَلُ حَمِيمٌ حَمِيماً. يُبَصَّرُونَهُمْ «٢» [المعارج: ١١ - ١٠] . وَقِيلَ: كَانَ التَّظَاهُرُ مِنْهُمَا فِي التَّحَكُّمِ عَلَى النبي صلي اله عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فِي النَّفَقَةِ، وَلِهَذَا آلَى مِنْهُنَّ شَهْرًا وَاعْتَزَلَهُنَّ. وَفِي صَحِيحِ مُسْلِمٍ عَنْ جَابِرِ بْنِ عَبْدِ اللَّهِ قَالَ: دَخَلَ أَبُو بَكْرٍ يَسْتَأْذِنُ عَلَى رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ فَوَجَدَ النَّاسَ جُلُوسًا بِبَابِهِ لَمْ يُؤْذَنْ لِأَحَدٍ مِنْهُمْ، قَالَ: فَأُذِنَ لِأَبِي بَكْرٍ فَدَخَلَ، ثُمَّ أَقْبَلَ عُمَرُ فَاسْتَأْذَنَ فَأُذِنَ لَهُ، فَوَجَدَ النَّبِيَّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ جَالِسًا حَوْلَهُ نِسَاؤُهُ وَاجِمًا سَاكِتًا- قَالَ- فَقَالَ لَأَقُولَنَّ شَيْئًا أُضْحِكُ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَقَالَ: يَا رَسُولَ اللَّهِ، لَوْ رَأَيْتَ بِنْتَ خَارِجَةَ سَأَلَتْنِي النَّفَقَةَ فَقُمْتُ إِلَيْهَا فَوَجَأْتُ عُنُقَهَا، فَضَحِكَ رَسُولُ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ وَقَالَ: (هُنَّ حَوْلِي كَمَا تَرَى يَسْأَلْنَنِي النَّفَقَةَ) . فَقَامَ أَبُو بَكْرٍ إِلَى عَائِشَةَ يَجَأُ عُنُقَهَا، وَقَامَ عُمَرُ إِلَى حَفْصَةَ يَجَأُ عُنُقَهَا، كِلَاهُمَا يَقُولُ: تَسْأَلْنَ رَسُولَ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ مَا لَيْسَ عِنْدَهُ! فَقُلْنَ: وَاللَّهِ لَا نَسْأَلُ رَسُولِ اللَّهِ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ شَيْئًا أَبَدًا لَيْسَ عِنْدَهُ. ثُمَّ اعْتَزَلَهُنَّ شَهْرًا أَوْ تِسْعًا وَعِشْرِينَ. ثُمَّ نَزَلَتْ عَلَيْهِ هَذِهِ الْآيَةُ: يَا أَيُّهَا النَّبِيُّ قُلْ لِأَزْواجِكَ حَتَّى بَلَغَ لِلْمُحْسِناتِ مِنْكُنَّ أَجْراً عَظِيماً [الأحزاب: ٢٩ - ٢٨] الحديث. وقد ذكراه في سورة «٣» " الأحزاب" .
(١). راجع ج ٥ ص (٢٧١) (٢). راجع ص ٢٨٤ من هذا الجزء. (٣). راجع ج ١٤ ص ١٦٣

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